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Martin Croteau | La Presse
Publié le 27 novembre 2012 | Mise à jour le 28 novembre 2012 à 08h39
Ottawa - Le gouvernement Harper emboîte le pas à l'administration Obama et oblige les constructeurs automobiles à vendre des voitures et des camions légers moins gourmands. Le ministre de l'Environnement, Peter Kent, a annoncé mardi que la consommation de carburant de ces véhicules devra diminuer de moitié d'ici 2025.
La mesure entraînera une hausse du prix des véhicules, mais Ottawa calcule que le consommateur moyen épargnera 900 $ en carburant chaque année, si celui-ci se maintient au prix actuel. Le coût supplémentaire pour chaque voiture serait absorbé en trois ans, selon Mark Nantais, président de l'Association canadienne des constructeurs de véhicules.
Aux États-Unis, l'administration Obama a serré la vis aux constructeurs automobiles en août. D'ici 13 ans, le véhicule moyen produit par chaque constructeur devra consommer 4,3 litres de carburant par 100 kilomètres. C'est environ la moitié de la consommation moyenne des véhicules produits dans l'année-modèle 2008.
Ottawa adopte le même règlement.
Le secteur du transport est à l'origine du quart des émissions canadiennes de gaz à effet de serre (GES), ce qui en fait le secteur industriel qui est le plus polluant.
Rencontre-clé à Doha
L'annonce du ministre Kent survient au moment où débute la conférence de Doha sur les changements climatiques. Les 190 pays qui y participent décideront de l'avenir du protocole de Kyoto et jeter les bases d'un nouvel accord pour limiter les émissions mondiales de GES d'ici 2015.
Le Canada s'est attiré un concert de critiques lorsqu'il a annoncé son retrait du protocole de Kyoto, l'an dernier. Ce traité l'engageait à réduire de 6% ses émissions de GES par rapport au niveau de 1990. Le gouvernement Harper a adopté les cibles moins ambitieuses de Copenhague, qui prévoient une réduction de 17% par rapport au niveau de 2005.
Le sommet de Doha est la première rencontre d'importance sur les changements climatiques depuis cette décision controversée du gouvernement Harper. Le ministre Kent compte y faire la promotion d'un nouvel accord sur les émissions de GES qui, contrairement à Kyoto, imposera des cibles contraignantes à tous les pays, y compris les économies émergentes comme la Chine et l'Inde.
«Le message que je vais livrer est que le Canada remplit ses engagements, a affirmé M. Kent au sujet de la rencontre. Nous sommes concentrés sur le développement d'un nouveau régime d'ici 2015, qui pourrait être implanté d'ici 2020. Et j'encouragerai la centaine de pays qui ont signé le traité de Copenhague et qui n'ont encore pris aucun engagement à ce jour.»
Approche sectorielle
Le gouvernement Harper a choisi une approche «sectorielle» pour combattre les changements climatiques. Chaque secteur industriel se verra imposer des règlements pour limiter ses émissions.
Jusqu'ici, seules les industries du transport et de la production d'électricité on été soumis à de nouvelles normes. La réglementation pour encadrer l'industrie pétrolière et gazière - la source d'émission qui connaît la plus forte croissance - est toujours sur la planche à dessin.
En juin, un rapport de la maintenant défunte Table ronde sur l'environnement et l'économie a prévenu que le Canada est en voie de rater sa cible de 2020.
«Je vous induirait en erreur si je vous disais que nos cibles de 2020 seront faciles à atteindre», a reconnu M. Kent.
L'annonce d'aujourd'hui n'a guère impressionné l'opposition à la Chambre des communes. La députée Anne Minh Thu Quach, critique adjointe du Nouveau Parti démocratique en Environnement, estime que le gouvernement Harper doit s'attaquer aux émissions de tous les secteurs industriels.
«C'est encore un seul secteur qui est visé, le même qui l'était il y a cinq ans, a-t-elle affirmé. Il n'y a pas de vision globale, on ne sait pas quelle est la stratégie à Doha.»
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