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Denis Arcand | La Presse
Publié le 28 novembre 2012 | Mise à jour le 28 novembre 2012 à 13h21
Très peu de stations-service vendent du gaz naturel. Comment faire pour multiplier les points de vente sans programme d'infrastructure massif?
Pourquoi ne pas installer des connexions là où le gaz se rend déjà, c'est-à-dire dans les maisons et les immeubles chauffés au gaz? C'est le pari du distributeur de gaz naturel Chesapeake, du conglomérat industriel General Electric et du fabricant d'appareils ménagers Whirlpool, qui planche sur un dispositif domestique d'avitaillement en gaz pour l'auto.
Le trio d'entreprises souhaite commercialiser d'ici peu un appareil qui serait relié au réseau d'approvisionnement domestique et qui s'installerait dans le garage d'une maison unifamiliale ou dans le stationnement sous-terrain d'un immeuble à logements. Le dispositif coûterait environ 500 $.
Le projet, révélé au cours d'une conférence du président de Chesapeake, Aubrey McLendon, devant des actionnaires, a été rapporté par le quotidien d'affaires américain Wall Street Journal.
Un tel dispositif réglerait le problème de l'approvisionnement pour la majorité des automobilistes (et pour Chesapeake). Il serait alors aussi simple de faire le plein d'essence que de brancher une automobile électrique - ce serait même plus pratique que d'aller à la station-service pour mettre de l'essence.
La question de la perception d'éventuelles taxes (comme celles sur l'essence) n'est pas abordée. Toutefois, l'installation de deux compteurs séparés, afin de distinguer la consommation de gaz pour la voiture de celle destinée au chauffage, ne représenterait pas un défi technique majeur. Les taxes pourraient donc être facturées par les distributeurs de gaz, puis versées aux gouvernements, comme les autres taxes actuellement applicables.
Partout au Canada et aux États-Unis, le développement effréné du gaz de schiste a dopé l'offre et fait tomber le prix du gaz naturel aux niveaux d'il y a 10 ans. Les producteurs comme Chesapeake essaient de trouver des façons d'augmenter la demande et rêvent donc de voir grimper le nombre de véhicules au gaz naturel. Pour l'instant, des deux côtés de la frontière, on en compte environ 125 000 seulement (surtout des camions).
Au Québec, le distributeur Gaz Métro collabore avec ses vis-à-vis ontariens et l'industrie du camionnage pour mettre en place un corridor d'avitaillement entre Québec et Windsor - mais seulement pour les camions-remorques poids lourds de classe 8.
Aux États-Unis, General Electric et Chesapeake viennent de mettre en marché un système de distribution du gaz naturel comprimé «simple à faire fonctionner et facile à installer» qui vise les stations-service. Mais au cours de la conférence, à Houston, le président de Chesapeake a affirmé que la mise en marché d'un dispositif domestique encouragerait encore davantage les constructeurs automobiles à produire des voitures au gaz. «Quand GM et Toyota vont voir ça, les autos au gaz vont gicler des usines!», a-t-il dit aux investisseurs.
Toutefois, au cours de la même conférence, un vice-président d'Exxon, principal producteur de gaz naturel aux États-Unis (Chesapeake est deuxième, loin derrière), a indiqué que le marché automobile représente un attrait «marginal, au mieux» pour les producteurs de gaz, a rapporté le Wall Street Journal. La différence de prix entre l'essence et le gaz rend le coût de conversion au gaz naturel peu intéressant, estime William Colton, vice-président de la planification stratégique chez Exxon.
Rappelons que le président de Fiat et de Chrysler, Sergio Marchionne, rêve lui aussi de voitures au gaz naturel pour le marché nord-américain. Pour les rendre économiquement viables, il a publiquement demandé au gouvernement Obama d'accorder aux éventuels acheteurs de voitures au gaz des subventions similaires à celles offertes aux acheteurs de voitures électriques, comme la Nissan Leaf, ou hybrides, comme la Chevrolet Volt.
Fiat et Chrysler ont du retard par rapport aux autres constructeurs dans l'électrification automobile. Mais Fiat a une bonne expertise dans les voitures au gaz naturel en Europe, que M. Marchionne aimerait transférer aux modèles Chrysler vendus ici.
Ford - Escape 2012: Rideau
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