Brexit et automobile: le beurre et l'argent du beurre

Nigel Farage, chef du parti eurosceptique UKIP à... (photo : saisie d'écran Télédiffusion des débats Assemblée européenne)

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Nigel Farage, chef du parti eurosceptique UKIP à l'Assemblée européenne et partisan du Oui au Brexit, a réclamé lundi un accès sans tarifs au marché européen pour les automobiles anglaises même si la Grande-Bretagne quitte l'UE. Notez la réaction du député, en haut à droite.

photo : saisie d'écran Télédiffusion des débats Assemblée européenne

Denis Arcand
La Presse

Le spectre du retour des tarifs européens inquiète grandement les milieux d'affaires britanniques à la suite du vote sur le Brexit. Ces inquiétudes sont particulièrement vives en ce qui concerne les exportations de voitures et camions à l'Europe.

À Bruxelles, lundi, l'industrie automobile a été évoquée lors de la première (et très houleuse) réunion de l'Assemblée européenne depuis le vote sur le Brexit.

Le chef du parti UKIP (United Kingdom Independence Party) à l'Assemblée européenne et leader du Oui au référendum du 26 juin, a affirmé que c'est l'Union européenne, et non la Grande-Bretagne, qui souffrirait le plus de la remise en place des tarifs d'importation.

M. Farage a tenu ces propos étonnants juste après avoir accusé les députés européens d'être «en déni» par rapport à «l'échec» de l'euro et du projet européen en général.

M. Farage a même ajouté que «si des tarifs devaient être imposés sur des produits comme les automobiles, alors des des centaines de travailleurs allemands risqueraient de perdre leurs emplois». a-t-il dit avant de réclamer le libre accès au marché européen, exempt de tout tarif.

Le coût du Brexit

Pourtant, le Royaume-Uni est très dépendant du marché européen.

Le pays exporte en Europe la moitié des 1,5 million d'autos qu'il fabrique chaque année et son secteur automobile emploie 700 000 personnes, rapporte le Financial Times. 

Par ailleurs, le Royaume-Uni exporte aussi plus de 1 million de de moteurs d'autos par année, essentiellement en Europe, à des constructeurs comme Nissan, Ford, Toyota, Honda, BMW et General Motors, qui, de leur côté, importent d'Europe des millions de pièces et composantes pour les leurs usines d'assemblage en sol britannique. 

L'industrie automobille anglaise est essentiellement propriété étrangère. Rolls-Royce et Bentley appartiennent respectivement à BMW et Volkswagen, tandis que Jaguar-Land Rover appartient à l'Indien Tata Motors.

L'industrie automobile s'est rangée dans le camp du Non lors de la campagne référendaire et auparavant. Il y a un an, le président de Renault-Nissan, Carlos Ghosn avait indiqué que Nissan devrait reconsidèrer ses projets d'expansion en Grande-Bretagne si le pays perdait son libre accès au marché européen à la suite de la sortie de l'Union européenne.

Exigences et insultes

Voici l'essentiel du discours de M. Farage.

Ses demandes sur l'exemption aux tarifs commencent à 3:50 (il insulte les députés à 4:10) et ses commentaires sur l'industrie automobile en particulier commencent à 5 :58.

«Accès sans restrictions» demandé

Ce matin, sur une note beaucoup plus inquiète, le secteur automobile britannique a fait essentiellement les mêmes demandes.

Les représentants de l'industrie automobile anglaise ont ajouté leurs voix au choeur des milieux économiques inquiets d'un Brexit, en réclamant «un accès ouvert et réciproque» aux marchés européens même après la sortie de l'UE, rapporte l'Agence France-Presse de son bureau à Londres.Le succès de l'industrie automobile du pays «dépend de l'accès sans restrictions au marché unique européen, de l'influence prise sur la législation européenne pour préserver les intérêts du secteur automobile britannique, et de la capacité à recruter des talents de l'étranger», a résumé Mike Hawes, président de la fédération sectorielle SMMT, qui réunit mercredi ses membres en congrès.

Tous ces facteurs de succès sont menacés par la perspective du Brexit, pour lequel près de 52% des Britanniques se sont prononcés par référendum la semaine dernière.

«Notre croissance dépend (...) de l'accès ouvert et réciproque aux plus de 100 marchés avec lesquels (nous) faisons des affaires», a-t-il ajouté en entrevue avec l'AFP.

Depuis l'annonce du résultat du scrutin, les milieux économiques s'affolent, inquiets notamment de perdre l'accès au marché unique européen.

Mardi, le ministre des Entreprises Sajid Javid a assuré que cette préoccupation était prise très au sérieux par Londres et serait une priorité dans les négociations que le pays va mener avec ses partenaires européens sur les contours de leur relation future, rapporte l'AFP.




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