Les victimes des coussins Takata dans le flou après sa faillite

L'équipementier japonais Takata, dont les coussins gonglables défectueux... (Photo archives AFP)

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L'équipementier japonais Takata, dont les coussins gonglables défectueux ont tué au moins 16 personnes dans le monde, a déclaré faillite lundi.

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Agence France-Presse
Washington

La faillite du géant japonais Takata risque de compliquer l'indemnisation des victimes de ses coussins gonflables défectueux aux États-Unis, où le scandale est au coeur du plus grand rappel de l'histoire automobile.

Les États-Unis sont de loin les plus frappés par cette retentissante affaire: les coussins gonflables de l'équipementier japonais, susceptibles d'exploser de manière inopinée en projetant des fragments de métal, sont liés à 11 décès sur le sol américain sur les 16 recensés sur le globe.

Quelque 70 millions de coussins gonflables doivent par ailleurs être rappelés pour réparation aux États-Unis, sur un total de 100 millions dans le monde.

C'est donc sans surprise aux États-Unis que les plaintes et actions en justice se sont multipliées, contraignant le groupe japonais à plaider coupable de fraude en janvier pour éviter un procès et précipitant sa mise en faillite annoncée lundi.

Et c'est également là que la disparition du numéro 2 mondial des coussins gonflables, dont les actifs seront rachetés par l'américain Key Safety Systems, fait peser le plus d'incertitudes.

«Takata a choisi une manière lâche d'échapper à ses responsabilités. Il finira par rendre des comptes mais il y aura d'importants retards», assure à l'AFP Kevin Dean, du cabinet d'avocats Motley Rice qui représente 25 plaignants aux États-Unis.

L'incertitude majeure pèse sur les automobilistes blessés ou les familles des personnes décédées qui ont attaqué directement Takata en justice: ces actions sont suspendues le temps que le tribunal des faillites détermine quelles créances doivent être remboursées en priorité.

Pour l'heure, Takata a mis de côté 125 millions de dollars pour indemniser ces victimes et a réaffirmé lundi qu'il respecterait cet engagement, consenti aux autorités américaines lors de son aveu de culpabilité en janvier.

Mais cela risque d'être insuffisant face à une ardoise totale estimée à plus d'un milliard de dollars.

«Nous continuerons à nous battre pour nos clients et à poursuivre nos actions contre (...) Takata pour s'assurer que les clients affectés bénéficient des recours auxquels ils ont droit», assure dans un courriel à l'AFP Peter Prieto, avocat à la tête du principal comité de plaignants.

«Il n'y aura tout simplement pas assez d'argent pour couvrir les coûts», estime Michael Duffy, du cabinet Duffy and Duffy, spécialiste des indemnisations.

La valeur des actifs du groupe, endetté à hauteur de près de 9 milliards de dollars, ne suffira pas: KSS les a rachetés pour seulement 1,5 milliard de dollars.

L'enjeu n'est pas seulement financier. La procédure de faillite, qui réorganisera totalement l'entité Takata, risque de compliquer la tâche des avocats.

«Cela affecte ma capacité de représenter les plaignants. Je ne peux pas parler à des témoins parce que les cas sont en suspens et il y a aussi des menaces sur la préservation des éléments matériels à charge», assure Me Dean.

Piège

Takata hors jeu, la charge financière pourrait retomber sur les constructeurs automobiles, accusés par certains plaignants d'avoir installé des coussins gonflables défectueux en connaissance de cause.

Les constructeurs ont déjà fort à faire et doivent procéder au remplacement, à leurs frais, des coussins gonflables défectueux de Takata qui doit, de son côté, fournir les pièces nécessaires.

L'opération, menée sous la supervision de l'agence de sécurité routière américaine (NHTSA), semble moins menacée par la procédure de faillite.

«Nous avons travaillé dur pour traiter le rappel des coussins gonflables Takata et nous continuerons à le faire», assure Toyota USA dans un communiqué à l'AFP.

L'agence NHTSA affirme avoir reçu la garantie de Takata qu'il «respectera ses obligations» dans le cadre de ces réparations.

Mais un autre piège pourrait se refermer sur les géants automobiles du fait de la faillite: ils espéraient se retourner contre Takata pour obtenir le remboursement des frais engagés et risquent désormais de trouver porte close, même si un fonds de 875 millions de dollars a été constitué par Takata en janvier aux États-Unis.

Honda, premier client de Takata, a d'ores et déjà prévenu qu'il avait peu d'espoir de «récupérer» les importantes sommes dépensées.

D'autres frais ne sont pas à exclure. En mai, quatre autres constructeurs, dont Toyota et BMW, avaient dû débourser 553 millions de dollars aux États-Unis pour dédommager des clients dont les voitures étaient équipées de coussins gonflables Takata défectueux.




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