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«Das kartell» : à côté du nouveau scandale allemand, le dieselgate serait de la petite bière

Une vague de poursuites au civil pourrait déferler... (Photo : AFP)

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Une vague de poursuites au civil pourrait déferler sur l'industrie automobile allemande, croient les associations allemandes de protection du consommateur. Un article choc du magazine Der Spiegel vendredi affirme que Volkswagen, Audi, Porsche, BMW et Daimler ont ont participé depuis les années 90 à une vaste opération de collusion. Le cartel aurait porté sur de nombreux enjeux y compris les émissions polluantes des moteurs diesel.

Photo : AFP

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Agence France-Presse

Soupçonnée d'avoir colludé pendant des décennies, l'industrie automobile allemande pourrait se trouver face à un nouveau scandale extrêmement coûteux pour ses finances et son image, alors que celui du diesel a déjà fait tomber le secteur de son piédestal.

Si les informations du magazine Der Spiegel se confirmaient, le vaste trucage de onze millions de véhicules diesel par le groupe Volkswagen, révélé en 2015, pourrait presque passer pour peu de choses.

Deux décennies de collusion ?

Les plus gros constructeurs du pays (Volkswagen, Audi, Porsche, BMW et Daimler) auraient tenu depuis les années 1990 des réunions secrètes pour s'accorder sur nombre d'aspects techniques de leurs voitures, lésant ainsi les consommateurs.

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Das Kartell : la une de Der Spiegel de vendredi secoue toute l'Allemagne. Photo:  Der Spiegel 

C'est Volkswagen qui aurait fait «une sorte d'auto-dénonciation» aux autorités anti-cartel en juillet 2016, de même que Daimler, certainement dans l'espoir d'obtenir un peu de clémence de la part des gendarmes de la concurrence car la facture des amendes pour entente peut être extrêmement douloureuse.

Daimler en a fait l'amère expérience l'été dernier, quand la Commission européenne lui a infligé un milliard d'euros d'amende pour s'être mis d'accord sur les prix de vente de ses camions avec trois autres fabricants européens.

En théorie, l'amende de Bruxelles ou de l'Office anti-cartel allemand peut aller jusqu'à 10% du chiffre d'affaires de l'entreprise.

Amende potentielle de 50 milliards d'euros

Pour les constructeurs automobiles allemands, cela pourrait atteindre presque 50 milliards d'euros, en se basant sur leurs revenus de 2016. Cela sans compter le coût des plaintes de clients qui risqueraient de ne pas se faire attendre.

BMW a nié toute collusion avec les autres... - image 5.0

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BMW a nié toute collusion avec les autres constructeurs automobiles allemands. Photo: AFP

Le responsable de la fédération allemande des associations de consommateurs, Klaus Müller, évoque déjà dans le quotidien Süddeutsche Zeitung la possibilité de dizaines de milliers de plaintes d'automobilistes, qui auraient «possiblement payé un prix trop élevé» pour leur voiture.

L'élucidation de cette éventuelle entente risque de prendre du temps. Pour l'heure, aucune enquête n'est officiellement ouverte. Bruxelles et l'Office allemand anti-cartel ont chacun indiqué avoir «reçu des informations» et celles-ci «sont en train d'être examinées par la Commission», a indiqué samedi l'exécutif européen, ne voulant pas «spéculer davantage».

Volkswagen, dont le conseil de surveillance va tenir une réunion exceptionnelle mercredi, n'a pour le moment rien dit. Daimler s'est contenté d'indiquer qu'il appliquait son programme interne de respect du droit de la concurrence.

«Gigantesque escroquerie» liée au dieselgate

BMW a lui nié dimanche toute entente avec ses concurrents concernant les émissions de ses voitures diesel et affirmé qu'aucun de ses modèles n'avaient été manipulé. Selon le Spiegel, le cartel des constructeurs allemands est en effet en partie lié à la manipulation des émissions polluantes.

C'est Volkswagen qui aurait révélé l'existence du cartel... - image 7.0

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C'est Volkswagen qui aurait révélé l'existence du cartel technique aux autorités allemandes, dans une sorte d'aveu pour obtenir une certaine clémence. Photo: AFP

Les marques se seraient rencontrées de nombreuses fois pour déterminer la taille des réservoirs d'Adblue, un additif qui permet de réduire les émissions polluantes d'oxyde d'azote, d'après l'hebdomadaire. De gros réservoirs se révélant plus chers, les groupes auraient opté de concert pour de petits réservoirs, ne contenant pas assez de liquide pour réduire de manière suffisante les gaz polluants émis.

«Si cela s'avère, cela coûtera des dizaines de milliards d'euros à l'ensemble des constructeurs concernés, et au moins quelques milliards d'euros à chacun d'entre eux», a indiqué Frank Schwope, expert de la banque allemande Nord/LB, interrogé par l'AFP.

Une crainte partagée par les investisseurs de la Bourse de Francfort, où les actions des constructeurs étaient délaissées depuis les révélations du Spiegel vendredi. Vers 09H55 GMT, l'action Volkswagen perdait 2,90% à 133,75 euros, celle de Daimler 3,58% à 60,34 euros et celle de BMW 2,59% à 79,09 euros.

«Catastrophe absolue»

Au-delà du coût potentiel, «la tenue de transactions secrètes, avec le scandale du diesel en arrière-plan, est aussi une catastrophe absolue pour la crédibilité de l'industrie automobile allemande», met en garde Stefan Bratzel, directeur du Center of Automotive Management (CAM).

Les marques se seraient rencontrées de nombreuses fois... (Agence DPA via AFP) - image 9.0

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Les marques se seraient rencontrées de nombreuses fois pour déterminer la taille des réservoirs d'Adblue, un additif qui permet de réduire les émissions polluantes d'oxyde d'azote.

Agence DPA via AFP

À l'approche des élections législatives en Allemagne en septembre, il fait peu de doute que le gouvernement va vouloir hausser le ton.

Proche d'Angela Merkel, le député conservateur Volker Kauder a lundi matin appelé «à faire table rase» dans cette histoire. «On doit dire les choses clairement: le droit et la justice valent aussi pour l'industrie automobile», a-t-il insisté.

Si l'histoire se révélait exacte, «ce serait une gigantesque escroquerie sur le dos des clients et des fournisseurs, souvent des entreprises de taille moyenne», a prévenu le rival social-démocrate de la chancelière, Martin Schulz.




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