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Cadillac défie les allemandes

Chez Cadillac, on estime avoir atteint ici - air connu - l'objectif de parvenir à proposer une BMW américaine.

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Éric LeFrançois | La Presse

Publié le 20 avril 2013 | Mise à jour le 4 mai 2013 à 06h49

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Cela a toujours été un peu son problème: Cadillac éprouve du mal à nous faire croire qu'elle est l'égale des meilleures. L'ATS, sa première véritable berline sport, ne pèse peut-être pas encore bien lourd dans la catégorie, mais il ne faut pas la sous-estimer pour autant.

D'accord, on n'imagine pas que cette ATS va perturber le sommeil de l'état-major des constructeurs allemands la nuit prochaine. En revanche, elle pourrait très bien amener le public à reconsidérer une fois pour toutes son point de vue sur les créations de cette marque américaine.

Chez Cadillac, on estime avoir atteint ici - air connu - l'objectif de parvenir à proposer une BMW américaine.

Sur papier, l'argumentaire tient la route. L'ATS a clairement été élaborée selon un cahier des charges «à l'européenne». Son châssis inédit calque celui des meilleurs avec, par exemple, une répartition presque parfaite des masses entre les trains avant et arrière et un choix judicieux des alliages pour contenir le poids de l'auto.

À première vue, ces «détails» peuvent paraître anodins, mais volant en main, on remarque instantanément la différence. Cette Cadillac se laisse conduire comme aucun autre membre de sa famille. Svelte, agile, amusante, cette ATS se prête à tous les excès. Les virages ne sont jamais trop rapides ni trop lents; les dénivellations, jamais trop prononcées ou trop faibles. Cette berline avale à cru les courbes qui se dessinent devant elle.

La direction bien lestée reste toujours naturelle avec la précision et la fermeté attendues sur un tel engin. Gérée par un contrôle de stabilité efficace, la tenue de route typique des propulsions (roues arrière motrices) devient nettement plus mobile en mode sport qui consent au placement de l'arrière avec des dérives mesurées. Mais pour les très grosses sensations, il faudra tout enlever. À réserver, bien sûr, à un usage sur circuit.

Manifestement, l'ATS a les jambes. A-t-elle le coeur qui va avec? En effet, pour jouir de ce comportement atypique - pour une Cadillac, s'entend -, il importe de choisir la bonne motorisation.

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Cette Cadillac en propose trois. Soyez prévenus: elles ne sont pas toutes savoureuses. Tenez la version la plus abordable financièrement, par exemple. Celle-ci s'anime d'un vaillant 2,5 litres assez mièvre pour prendre place sous un tel capot et dénué de toute marque de noblesse. Il s'agit du même groupe propulseur qui équipe la Malibu de Chevrolet...

Qui plus est, ce 2,5 litres est le seul engin qui refuse de s'amalgamer au rouage à quatre roues motrices. Ce dernier demeure indispensable pour affronter sereinement la blanche saison. Fermons la parenthèse et retournons aux bielles et aux pistons. On ne vous recommande pas le 2,5 litres, mais l'une ou l'autre des deux autres mécaniques inscrites au catalogue.

Le 2 litres suralimenté par turbocompresseur représente sans doute la solution le plus en adéquation avec la vocation sportive de cette berline. Au démarrage (pas de clé à tourner, mais un bouton à pousser), ce moteur émet une sonorité quelconque. Mais d'aucuns lui reprocheront un caractère trop lisse, des montées en régime trop linéaires et surtout un manque de mordant.

Pourtant, tous les chevaux sont bien là. À vrai dire, le principal reproche qu'on adressera à ce quatre cylindres porte sur le niveau de consommation, qui s'envole dès qu'on chatouille l'accélérateur. Les moteurs suralimentés actuellement offerts par la concurrence allemande font tous mieux à ce chapitre. Il faut reconnaître qu'elle nous fait bénéficier de boîtes de vitesse comptant plus de rapports. L'ATS n'en a que six alors que Mercedes en a sept, tandis que BMW et Audi en proposent huit. Dernière proposition, le V63,6 litres. Son rendement est plus soyeux, mais en aucun temps ce moteur n'a la fougue d'un six cylindres BMW qui demeure, encore à ce jour, LA référence.

Jeux de coudes

Récipiendaire du Grand Prix 2013 du Jury canadien de l'automobile, l'ATS ne ressemble guère à l'idée que l'on peut se faire d'une Cadillac. Anguleux à souhait, le style a le mérite de se détacher de la concurrence. Les phares en arête grimpés sur les ailes, la partie arrière formant une pointe en V entre les feux à structure verticale et les porte-à-faux réduits au minimum, c'est bien une Cadillac.

Moins «m'as-tu-vu», l'aspect intérieur de cette Cadillac est peut-être moins raffiné que celui d'un modèle allemand, mais point dépourvu d'élégance (garnitures en cuir noir, console centrale en aluminium brossé, beau volant à trois branches).

En revanche, le bloc d'instrumentation manque de lisibilité et l'habitabilité aux places arrière est ténue. Sur ce dernier point, peut-on vraiment lui faire le reproche? Ses concurrentes allemandes ne sont guère plus accueillantes. Il y a à redire cependant au volume du coffre, dont la taille rivalise avec celle d'une toute petite auto...

Un mot enfin sur le système d'infodivertissement CUE développé par Cadillac et offert à bord de cette automobile. Comme tous les dispositifs de ce genre, il requiert une période d'adaptation, mais sa navigation ne pose pas problème. Sa lenteur peut toutefois représenter une source de distraction, nous incitant plus d'une fois à quitter la route des yeux pour nous assurer que notre doigt a effleuré la touche ou l'icône désirée.

Les irréductibles de la marque américaine et de trouvailles informatiques ne parleront pas de défauts, mais de traits de caractère. Il n'est pas certain que les nouveaux convertis partageront cet avis.

***

L'ESSENTIEL

Marque/Modèle : Cadillac ATS

- Fourchette de prix : 35 195 $ à 52 725 $

- Garantie de base : 4 ans/80 000 km

- Consommation réelle : 10,8 L/100 km

- Visible dans les concessions : Maintenant

- À considérer : Audi A4, BMW Série 3, Mercedes Classe C

- Pour en savoir plus : www.cadillac.ca

TECHNIQUE

- Moteur (essence) L4 DACT2 litres suralimenté

- Puissance : 272 ch à 5500 tr/min

- Couple : 260 lb-pi entre 1700 et 5500 tr/min

- Poids : 1530 kg

- Rapport poids-puissance : 5,62 kg/ch

- Mode : Propulsion

- Transmission de série : Manuelle 6 rapports

- Transmission optionnelle : Semi-automatique 6 rapports

- Direction/Diamètre de braquage (m) : Crémaillère/10,9

- Freins av-arr : Disque/Disque

- Pneus (av-arr) : 225/40R18

- Capacité du réservoir/Essence recommandée : 60,5 litres/Super

ON AIME

- Châssis très dynamique

- Style distinctif

- Embarras du choix (moteurs, transmissions, modes)

ON AIME MOINS

- Habitacle étriqué, à l'arrière surtout

- Moteur 2,5 sans intérêt

- Volume du coffre

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Commentaires (14)
  • @kiroulbien : autre facteur qui agit sur les prix de tous les fabricants : le volume disponible. Vendre dans un marché de 315 millions de personnes au lieu de 35 millions a ses avantages. Pour tous les fabricants, c'est plus économique un gros marché qu'un petit marché.
    Et puis tant que les consommateurs achètent, les compagnies tentent d'en tirer profit. C'est la base même du capitalisme.
  • À la fin de cet essai, nous pouvons lire:
    Fourchette de prix : 35 195 $ à 52 725 $
    Sur le site américain de GM, nous apprenons:
    FROM $33,095 - $55,005
    Sur le site canadien,
    À partir de 35 195 $ PDSF.
    Cependant, on ne peut comprendre pourquoi la version la plus chère est une aubaine au nord de la frontière car la page Fabrication et Prix indique ceci:
    Nous sommes désolés, ces renseignements ne sont pas disponibles pour le moment.
    Bravo Cadillac. Vous avez réussi à moderniser une image de marque plombée par le caractère vieillot des De Ville, Fleetwood et même Seville et de l'échec commercial que fût la Cimarron.
    Les charges sociales (assurance-emploi, assurance-santé privée, assurance-maladie de la province, retraite, pension et autres) des employeurs au Canada, pouvant représenter jusqu'à 30% du coût d'un employé, sont bien plus élevées ici, il est normal de que le prix de détail ne soit pas exactement le même des deux côtés de la frontière. Je me réjouis de constater que GM ne majore plus sa facture canadienne d'au moins 20% comme il le faisait il y a deux ans avec un dollars au pair.

  • À quand une tout-électrique?
  • Les consommateurs demeurent très biaisés sur leurs préférences, souvent pour des raisons très subjectives, et ils rejettent aveuglément d'autres produits (ou services) même si les faits démontrent que ces produits sont équivalents ou parfois mêmes supérieurs. Rien contre les véhicules allemands dans ce cas-ci, mais ayons au moins l'honnêteté de considérer l'ensemble des produits d'une même catégorie avant de porter jugement. D'ailleurs, les mêmes ornières existent entre les amateurs de véhicules allemands. Combien d'amateurs de BMW crachent sur les Mercedes-Benz ou les Audi et vice-versa. La réalité est que toutes ces marques offrent des produits assez compétitifs, et les produits Japonais et Coréens ne sont pas loins non plus.
    Le look demeure toujours une question de goût. J'aime bien ce que Cadillac nous présente ces dernères années. Il ne manque qu'à Cadillac d'ajouter plus de modèles pour compétitionner en termes de volume. Lincoln devrait prendre des notes.
    Le monde de l'automobile dans les catégories alliant luxe et performance n'a rien à voir avec le côté pratique mais plus avec l'image, dont la réputation de la marque. Cela prend du temps à établir, une bonne propagande médiatique et bien sûr, des prix qui supportent cette image.
  • @rexie : je ne gagne rien. J'ai simplement affirmé que le 2,5 L (me) semble suffisant, puisque je ne suis pas amateur de grosses motorisations.
  • Je suis amateur de propulsion muni de boite manuelle, pu vraiment un fan de chevaux vapeur.( surtout avec le prix du gaz )Sur ce je trouve tres domage que GM n'offre pas le 2.5L avec une manuelle. Au contraire de BMW qui l'ont toujours offert sur les modele de base, meme chose pour Audi. Ca aurait permis d'avoir un prix d entrée de gamme 1500-2000$ plus bas.
  • Simon_c qui gagne sa croûte en disant encore un bon mot pour GM, (ou Ford), et par contre il trouve toujours à redire de Toyota ou des japonaises ou de tout ce qui n'est pas GM ou Ford.... ou qui ne consomme pas assez de pétrole...
  • ''Cela a toujours été un peu son problème : Cadillac éprouve du mal à nous faire croire''
    -
    Le ''problème de Cadillac'' c'est GM, ne cherchons pas plus loin au delà de la vaine croyance, à mon avis.
  • Le moteur de 2,5 L n'a peut-être pas l'air très "noble" mais il permet de boucler le 0-100 km/h en environ 7,5 secondes, ce qui, au vu de l'état de nos routes et du zèle de certains policiers, peut-être très convenable. Surtout que c'est la version qui coûte le moins cher à l'achat, à assurer et à alimenter, en plus d'être la plus légère.
    GM a annoncé passer temporairement à la transmission 8 rapports d'Aisin pour le lancement de la CTS, et peut-être aussi équiper l'ATS de cette transmission. Ça devrait réduire la conso, en attendant la 10 vitesses.
  • Tout est dans la perception des choses. Est-ce que Cadillac se rapproche lentement des allemandes ?
    http://www.youtube.com/watch?v=tq__8kTTbBA
  • peiut etre qu un des avantages se verra lors d une visite pour l emtretien . Chez les Europeens ce n est pas donne
  • Top gear est un excellent show, pas nécessairement une bonne référence.
    Personellement j'ai choisit la A4 parce que ça convenait mieux a mes besoins et je la trouve plus belle que la Cady.
  • Si je comprends bien l'article, la mécanique n'est pas du même niveau que la plupart des allemandes? Personnellement, une BMW série 3 reste en grande avance côté design extérieur. Le problème potentiel est que cela m'étonnerait fortement que ceux possédant de l'allemand décide de se tourner du jours ou lendemain vers ce modèle. Cette voiture ne va probablement faire plaisir qu'à ceux prenant déjà parti pour les voitures américaines dès le départ, du moins c'est l'impression que ça me fait.
  • Je vais le croire quand Top Gear fera de bon commentaire sur ce modèle. Cadillac depuis quelques années on amélioré de beaucoup le "handling" mais la finition et la qualité des matériaux est toujours aussi mauvaise comparer au produit de Allemand.

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