Honda, l'amende record

Honda n'a pas transmis aux autorités américaines les... (Photo Yuya Shino, archives Reuters)

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Honda n'a pas transmis aux autorités américaines les plaintes de clients portant sur 1729 décès et blessés liés à ses véhicules comme le lui oblige la loi américaine.

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Des problèmes mécaniques dissimulés aux autorités américaines. Un constructeur - Honda - qui doit rendre des comptes et payer une amende record. Après le fiasco de GM l'an denier, l'histoire semble bégayer en ce début d'année. Un changement s'est pourtant opéré.

Pourquoi cette amende?

L'administration américaine a annoncé hier que le constructeur japonais Honda allait devoir payer une amende record de 70 millions US pour ne pas avoir averti la National Highway Traffic Safety Administration (NHTSA) que 1729 plaintes avaient été déposées à l'encontre de certains de ses modèles ces dernières années, modèles étant la cause de décès et de blessés sur les routes américaines. Il est également reproché à Honda de ne pas avoir signifier à l'agence de la sécurité routière que des automobilistes avaient demandé que leurs garanties soient honorées. Le constructeur a reconnu ces torts en novembre dernier et a affirmé ne pas avoir transmis ces informations à la NHTSA 11 années durant, entre 2003 et 2014. Il a admis avoir attendu trois ans avant de prendre les mesures nécessaires.

En quoi est-ce grave?

En ne transmettant pas ces informations en temps voulu aux autorités américaines, Honda a repoussé l'éventualité d'un ou de nombreux rappels de ces véhicules concernés. La législation fédérale américaine impose en théorie aux constructeurs automobiles de signifier à la NHTSA toute plainte relative à un accident mortel ou avec blessés. Cette démarche peut être suivie d'un processus d'avertissement concernant un véhicule. On détermine ensuite s'il y a un problème potentiel de sécurité et si, ultimement, un rappel du véhicule est nécessaire. «Nous ne pouvons tolérer et nous ne tolérerons pas qu'un constructeur ne nous rapporte pas tout problème pouvant mener à un rappel», a déclaré mercredi Anthony Foxx, secrétaire américain aux Transports.

Pourquoi est-ce une bonne nouvelle?

Cette amende et cette action de l'administration Obama sont plutôt bien perçues par les organisations de défense des consommateurs. «Les constructeurs ne peuvent plus cacher l'existence de défauts. Pour les consommateurs et les constructeurs sérieux, cela prouve que le régime a un peu changé, qu'il est plus sévère de la part des autorités», commente George Iny, président de l'Association pour la protection des automobilistes (APA). «La NHTSA a voulu envoyer un message très fort aux autres constructeurs. Honda est un peu un symbole, un des joueurs de référence sur le marché nord-américain», estime Yan Cimon, professeur spécialiste de l'industrie automobile à l'Université Laval.

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Pourquoi ce laxisme?

En ne signalant pas aux autorités ces problèmes, Honda a-t-il cherché à gagner du temps? Et si oui, pourquoi? À l'APA, on croit que Honda a voulu faire l'économie d'un rappel de plusieurs millions de dollars en agissant ainsi, sachant que le nombre de véhicules concernés et accidentés était relativement très faible. «Les cas de Toyota en 2010, de GM l'an dernier et de Honda cette année ont montré une façon de faire qui n'est pourtant pas permise par la loi. [...] Chez les constructeurs, tout le monde a pris ou prend un risque. Les constructeurs ont pris la mauvaise habitude de voir un rappel comme une décision commerciale», témoigne M. Iny. Sans nier la pression de la rentabilité, Yan Cimon n'y voit pas d'intention malveillante, mais plutôt un problème de fonctionnement: «Il faut changer la culture de la sécurité chez les constructeurs. Il y a un défi organisationnel à relever. On a besoin d'y relier tous les services de sécurité et les mécanismes de contrôle.»

La loi a-t-elle la force voulue?

Aux États-Unis - comme au Canada -, les constructeurs sont tenus d'informer les autorités publiques et leurs services de transports concernés du moindre problème récurrent. Mais encore faut-il que la NHTSA, par exemple, puisse appliquer la loi. Par manque de ressources (et peut-être de leadership), elle n'a pas toujours tout contrôlé et sévi. Néanmoins, la multiplication des cas chez GM et le nombre de constructeurs concernés par le problème de coussin gonflable de marque Takata ont forcé une application plus sévère de la loi. Et chez nous? «Au Canada, on en est là où étaient les États-Unis en 2008. On applique la loi, avec les rappels, mais pas les dispositions pénales de la loi. Il n'y a pas d'amendes», répond George Iny, qui ne croit pas à une telle sanction au pays. Yan Cimon, lui, veut croire que le gouvernement canadien va se pencher sur la question.

- Avec AP et Bloomberg

Problème de coussin gonflable

5 millions

Rien qu'aux États-Unis, Honda a rappelé plus de 5 millions de véhicules depuis 2008 pour régler le problème de coussin gonflable de marque Takata.

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