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2000 km dans l'enfer blanc de l'Alaska

Le mont McKinley, plus haut sommet d'Amérique du Nord.

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Le mont McKinley, plus haut sommet d'Amérique du Nord.

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Éric Descarries | La Presse

Publié le 20 février 2013 | Mise à jour le 6 mars 2013 à 12h49

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Anchorage, Alaska - L'Alaska est le 49e État américain et certes le plus imposant, avec des dimensions qui surpassent de loin celles de tous les autres États. L'Alaska est aussi l'État le moins densément peuplé; les quelque 731 449 habitants résident d'ailleurs en bonne partie dans la région d'Anchorage. L'Alaska demeure une région très sauvage, traversée par une importante chaîne de montagnes aux neiges éternelles, qui inclut le plus haut sommet d'Amérique du Nord - le mont McKinley. Sillonné de nombreux cours d'eau, parsemé de forêts denses ou rabougries, l'Alaska porte à l'aventure.

Les amateurs de véhicules récréatifs, de chasse et de pêche ou de nature sauvage n'hésitent pas à se rendre en Alaska pendant l'été pour y admirer des paysages spectaculaires ou des animaux uniques. Toutefois, l'Alaska n'est pas une destination recherchée en hiver, car il y fait froid - très froid, même. Pourtant, la vie continue. Les résidants doivent parcourir des centaines de kilomètres de routes pas toujours accueillantes.

La plus importante route de l'État, qui part d'Anchorage, ne s'arrête pas à Fairbanks! Elle devient alors l'Elliott, puis le Dalton Highway et continue très loin vers le nord, jusqu'à un autre point névralgique de l'État: Deadhorse, une ville d'à peine une cinquantaine de personnes située aux abords de la baie de Prudhoe, dans l'océan Arctique. Les activités pétrolières y sont prédominantes. C'est de là que part le Trans-Alaska Pipeline. La route qui le suit est l'une des plus dangereuses en Amérique. Et c'est encore plus dangereux en hiver.

En Sprinter vers Coldfoot

Mercedes-Benz Canada a donc mis au défi une poignée de journalistes de traverser cette région sauvage en plein hiver au volant de ses fourgonnettes Sprinter. La Sprinter n'a plus besoin de présentation. Ce véhicule commercial léger, redessiné il y a quelques années, est généralement utilisé pour la livraison du courrier. Mercedes-Benz a dû rapatrier le Sprinter auprès de ses propres concessionnaires après que Dodge, qui le commercialisait auparavant, fut passé aux mains de Fiat, concurrent du constructeur allemand. Pour la marque allemande, une nouvelle aventure débutait en Amérique. Les dirigeants de Mercedes-Benz ont dû rajuster le tir pour intéresser la communauté commerciale, plus familière avec les Ford de Série E (Econoline) et Chevrolet Express/GMC Savana.

Cependant, le Sprinter lorgne un autre marché, celui des véhicules récréatifs - une industrie florissante en Amérique du Nord. Les grands Sprinter se prêtent bien à la transformation de la fourgonnette au toit surélevé en maison motorisée. Et l'Alaska est un endroit de prédilection pour l'utilisation de ce genre de véhicule de tourisme.

Dans le but de démontrer l'efficacité des Sprinter dans les grands froids et leur tenue de route exceptionnelle sur la glace, la division canadienne du constructeur allemand a organisé un grand raid qui partait d'Edmonton, en Alberta, vers le point de ravitaillement de Coldfoot, en Alaska.

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Une première partie sans histoire

Les participants étaient divisés en deux groupes. Un premier partait d'Edmonton et ralliait la ville d'Anchorage en empruntant surtout le légendaire Alaska Highway, aux panoramas à couper le souffle. Le deuxième groupe partirait quant à lui d'Anchorage et tenterait de joindre le poste de ravitaillement de Coldfoot, à quelque 400 km de la baie de Prudhoe, en plein cercle polaire arctique. En passant, lors du dernier recensement américain, la population fixe de Coldfoot s'établissait à...10 habitants!

Le poste de  ravitaillement de Coldfoot est situé au nord du cercle polaire arctique. Lors du dernier  recensement  américain, la population fixe de Coldfoot s'établissait  à...10  habitants!

Le poste de ravitaillement de Coldfoot est situé au nord du cercle polaire arctique. Lors du dernier recensement américain, la population fixe de Coldfoot s'établissait à...10 habitants!

Photo Éric Descarries, collaboration spéciale

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Le départ de notre groupe - le deuxième - s'est donc fait d'Anchorage. Il faisait froid, environ -25°C, et on nous promettait du temps encore plus froid. Les camionnettes Sprinter à moteur V6 turbodiesel avec boîte automatique à cinq rapports étaient équipées d'un petit réchaud fonctionnant au carburant diesel qui, une fois programmé à même l'instrumentation du Sprinter, réchauffe le liquide de refroidissement du moteur et un peu la cabine. Dans notre cas, le système devait se mettre en marche environ une heure et demie avant le départ - l'opération ne nécessitant que quelques gouttes de carburant. Toutes les Sprinter de l'expédition étaient équipées de pneus d'hiver Continental.

La caravane composée de huit Sprinter s'est donc mise en branle vers l'autoroute qui va d'Anchorage à Fairbanks - un voyage d'environ sept heures à travers le sublime parc Denali. Nous avons eu la chance de voir le mont McKinley dans toute sa splendeur. Le trajet s'est fait sans heurts et, en fin de journée, la caravane est arrivée à Fairbanks, où le thermomètre indiquait -38°C!

L'aventure commence!

Le lendemain matin, il faisait -40°C. Et il y avait une brume verglaçante! Toutes les camionnettes qui avaient été programmées la veille ont démarré... sauf une. Le système électronique semblait avoir gelé.

Il a fallu laisser le véhicule récalcitrant à Fairbanks. Nous avons alors attaqué la route vers Coldfoot: d'abord l'Elliott Highway, puis le légendaire Dalton Highway.

En hiver, la route n'est pas «grattée» à fond. Les niveleuses y laissent environ trois centimètres de neige durcie, alors qu'une deuxième lame y creuse des sillons qui servent à négocier les nombreuses courbes.

Les seuls véhicules que nous avons croisés étaient des poids lourds - des camions parfois à deux semi-remorques et des camionnettes de service. En effet, le Dalton Highway longe le Trans-Alaska Pipeline afin de desservir les petites villes pétrolières du cercle polaire arctique.

Il faisait froid! Pendant un moment, nous perdions du chauffage dans la cabine. La conduite du Sprinter est toutefois demeurée rassurante. La fourgonnette tenait la route, malgré la glace. Le froid agissait quand même sur la mécanique. À la suite d'une longue ligne droite, le liquide de la servodirection a eu le temps de figer, ce qui a rendu le volant plus difficile à manoeuvrer. Ensuite, la boîte automatique a refusé de rétrograder pour grimper une pente. Le problème, signalé par radio au technicien qui nous accompagnait, a cependant été vite réglé. On a arrêté, fermé le moteur et attendu une dizaine de secondes. En redémarrant le moteur, l'ordinateur s'est remis en marche, ce qui a réglé tous les problèmes.

En hiver, la route n'est pas «grattée» à  fond. Les niveleuses y  laissent environ trois centimètres de neige  durcie, alors qu'une  deuxième lame y creuse des sillons qui servent à  négocier les  nombreuses courbes.

En hiver, la route n'est pas «grattée» à fond. Les niveleuses y laissent environ trois centimètres de neige durcie, alors qu'une deuxième lame y creuse des sillons qui servent à négocier les nombreuses courbes.

Photo Éric Descarries, collaboration spéciale

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Arrivés à Coldfoot, nous avons découvert un hôtel qui est en fait constitué d'une série de maisons préfabriquées ayant servi aux constructeurs de l'oléoduc, durant les années 70. Avec une température avoisinant les -50°C, nous avons décidé de laisser tourner les moteurs toute la nuit, comme les poids lourds. À noter que les Sprinter n'ont consommé qu'une infime partie du contenu du réservoir durant la nuit.

Le lendemain, c'était le retour vers Fairbanks. Nous avons repris la route vers le sud après un rapide remplissage, sous le regard amusé du seul habitant qui passe l'hiver à Coldfoot. Il se moquait de nous, car son Ford F-150 à essence ne semble pas connaître de problèmes de démarrage, lui.

Le mercure est monté graduellement, et le retour vers Fairbanks s'est fait sans histoire - à l'exception de quelques «engelures» de la direction et de la boîte automatique.

Cette expérience nous a fait découvrir presque 2000 km de routes pas toujours hospitalières. Toutefois, en aucun moment (ou presque), le système d'antipatinage de notre Sprinter n'est entré en action. La consommation moyenne affichée au tableau de bord était de 13 L aux 100 km.

Maintenant, nous en sommes convaincus, le Sprinter fait une excellente base pour un véhicule récréatif, peu importe la saison.

Mercedes-Benz peut respirer un peu, la concurrence n'a pas encore fait ses preuves...

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Commentaires (7)
  • Oui, à l?économie d?essence, Mercedes l?a compris, mais à quel prix, malheureusement le Sprinter n?est pas compétitifs à ce chapitre. L?exercice en Alaska aura démontré malgré la croyance populaire qu?un moteur diesel peut fonctionner l?hiver. Par contre, mettez quelques cm de neige fraiche, et vive la traction intégrale, malheureusement elle n?est pas encore offerte au Canada.
  • Je ne remets pas les compétences de M Décarries en questions il a juste oublié de nous faire rêver. J'aurais adoré être a sa place,ça doit être une belle expérience a vivre.
  • J'ai fais cette route avec une Kia Rio (2004) à l'hiver 2011, mais pas plus loin que Fairbanks, quand-même. Whitehorse - Toc (Alaska) en pleine tempête de neige et en pleine nuit, disons que les arrêts sont très très rares et que le douanier était surpris! C'est un autre monde où l'hiver commence au mois d'octobre (et fini?) mais les routes sont pas mal plus belles qu'au Canada, surtout au Yukon où parfois on se croirait dans un mauvais manège. Bienvenue au royaume du pick-up, mais franchement plus à essence par contre!
  • Pas sûr que Mercedes aurait elle-même parlé de ce qui a gelé ou des autres bébittes si ç'avait été une pub. Je fais confiance à M. Descarries là-dessus. Les treize litres aux cent, pour un camion par ces températures, sur une route de neige, ça commande le respect. Il faut donner ça au diesel.
    Le camping d'hiver dans un camion en Alaska, très peu pour moi. Même les habitants de l'Alaska n'y restent que lorsqu'obligés. S'il n'y avait pas de pétrole et ses jobs payantes, je me demande à combien se chiffrerait la population du pays de Sarah Palin.
  • Je ne dirais pas que c'est un bon véhicule pour les grands froids, avec les problèmes mentionnés. Pour de telles conditions, le moteur à essence et avoir plus de 2 roues motrices me semblerait plus approprié.
    Le système de réchauffage du moteur semble intéressant. Mais c'est encore plus simple d'utiliser un bon vieux chauffe-moteur.
  • @zorbeclegras
    J'ai pensé la même chose en lisant les derniès lignes: "Maintenant, nous en sommes convaincus, le Sprinter fait une excellente base pour un véhicule récréatif, peu importe la saison.
    Mercedes-Benz peut respirer un peu, la concurrence n'a pas encore fait ses preuves..."
    C'est pas tellement surprenant quand on considère que la grande majorité des articles de la section Auto de La Presse ressemblent plus à des publicités qu'à de réels essais ou critiques. Je n'ai qu'à penser aux critiques des modès haut de gamme de Mercedes, Audi ou BMW... Comme on dit, Auto c'est l'enfant pauvre de la famille !
    Il serait à peu près temps que La Presse paie à ses journalistes automobiles les frais pour qu'ils louent eux-mêmes les véhicules testés, on aurait moins affaire à des publicités du genre.
  • Ça sent le Publi-reportage a plein nez,article mal construit manquant de précisions plutôt léger...............

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