26 modèles Suzuki mal testés : on n'est pas des tricheurs, on était juste cassé

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Petite voiture, gros paquet de troubles pour Suzuki. Cette keï-car Suzuki Alto 2015 est le genre de mini-voiture (pas nécessairement ce modèle) qui a été mal testé par Suzuki. D'autres catégories de véhicules pourraient être concernées.

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d'après AFP


Le constructeur japonais d'automobiles Suzuki a annoncé mardi avoir testé de façon inappropriée les performances énergétiques de 26 modèles de voitures. Mais il a précisé à nouveau qu'il ne s'agissait pas d'embellir les données environnementales. Les raisons étaient économiques.
De plus, Suzuki dit qu'après vérification, les voitures Suzuki polluent moins que ce que ses méthodes bâclées lui permettaient de mesurer.

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Le PDG de Suzuki, Osamu Suzuki, s'incline en signe de contrition lors d'une conférence de presse le 31 mai au minstère du Territoire, des Infrastructures, du Transport et du Tourisme, à Tokyo. Photo : Reuters

Dans un rapport remis au ministère des Transports et un communiqué diffusé en fin d'après-midi, le groupe a apporté des précisions à des révélations antérieures.

Suzuki avait indiqué dans un premier temps, le 18 mai, que les 16 modèles commercialisés au Japon étaient concernés. En fait, 14 le sont en fait, selon les nouvelles déclarations de Suzuki.

S'y ajoutent 12 autres modèles produits en sous-traitance pour des marques différentes.Outre ses modèles routiers normaux, Suzuki se spécialise dans les mini-voitures kei-cars, dont les moteurs sont limitées à 660 cc, qui font l'objet d'un traitement fiscal préférentiel. Le constructeur a environ un tiers du marché des kei-cars au Japon et a beaucoup de succès en Inde aussi avec sa filiale Maruti-Suzuki.

Manque de ressources, manque d'argent

Suzuki a démenti avoir employé une méthode plus efficace (mais non homologuée) dans le but d'embellir les valeurs, mais il reconnaît l'avoir utilisée pour se simplifier la tâche.

«Après la crise financière internationale de 2008, la charge de travail accrue pour développer de nouveaux modèles et moteurs a conduit Suzuki à manquer de ressources à allouer aux tests, et le groupe n'a pas réussi à investir suffisamment dans les infrastructures d'essai ni à faire les efforts requis pour améliorer ses technologies de contrôle.»

Suzuki, dans un communiqué diffusé le 31 mai

Suzuki admet ainsi avoir considéré comme justes les méthodes moins coûteuses adoptées à l'époque. Ces méthodes consistaient en une extrapolation des performances globales des véhicules à partir de mesures disparates des capacités de chaque pièce.

Le constructeur indique avoir été capable à partir de 2010 de «prédire» les résultats (consommation de carburant, émissions polluantes) pour chaque modèle de véhicule «avec une certaine précision».

Tout compte fait, les Suzuki polluent moins, pas plus

Comble d'ironie, Suzuki assure même que les résultats de mesures réelles refaites ensuite sont, en fait, meilleurs que ceux mentionnés dans le catalogue.

Le PDG de Suzuki, Osamu Suzuki, le 31... - image 7.0

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Le PDG de Suzuki, Osamu Suzuki, le 31 mai. Photo : Reuters

N'empêche, le gouvernement japonais a qualifié les raccourcis de Suzuki de «scandaleux». Au final, les économies de bouts de chandelle faits par la compagnie l'exposent maintenant à une amende salée. 

«La compagnie s'excuse du fait que nous ne nous sommes pas conformés aux règlements édictés par le pays», a dit en conférence de presse Osamu Suzuki, le PDG de Suzuki, selon qui 2,1 millions de véhicules sont concernés par le scandale.

L'effet Mitsubishi

Si Suzuki a fait ces confessions, c'est qu'un vaste scandale de falsification de données touchant son compatriote Mitsubishi Motors a conduit les autorités japonaises à demander aux autres constructeurs un rapport sur leur façon de procéder.

Mitsubishi Motors avait avoué en avril des manipulations de chiffres et falsifications de tests qui ont entraîné une chute de la valeur de son action en Bourse et un plongeon de ses ventes dans l'archipel.

Nissan a décidé de voler au secours de son compatriote en prenant 34% de capital, sous réserve que le scandale ne dégénère pas dans des proportions que le partenaire japonais de Renault jugerait insurmontables, a précisé le PDG de Nissan, Carlos Ghosn.

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