Toyota City retrouve le moral

Toyota compte sept sites de production à Toyota... (Photo Toshifumi Kitamura, archives AFP)

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Toyota compte sept sites de production à Toyota City et trois autres dans les environs, sur un total de 12 au Japon.

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Anne Beade
Agence France-Presse
Toyota City

Toyota City se frotte les mains: son fleuron éponyme de l'automobile brandit des bénéfices records, un soulagement pour cette ancienne ville du textile après des années de tumulte. Zoom sur un destin de cité mono-industrielle pas toujours facile à assumer.

L'agglomération de 422 000 habitants, située dans la région de Nagoya, était autrefois une petite bourgade rurale prénommée Koromo qui vivait de la production de soie.

Mais le secteur commence à péricliter à la fin de la Première guerre mondiale, secoué par le grand tremblement de terre du Kanto en 1923 (140 000 morts) et la Grande dépression de 1929.

En 1933, alors que le Japon met l'accent sur l'industrie nationale pour contrer les effets de la crise et fortifier la patrie impérialiste, le visionnaire Kiichiro Toyoda décide de se lancer dans la construction d'automobiles avec la même fibre pionnière que son père, Sakichi, inventeur du premier métier à tisser automatique.

Il cherche alors un site pour y bâtir une grande usine. Plusieurs villes de la région manifestent leur intérêt, mais Koromo remporte la mise. Ses atouts: un terrain abordable, la présence d'une ligne de chemin de fer à proximité et d'un aérodrome (le groupe nourrissait alors des ambitions dans l'aviation), mais aussi «l'enthousiasme» du maire d'alors, Juichi Nakamura.

Confronté à la réticence des propriétaires terriens, l'élu ne ménage pas ses efforts pour éviter que ne capotent les négociations. «À l'époque, personne ne croyait vraiment en l'industrie automobile mais lui a eu la bonne intuition», raconte à l'AFP un fonctionnaire municipal, saluant une décision qui s'est avérée «cruciale pour la prospérité de la ville».

«Du raisin et des poires»

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C'est ainsi que naquit, le 28 août 1937, «Toyota Jidosha Kogyo» (Industrie automobile Toyota), aujourd'hui numéro un mondial du secteur, sur les terres de Koromo.

L'usine d'une surface de 495 000 m2 ouvrit ses portes le 3 novembre 1938, pour accueillir 5000 ouvriers.

Désormais le groupe compte sept sites de production à Toyota City et trois autres dans les environs, sur un total de 12 au Japon.

Ce sont près de 70 000 personnes qui travaillent pour Toyota dans la zone, souvent de père en fils, et quelque 40% des salariés qui oeuvrent dans le secteur de l'automobile.

Symbole de ces destins mêlés, l'abandon de l'appellation Koromo en 1959 au profit de Toyota-shi (Toyota City en anglais), une idée qui fit débat à l'époque, mais qui est aujourd'hui largement acceptée même si le maire en déplore le côté réducteur.

«C'est vrai que c'est la cité de la voiture, dont le nom parle de lui-même, mais ce n'est pas tout», souligne Toshihiko Ota.

«Ne l'oublions pas, 70% de la commune est couverte de forêts. Nous sommes les premiers producteurs de riz de la préfecture d'Aichi. Et nous cultivons aussi du raisin et des poires. Toyota City a plusieurs visages, qui sont parfois masqués par celui de l'automobile».

Toyota prospère, sa ville aussi

Malgré ces efforts de diversification, l'économie locale reste extrêmement dépendante de Toyota.

À la tête d'un cortège de loyaux fournisseurs, la société est devenue, via ses nombreuses filiales, un empire au cours de la seconde moitié du 20e siècle, grand propriétaire foncier, présent dans l'immobilier, le tourisme, l'assurance ou encore la gestion de crèches.

«Quand Toyota tousse, c'est toute la ville qui s'enrhume», a-t-on coutume de dire, un dicton particulièrement vrai pendant la crise de 2008-2009 suivie de la douloureuse affaire des rappels aux États-Unis.

Le constructeur a alors dû se séparer de milliers d'employés temporaires, dont de nombreux immigrés brésiliens aux racines japonaises, tandis que les recettes fiscales de Toyota City, provenant des sociétés, ont temporairement plongé (de 49 milliards de yens en 2007 à un petit 3,4 milliards après).

Outre cet impact direct, «l'atmosphère était morose, déprimant toute la région», se souvient le maire.

Aujourd'hui Toyota affiche des profits historiques, et la ville - dont la situation n'était quand même pas comparable à Detroit, joyau déchu de l'industrie automobile américaine - a retrouvé optimisme et couleurs, avec de nouveaux projets municipaux parrainés par... Toyota.

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