Herbert Diess supplante Matthias Müeller à la tête du Groupe Volkswagen 

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Herbert Diess a été nommé PDG du Groupe Volkswagen.

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Agence France-Presse
FRANCFORT, Allemagne

Le géant allemand de l'automobile Volkswagen a annoncé jeudi la nomination d'un nouveau PDG, Herbert Diess, jusqu'ici responsable de la marque VW, dans le cadre d'un vaste plan de restructuration de la direction.

Il remplace Matthias Müller, arrivé de BMW à la rescousse en 2015 en plein scandale des moteurs diesel truqués, selon un communiqué publié à l'issue d'une réunion du conseil de surveillance de Volkswagen.

Dans un communiqué, le Groupe Volkswagen a annoncé qu'il regrouperait ses 12 marques et ses fonctions de direction en seulement six grandes unités d'affaires, plus une septième, la Chine.

Volks remplace aussi ses directeurs des ressources humaines et des achats. Le directeur des ressources humaines, Karlheinz Blessing, cède sa place à l'actuel porte-parole du comité d'entreprise, Gunnar Kilian. 

Jusqu'à aujourd'hui responsable de la marque Porsche, Oliver Blume est nommé au directoire du Groupe Volkswagen.

Le groupe, qui précise que le départ de M. Müller se fait selon un accord mutuel, doit dévoiler les détails de ces annonces vendredi matin, lors d'une conférence de presse à Wolfsbourg au siège social de Volkswagen. Cette conférence est décrite à l'interne comme «la plus grande restructuration de l'histoire du groupe», selon des sources anonymes citées par le quotidien Süddeutsche Zeitung.

Volkswagen avait annoncé mardi qu'il «envisageait» des «changements» à sa tête, sans confirmer ni démentir les informations de presse sur le départ de son patron.

Dans un communiqué destiné aux investisseurs, le groupe avait simplement précisé que M. Müller s'était dit «disposé à contribuer aux changements».

FILES_GERMANY_ECONOMY_AUTOMOBILE_RESULTS_VOLKSWAGEN Mathias Müeller semblait plus soucieux depuis quelque temps. Cette photo a été prise le 13 mars dernier. Photo AFP

Matthias Müller avait été appelé à la rescousse par Volkswagen en 2015 au plus fort du scandale des moteurs diesel truqués pour remplacer l'ancien patron, Martin Winterkorn, contraint à la démission.

Ancien président de la filiale Porsche, M. Müller avait signé un contrat jusqu'en 2020 et lancé une restructuration massive tournée vers l'électrification et la réduction des coûts, destinée à sortir Volkswagen de la tourmente.

Diess moins vulnérable que les autres ?

«M. Müller est arrivé très clairement comme gestionnaire de crise, et la grande partie de cette tâche est désormais accomplie», a commenté Jürgen Pieper, analyste automobile à la banque Metzler contacté par l'AFP.

Le scandale, qui a valu au groupe une série de plaintes aux États-Unis et des perquisitions dans ses bureaux allemands, a depuis coûté en rappels de véhicules et procédures judiciaires quelque 25 milliards d'euros au constructeur.

Volkswagen est accusé depuis 2015 d'avoir modifié les logiciels de 11 millions de ses voitures diesel pour masquer le niveau réel de leurs émissions d'oxydes d'azote (NOx), un gaz très polluant associé à des troubles respiratoires et cardiovasculaires.

Si le nouveau patron Herbert Diess est lui aussi la cible d'une des nombreuses procédures en cours, son arrivée tardive chez Volkswagen le rend moins vulnérable aux épisodes judiciaires, s'accordent les observateurs.

«Une évolution dans une autre direction est positive», a estimé Jürgen Pieper, qualifiant M. Diess de «très bon gestionnaire des coûts», qui apparaît à ses yeux comme «la meilleure solution pour la succession, au moins pour les prochaines cinq années».

M. Diess, qui bénéficie du soutien des actionnaires principaux, les familles héritières Porsche-Piëch, devrait devenir à la fois chef de la marque et du groupe Volkswagen, à l'image du «super-patron» qu'était M. Winterkorn.

Clarifier la voie

M. Diess a été appelé en 2015 par ces deux familles pour redresser Volkswagen, et peut se targuer d'avoir doublé en deux ans la rentabilité de la marque, redressant du même coup les comptes du groupe: le constructeur a renoué l'an dernier avec des profits record, faisant plus que doubler son bénéfice net à 11,35 milliards d'euros.

Au-delà du président, des changements sur d'autres postes du directoire devaient être entérinés jeudi. Plusieurs médias avaient évoqué le départ du responsable des ressources humaines, Karlheinz Blessing, qui a été effectivement été remplacé.

Son remplacement par l'actuel porte-parole du comité d'entreprise, Gunnar Kilian, est interprété comme une concession aux syndicats, dont la relation avec M. Diess a été émaillée de conflits.

Mais malgré les airs de renouveau et la volonté affichée d'accélérer l'électrification en partie lancée par M. Diess, Volkswagen doit encore clarifier sa voie, entre déclin du diesel, pourtant stratégique pour l'industrie automobile allemande, et essor des mobilités électriques et autonomes.

Sur les modèles haut de gamme électriques en particulier, les constructeurs allemands peinent pour l'instant à rattraper la concurrence, notamment américaine.

Et si M. Diess est connu pour son ouverture vers ce nouveau monde, il a aussi martelé début mars: «nous avons besoin du diesel, le diesel a un avenir».

À la Bourse de Francfort, le titre a progressé de 2 % à 176,60 euros avant la réunion du conseil de surveillance, dans un marché en hausse de quelque 1 %.




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