Le constructeur automobile allemand Volkswagen a «en grande partie» tenu ses promesses envers les clients européens lésés par le scandale des moteurs truqués, a annoncé lundi la Commission européenne, qui regrette tout de même les efforts a minima de la société.

«Volkswagen a en grande partie respecté le plan d'action promis mais leur état d'esprit vis à vis des consommateurs européens reste ce que j'appelle «penser petit»», a déclaré la commissaire européenne pour la défense des consommateurs Vera Jourova lors d'une conférence de presse, en référence au slogan «Think small» de VW pour son modèle Coccinelle.

Selon la Commission, le taux de «réparation» des 8,5 millions de véhicules dans l'UE équipés de logiciels fraudeurs, qui avaient permis de les faire passer pour moins polluants lors des tests de contrôle, atteint désormais 80%.

Au Canada

Par comparaison, Volkswagen Canada rapporte un taux de réparation de 72 % des véhicules à moteur 4 cylindres de 2 litres affectés (88 % des véhicules affectés ont été enregistrés), a indiqué Thomas Tetzlaff, porte-parole de la compagnie. Pour ce qui est des modèles à moteur 6 cylindres de 3 litres (dont le réglement a récemment été annoncé), le taux de réparation est de 21 % des véhicules affectés (45 % des véhicules affectés ont été enregistrés). 

La comparaison est peut-être imparfaite, puisque les deux pourcentages de «réparation» incluent aussi les voitures que Volkswagen a rachetés ou que des consommateurs ont échangé dans le cadre de l'achat d'un nouveau véhicule Volskswagen, a précisé Thomas Tetzlaff, de Volkswagen Canada. 

En Europe, de grandes différences existent entre pays de l'Union Européenne : le taux est de 96% en Allemagne et seulement de 36% en Roumanie, souligne exemple la Commission européenne. Mme Jourova a en outre déploré le manque d'engagement du constructeur allemand.

«La Commission européenne et les autorités (nationales) de consommation regrettent que la compagnie n'ait pas donné une garantie totale et claire en cas de problème après les réparations», a-t-elle notamment souligné.

Elle s'est tout de même félicitée de la décision du groupe Volkswagen de continuer les mises à jour gratuites des logiciels jusqu'à la fin 2020.

L'UE veut des pouvoirs punitifs

Dans le sillage du scandale Dieselgate, la branche exécutive de l'Union européenne s'est trouvée dépourvue pour prendre des sanctions à l'encontre de Volkswagen ou d'autres constructeurs automobiles soupçonnés de produire des moteurs diesel non conformes à la législation communautaire sur les émissions de gaz polluants.

Elle a présenté en avril une proposition visant à muscler son arsenal législatif, en permettant des sanctions financières ou encore créant la possibilité de lancer des recours collectifs dans toute l'UE.

Ces propositions sont entre les mains des deux législateurs européens, le Parlement et le Conseil (les États membres).