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Un rallye en Mongolie, à vos risques et périls

La beauté des paysages de la Mongolie compense le très mauvais état des routes.

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La beauté des paysages de la Mongolie compense le très mauvais état des routes.

Photo fournie par Andrew Konoff

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Violaine Ballivy | La Presse

Publié le 24 avril 2012 | Mise à jour le 8 mai 2012 à 11h35

La plupart des guides touristiques conseillent de ne pas prendre le volant d'une voiture en Mongolie. Très bien. Alors, pourquoi ne pas aller y faire un rallye? C'est le pari lancé par les «Adventurists», un groupe britannique qui organise depuis huit ans une épique traversée Londres-Oulan-Bator, pour les mordus de conduite qui n'ont vraiment pas peur du danger et des imprévus. Ah oui, et qui savent idéalement réparer une crevaison.

Le Rallye proposé par les «Adventurists» est des plus simples en apparence: relier en voiture l'Angleterre à la Mongolie, en suivant le trajet de son choix et, idéalement, en moins de cinq semaines. C'est dans un détail qu'il se corse: la description de la voiture. Les Jeeps sont interdits, tout comme les autres véhicules adaptés aux routes cabossées et ceux dont le moteur fait plus de 1,2 litre.

«Partir en VUS serait trop facile. Nous ne proposons pas des vacances, mais une aventure», rappelle l'un des porte-parole du groupe, Dan Wedgwood. D'où cette mise en garde aux éventuels participants sur leur site internet: « (Ce rallye) est vraiment dangereux. Vous ne pouvez pas en surestimer les risques. Vos chances d'être sérieusement blessé ou de mourir sont élevées. Des personnes ont été défigurées ou handicapées.» On vous aura prévenus.

Historique

L'histoire du rallye mongol commence comme il se doit: par une soirée un peu trop arrosée dans un bar, une gueule de bois et un échec.

En 2001, Tom Morgan fait la fête à Londres avec des amis quand lui vient l'idée (géniale ou folle, c'est selon les goûts) de partir en roadtrip jusqu'en Mongolie. Le temps d'embarquer un copain dans sa vieille bagnole, de dégriser un peu et le voilà sur la route sans plus de préparation ni de bagage autre qu'un passeport. Il ne s'arrêtera qu'aux portes de l'Iran, des miliers de kilomètres plus loin. Il n'avait pas prévu demander de visa d'entrée. Blocage à la frontière. Retour à la case départ. Fin du voyage, mais pas du rêve.

Trois ans plus tard, Tom Morgan remet avec un peu plus de préparation logistique et après avoir convaincu six équipes de faire la traversée avec lui. Quatre arriveront à destination. Depuis, l'aventure ne cesse de gagner en popularité. Près de 1000 personnes d'une vingtaine de pays prendront le départ en juillet prochain, dont environ 20% seront des femmes.

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Pour qui?

Qui peut se lancer? «On ne peut pas faire ce rallye si on a peur des imprévus, si on a toujours besoin de savoir ce qui nous attend dans les prochains jours», résume Dan Wedgwood.

L'organisation fournit un support technique, mais pas d'itinéraire: juste le point de départ et le point d'arrivée. Entre les deux, c'est aux conducteurs de choisir le trajet qui leur convient le mieux, mais qui n'est pas nécessairement le plus rapide. «Les premiers à arriver ne sont pas ceux qui ont les meilleures histoires à raconter!» dit Dan Wedgwood. Le trajet prend au mieux trois semaines, au pire une éternité.

Car, dans ces conditions extrêmes, une péripétie ne se résume pas à une simple crevaison. Une équipe a déjà été coincée pendant 26 jours à la frontière entre la Russie et l'Ukraine après avoir fait une mauvaise blague à un douanier qui l'a soupçonnée d'espionnage. Un autre pilote a été sauvé in extremis de la mort, parti sans eau ni nourriture chercher des secours alors qu'il était tombé en panne dans une région désertique. Une équipe sur cinq en moyenne ne se rend pas à destination, le plus souvent à cause de pépins mécaniques, mais souvent aussi après des engueulades entre coéquipiers...

Cela dit, Andrew Konoff, un Canadien qui a fait le rallye en 2010, à 19 ans, n'a gardé que de bons souvenirs de son épopée en Suzuki Ignis G 2001. «Les routes sont tellement mauvaises, on a toujours mal au dos et il faut conduire TOUS les jours une dizaine d'heures, mais c'est l'expérience d'une vie!»

«On dit souvent que les routes en Mongolie sont les plus belles de la planète, et ce n'est certainement pas exagéré», dit-il. «On a l'impression d'être au bout du monde, mais en même temps, les gens sont extrêmement gentils avec les étrangers, toujours prêts à les aider sans rien demander en retour. C'est unique». Unique, oui. D'ailleurs, un seul aventurier a participé à trois reprises au rallye, un record. «Mais c'est quelqu'un de riche qui a beaucoup, beaucoup de vacances...», dit Dan Wedgewood.

La voiture idéale?

Quelle est la voiture idéale pour participer au rallye mongol? Le genre que même votre grand-mère ne trouverait pas assez performante pour aller au supermarché. Les règlements stipulent que son moteur ne doit pas faire plus de 1,2 litre, ce qui élimine d'office tous les véhicules utilitaires sport. «Le choix le plus populaire est la Nissan Micra, assez fiable, pas trop compliquée à réparer et assez peu chère à l'achat», explique Dan Wedgwood. Règle générale, les voitures seront laissées en Mongolie et l'argent de leur vente sera remis à un organisme de charité local. Depuis 2004, The Adventurists ont redistribué ainsi l'équivalent de 5,8 millions de dollars.

Violaine Ballivy

Combien?

En excluant le prix d'achat de la voiture, il faut compter environ 3000$ par personne pour les cinq semaines du rallye, la nourriture, l'essence, les visas, les frais d'inscription et le vol de retour entre la Mongolie et l'Angleterre. Les participants dormiront souvent dans leur voiture ou leur tente, à leur choix, mais quelques nuits à l'hôtel s'imposeront certainement!

Autres rallyes

Ce rallye mongol est un peu trop costaud pour vous? Cinq autres aventures sont au menu des Adventurists, un peu moins longues, mais tout aussi déjantées: deux courses en rickshaw en Asie, une traversée de la Sibérie en moto et un derby à dos de cheval sauvage en Mongolie.

Informations: www.theadventurists.com

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