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Rubicon Trail: Coureur des bois

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  • Le Rubicon Trail se trouve dans la Sierra Nevada, à quelque 130 kilomètres du lac Tahoe. (Photo Éric Lefrançois)

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    Le Rubicon Trail se trouve dans la Sierra Nevada, à quelque 130 kilomètres du lac Tahoe.

    Photo Éric Lefrançois

  • Jeep organise chaque année un pèlerinage (Jeep Jamboree) pour les amateurs de ses produits. Quelque 500 amateurs y participent. (Photo Éric Lefrançois)

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    Jeep organise chaque année un pèlerinage (Jeep Jamboree) pour les amateurs de ses produits. Quelque 500 amateurs y participent.

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  • Des groupes environnementalistes cherchent à fermer le sentier depuis 2001. La menace plane toujours. (Photo Éric Lefrançois)

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    Des groupes environnementalistes cherchent à fermer le sentier depuis 2001. La menace plane toujours.

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  • La première expédition motorisée dans le Rubicon Trail a eu lieu en 1908. (Photo Éric Lefrançois)

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    La première expédition motorisée dans le Rubicon Trail a eu lieu en 1908.

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  • La piste du Rubicon Trail en soi fait 22 km de long. (Photo Éric Lefrançois)

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    La piste du Rubicon Trail en soi fait 22 km de long.

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Éric Lefrançois | La Presse

Publié le 6 décembre 2012 | Mise à jour le 20 décembre 2012 à 12h49

«Tu sais quoi? J'en ai assez. Je vais rentrer à pied.» Sur ces mots, Graeme Fletcher, mon coéquipier d'un jour, descend de la Jeep, allume une cigarette et disparaît dans la nuit. Si je n'avais pas été au volant, sans doute l'aurais-je suivi moi aussi. Cela faisait maintenant près de huit heures que nous étions assis dans ce Jeep Rubicon et nous n'avions parcouru que 9,8 kilomètres de ce sentier que d'aucuns jugeraient impraticable. Il aurait été plus rapide de faire le parcours à pied...

Ce faisant, nous aurions sans doute été plus émerveillés encore par le paysage irréel de ce sentier reconnu comme le plus exigeant de tous par les amateurs de 4x4. Au volant, l'expérience n'en est que plus fantastique encore. À l'aide d'expérimentés (et indispensables) guides, nous avons longé des précipices, franchi de hautes roches et d'immenses souches. Aucun obstacle ou presque n'était trop grand pour ce Jeep conçu pour celui (ou celle) qui affectionne pareil loisir.

Et c'en est un, à en juger par le nombre d'adeptes de ce sentier que les environnementalistes de la région souhaiteraient fermer aux véhicules moteur. Sans doute, me disais-je, que si les véhicules empruntant ce sentier disposaient tous d'un dispositif de coupure automatique à l'arrêt, cela les calmerait un peu...

Prêt pour l'aventure?

Chaque étape représente une aventure et exige une concentration de tous les instants. Pas moyen de relaxer un peu. Loin d'être la partie de plaisir que mon collègue Fletcher et moi-même pensions vivre en participant à cet événement organisé par Jeep, quelques mois avant la présentation du 10e anniversaire du modèle Wrangler Rubicon, le plus extrême des Jeep avec ses essieux à verrouillage électronique et ses différentiels autobloquants. À moins d'être un expert - ce que je ne suis pas -, difficile de dire à la vue d'un obstacle si l'on doit activer ou désactiver l'une ou l'autre de ces fonctions. Par chance, il y a les guides. Ils connaissent le sentier comme le fond de leur poche et veillent à nous rappeler à chaque étape ce qu'on doit faire et ne pas faire pour rallier le campement en un seul morceau. Cela vaut mieux, car les secours ne sont pas près d'arriver.

Le problème, ici, n'est pas le sentier ni même la machine, mais l'homme. Celui-ci, on s'en doute, ne sera pas jugé ici pour sa pointe de vitesse ni pour sa fougue, mais plutôt pour sa dextérité, sa délicatesse et son jugement avant d'affronter les - nombreux - obstacles qui se dressent devant lui. Et le sentier pardonne rarement les erreurs. Au cours de notre expédition, nous avons longé des précipices sans fond, arpenté de gigantesques falaises dentelées. Nous sommes régulièrement passés de l'ombre à la lumière selon que ces véritables murs en dents de scie s'élargissaient ou se rétrécissaient. Nous avons aussi écorché le dessous de notre Jeep à plusieurs endroits. Nous avons également enfoncé l'extrémité du pare-chocs avant contre un arbre et égratigné la bavette d'une aile contre une pierre. Rien de grave comparativement aux autres véhicules rencontrés sur notre route avec des radiateurs crevés, des pare-brise éclatés et des éléments de suspension arrachés.

Si l'on fait le bilan de cette première journée qui s'est terminée sous les étoiles, nous avons mis 8h35 pour parcourir 12 kilomètres. Cela paraît inimaginable et pourtant, c'est vrai. Après une nuit inconfortable emmitouflés dans des sacs de couchage, on a remis cela pour la dernière portion de cette expédition: Cadillac Hill, une ascension de près de quatre heures. Mon collègue Fletcher n'en pouvait déjà plus. Moi non plus, d'ailleurs. Pourtant, tout s'est déroulé merveilleusement bien. Le métier qui rentre, sans doute? Nous savions quand et pourquoi il fallait activer ou débrancher les essieux. Nous savions maintenant comment caresser l'accélérateur pour que le V6 de 3,6 litres ne s'emballe pas trop, ou comment effleurer la pédale de freinage sur un pavé de galets mouillés pour ne pas faire valser notre camion contre un arbre. Les dommages causés la veille à notre Jeep ont été sans lendemain.

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Une fois le sommet de Cadillac Hill atteint, j'ai sorti le bout de papier de mon sac sur lequel j'avais annoté l'ensemble des choses que je ne voulais pas manquer dans ma vie. J'ai rayé le Rubicon Trail de ma liste plusieurs fois. Même dans une autre vie, on ne m'y reprendra plus.

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Commentaires (16)

  • @simon_c
    vous perdrez beaucoup d'énergie inutilement à combattre un aussi petit pollueur que ce loisir. Attaquez-vous au transport routier lourd, au déversement de pétrole des exploitants, au gaspillage éhonté de la surconsomation, à la déportation de la manufacturation à l'autre bout de la planète, au déplacement unutile par avion, les rejets d'appareil electronique, le développement de produit à courte durée de vie, etc, etc.
    Ensuite, on pourra s'attaquer au petit % de pollueur qui fond du 4x4 comme loisir. C'est quoi au quebec, 1 personne sur 1000? Mais j'avoue que c'est plus facile de s'attaquer sur des forum à quelques gars, qu'aller faire face aux grosses compagnies.
    Amicalement
  • Moi je peux vous dire une chose, j'ai un Fj cruiser modifié pour la trail, et je serais vraiment curieux, de voir les émanations polluante à comparé un Motocross 2 temps ou un skidoo qui roule toute une journée dans le bois !!! Et aussi le bruit venez me dire que c'est nos véhicule qui font le plus de bruit dans le bois !!! à rouler 2 km/h justement ! Parlons maintenant sécurité nommez moi des accident impliquant des véhicules hors route qui ont causé la mort ??? j'en connais pratiquement aucun ! Avec des vtt c'est une autre histoire !
    Avec la nouvelle Fédération des Clubs 4x4 du Québec. Va falloir que le mondes s'y fasse, oui il va y avoir des trails pour la pratique du 4x4 et balisé en plus ! Et si cela peu vous rassurer il va y avoir des pont au dessus des cours d'eau !!! donc pas de contamination des cours d'eau !
    Longue vie au hors route !!!!
  • @simon_c
    Tout ce que vous dites sur la pollution est vrai. On ne peut pas être contre la vertu.
    Mias lorsqu'on interdira toute forme de déversement dans les rivières, le déboisement sauvage, les dompes municipales à ciel ouvert, les déversement de mazout en haute mer, lorsqu'on arrêtra d'innonder le territoire de 500 000 caribous pour construire un barrage... je vous le promet, je vendrai mon Jeep. Je n'attendrai même pas les premiers gestes concrets, juste l'imposition d'une loi me suffira.
    C'est ça selon moi le défi de l'environnement. Arrêter de faire porter l'odieux sur les petits et s'attaquer aux grands pollueurs. Actuellement, on demande l'inverse et pour nous convaincre, on y attache un valeure sociale. Je trouve ça injuste.
  • @SMIS : pour pollution, il y a plus que les gaz d'échappement. C'est aussi le sol compacté par les roues, l'érosion de certaines zones, le dérangement de la faune par le bruit excessif ou encore la graisse qui va dans l'eau lorsqu'un véhicule commence à traverser un cours d'eau.
  • @simon_c
    tu ne déçois personne je crois, mais tu le sera surement car le hors route, bien que peu répendu en proportion, est là pour rester. Ça reste anecdotique coté pollution comparé au centaine de millier de voiture qui viennent polluer les grandes villes à TOUT les jours. Assis de mon bureau, je vois le smug monté au dessus de Montréal à chaque jour.


  • @kiroulbien
    Le hors route est un sport, une maitrise de la machine. Y'en a qui aiment, d'autre non. Quoi dire de plus.
  • @PYTHON-1
    Il faut ne pas avoir grand chose à faire de ses journées pour passer huit heures assis dans un véhicule et ne parcourir que 9.8 km. Déjà que l'on perd trop de temps dans les bouchons de la circulation, qu'y-a-t-il d'agréable de pousser à l'extrême les capacités d'un conducteur et son 4X4 dans un endroit aussi peu accessible? Pour reprendre l'expression populaire: "C'est plate."
  • "Moi cette "trail" je la ferait aussi à pied ou en vélo de montagne, ça ne prendrait pas 8h35 pour faire la faire..."
    @francois_qc
    Si vous pensez qu'on fait une trail en Jeep pour sauver du temps, c'est que vous ne connaissez pas le hors route.
  • @simon_c
    Vous me décevez effectivement. Vous avez d'habitude une façon de prouver votre point sans nécessairement tomber dans l'intégrisme. Dans ce cas-ci, blâmer le monde du "hors-route" pour une activité quasi-exclusive et pratiquer à petite échelle, je trouve ça un peu gros.
    Sans rancunes.
  • 100% d'accord avec simon_c. Moi cette "trail" je la ferait aussi à pied ou en vélo de montagne, ça ne prendrait pas 8h35 pour faire la faire ! Ce n'est qu'un petit 12 km quand même !
    J'aurais été curieux de savoir la consommation d'essence des ces Jeep dans une "trail" comme ça ....
  • Le véhicule idéal pour les rues, boulevards et chemin de campagne de notre belle province. Ne manque que l'option amphibie.
  • Je vais vous décevoir, mais en tant qu'environnementaliste convaincu et militant, j'espère que la mode du hors-route passera et que la Rubicon Trail sera fermée aux véhicules moteurs.
    À quoi bon rouler à environ 1,4 km/h dans un véhicule quand on peut faire mieux en marchant, sans le bruit et les odeurs ?
  • En plus, le jeep est "stock". Vive les essieux rigide!
    J'aimerais bien voir un LR3 dans cette trail, voir si Land Rover peut suivre...
  • On peut dire que sa conduite est rustre, que son look est démodé, reste que le Rubicon Trail aurait taillé en pièces tous les "soi-disant" AWD/4WD disponible sur le marché. Tout ça pour 31 500$. Bravo Jeep.
  • Comment vous avez pu mettre seulement 6 photos ? On veut la voir cette trail !!!!!
  • Les images sont très belles mais n'est-ce-pas aussi le genre d'endroit qui annule automatiquement la garantie du manufacturier tel qu'il est indiqué en petits caractères?

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  • La Rubicon Trail

    Le Rubicon Trail se trouve dans la Sierra Nevada, à quelque 130 kilomètres du lac Tahoe. (Photo Éric Lefrançois)

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