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Patrick Beaulé au Rallye Dakar: La soif de rouler

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Pierre-Marc Durivage | La Presse

Publié le 20 décembre 2012 | Mise à jour le 3 janvier 2013 à 16h49

Membre l'an dernier du premier duo canadien à avoir terminé le Rallye Dakar, Patrick Beaulé remet cela cette année. Mais David Bensadoun a dû se trouver un nouveau copilote, car son copain Beaulé a décidé de vivre son rêve, seul à moto.

«Cinq minutes après avoir complété le Dakar, j'ai vu une moto et j'ai dit à David que j'allais le faire. Il m'a répondu: "T'es pas sérieux? Tu n'as pas arrêté de me dire que tu trouvais les gars de moto cinglés!"»

David Bensadoun a lui aussi toujours rêvé de faire le Dakar à moto, mais le géant de près de deux mètres et 125 kilos savait qu'il n'avait pas les aptitudes pour le faire. C'est pourquoi il a fait le rallye sur quatre roues, devenant le premier pilote canadien à terminer la mythique épreuve en auto, avec une très honorable 39e place. Le président des ventes au détail du Groupe Aldo en a profité pour récolter 200 000$ pour soutenir la lutte au sida, et il entend faire de même cette année.

Patrick Beaulé, lui, est multiple champion canadien en moto Enduro. «Dès le 15 janvier 2012, je me suis mis en tête que j'allais faire le Dakar à moto, s'est-il rappelé. Quand je l'ai annoncé à David, il m'a aussitôt assuré de l'appui d'Aldo comme commanditaire principal.» Un coup de pouce inestimable, mais loin d'être suffisant pour boucler le budget total, évalué au départ à 90 000 $, mais qui atteindra finalement 135 000$.

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«Je m'en vais au Dakar avec l'idée de ne pas y retourner, a admis Patrick Beaulé. J'ai fait énormément de sacrifices pendant un an. J'ai un travail à temps plein et il m'a fallu organiser une campagne de financement qui a nécessité presque 600 heures de travail. Aussi, j'ai parfaitement conscience que des gens ont donné temps et argent pour que je puisse vivre mon rêve, ça ne veut pas dire qu'ils vont le faire encore une fois l'an prochain...»

Moins vif, mais plus sage

L'entraînement en a souffert, de l'aveu du principal intéressé, qui avoue ne plus être au sommet de sa carrière. Par contre, ce qu'il a perdu en forme physique, il l'a regagné en maturité et en expérience. Et c'est inestimable pour une épreuve aussi impitoyable que le Dakar. Voilà pourquoi il ne se sent pas du tout nerveux. Excité, oui, mais pas nerveux. D'autant plus que 50% du parcours est le même que l'an dernier, à la différence qu'il sera négocié en sens inverse. «Ça me permet d'avoir une bonne idée de la consistance du sable des dunes, de l'angle des pentes, de la durée des journées», a-t-il expliqué.

Enfin, il a bénéficié des conseils de nul autre que Cyril Després, le Français, quadruple et plus récent vainqueur du Dakar. «Je lui avais parlé l'an dernier et on s'est revus à La Tuque lors de la randonnée Orange Crush, organisée en septembre par KTM Canada, a dit Patrick. Il a répondu à toutes mes questions et à tous mes courriels. Il m'a même mis en contact avec son mécano Benjamin (Melot), qui était chez KTM en Autriche pour superviser la construction de la moto. Je lui ai fait un commentaire relativement au sélecteur de vitesse, que je trouvais un peu court, et il a offert d'en machiner un plus long pour moi. C'est fou!»

 

Patrick Beaulé:

Patrick Beaulé: "Si toutes les étoiles sont bien alignées, que je viens à bout de bien mélanger sagesse et enthousiasme, que j'arrive à conserver mon énergie pour les dernières étapes, tout va être possible."

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Pas de figuration

La bécane est donc fin prête, il bénéficie de l'appui technique des gens de Rallye-Raid UK, les mêmes qui s'occupent de la voiture de David Bensadoun, et le budget est en voie d'être bouclé. Patrick Beaulé est donc confiant et ne s'en va pas en Amérique du Sud pour faire de la figuration. «Je me suis fixé un enchaînement d'objectifs, a-t-il révélé. Le premier est de ne pas mourir et d'éviter les blessures graves; le deuxième est de terminer l'événement; le troisième est de me classer dans le top 30, ce qui serait une réussite en soi, et le quatrième serait de me glisser parmi les 20 premiers. Dans ce cas, il se pourrait que je sois plus ou moins présentable pour une entrevue après l'arrivée!»

Évidemment, le motard québécois devra composer avec plusieurs pilotes de haut niveau. «J'avais pensé pouvoir figurer dans la catégorie Élite à cause de mes performances du passé, a-t-il regretté. Je vais donc jouer la carte du négligé. Les gars de l'élite (ils sont 54: NDLR) partent devant, peu importe leur place pendant la compétition. Moi, je vais m'élancer 154e sur 193; je vais en manger de la poussière. Mais il faut être patient. Ta course peut ne tenir à rien; une chute et ça peut être la fin.»

«Mais si toutes les étoiles sont bien alignées, que je viens à bout de bien mélanger sagesse et enthousiasme, que j'arrive à conserver mon énergie pour les dernières étapes, tout va être possible, a conclu Patrick Beaulé. J'aimerais bien 'clencher' au moins la moitié des gars de la catégorie Élite. J'ai soif de rouler, vraiment!»

Le Dakar en chiffres

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> Départ

5 janvier 2013 à Lima, au Pérou

> Arrivée

20 janvier 2013, à Santiago, au Chili

> Étapes

14, avec une journée repos après la huitième

>Distance: moto

8423 km, dont 4146 km de spéciales

> Distance: auto

8574 km, dont 4155 km de spéciales

> Nombre d'engagés

1700, en course ou en assistance, provenant de 53 pays, un record absolu depuis la création du Dakar en 1978.

KTM 450 Factory Rally Replica

La KTM 450 Factory Rally Replica que Patrick Beaulé enfourchera au Dakar 2013.

La KTM 450 Factory Rally Replica que Patrick Beaulé enfourchera au Dakar 2013.

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Une monture sur mesure

La moto qu'enfourchera Patrick Beaulé est en quelque sorte la référence au Dakar. Elle est développée sur mesure pour le Rallye, sous les bons soins de l'équipe du champion Cyril Després. Elles sont fabriquées et vendues par KTM aux seuls participants du Dakar. On parle d'une centaine d'exemplaires par année seulement. «Bon, elle coûte 44 000$, et il n'y a pas moyen d'avoir de rabais, c'est le même prix pour tout le monde, explique Patrick Beaulé, qui travaille comme directeur des ventes chez KTM Canada. J'aurais pu m'acheter une moto régulière et la modifier avec des pièces de rechange, mais je ne voulais pas courir le risque de m'exposer à des problèmes mécaniques.»

SPÉCIFICATIONS

> Moteur: monocylindre, quatre temps

> Cylindrée: 449,3 cc

> Transmission: manuelle cinq vitesses

> Châssis: Treillis en alliage chrome-molybdène

> Réservoir: approx. 35 litres

> Poids: 145 kg (à sec)

> Coût: 44 000$

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