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Gaz naturel: de la roche au réservoir

Gazer sa voiture, c'est possible. Sous une pression de 3200 livres, le plein d'une auto au gaz naturel se fait en quelques minutes au coût d'une quinzaine de dollars.

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Gazer sa voiture, c'est possible. Sous une pression de 3200 livres, le plein d'une auto au gaz naturel se fait en quelques minutes au coût d'une quinzaine de dollars.

Photo: André Pichette, La Presse

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Sébastien Templier | La Presse

Publié le 6 février 2012 | Mise à jour le 8 février 2012 à 10h55

Le gaz naturel anime de nombreux - et houleux - débats depuis plusieurs mois. Sans faire de bruit, l'industrie automobile lui découvre certaines vertus. Des véhicules au gaz naturel circulent un peu partout dans le monde. Va-t-on réellement «gazer» nos voitures à l'avenir? Et est-ce bien raisonnable?

Le 17 novembre dernier, la Honda Civic GX a été élue «voiture verte de l'année» au salon automobile de Los Angeles, au nez et à la barbe des hybrides et des tout électriques du marché. Étonnant? Et pour cause. Cette voiture roule au gaz naturel compressé, une source d'énergie qui a les faveurs de Sergio Marchionne.

Au dernier salon de Detroit, le président de Fiat et de Chrysler a non seulement réitéré sa foi dans cette option qu'a choisie le constructeur italien en Europe, mais il a aussi confirmé que des voitures Chrysler fonctionneront au gaz naturel en Amérique du Nord.

Ce type de véhicule n'est pas rare dans certains pays d'Europe, d'Asie et surtout d'Amérique latine. Les entreprises sont des clients particulièrement convoités par les Volkswagen, Renault, Fiat et Mercedes de ce monde. Sur notre continent, Honda est actuellement le seul constructeur à vendre, aux États-Unis, une voiture de production au gaz naturel - la Civic GX, justement. General Motors vend depuis 2010 des camionnettes commerciales au gaz naturel.

Pourquoi cet intérêt croissant pour cette énergie? De plus en plus rare, le pétrole devient plus difficile et plus cher à importer, en raison essentiellement des instabilités politiques qui secouent certains pays producteurs.

Toujours aussi insatiables, les États-Unis se sont récemment découvert des réserves de gaz naturel insoupçonnées jusqu'alors. Des réserves par ailleurs sous-estimées à l'échelle planétaire. «Comme les réserves sont plus abondantes et que les prix du gaz naturel chutent, on cherche de nouvelles applications pour écouler son gaz», ajoute l'auteur et physicien Pierre Langlois.

L'industrie automobile invoque un argument de poids: l'environnement. Un moteur alimenté au gaz naturel émet environ 25% moins de dioxyde de carbone qu'un moteur à essence ou au diesel. Dans un pays comme les États-Unis, où plus de 40% de l'électricité provient de centrales au charbon, «l'empreinte carbone» des véhicules électriques y est présentée comme un désavantage. Pour faire de l'ombre aux voitures électriques, on rappelle que leur autonomie est deux fois moins importante que celle d'une voiture au gaz naturel.

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Faiblesses

Le gaz naturel a cependant ses talons d'Achille, la voiture qu'il propulse également.

«Le gaz naturel émet moins de pollution que l'essence seulement au moment de la combustion dans le moteur. Il n'est pas une solution de remplacement du pétrole, cela va émettre autant de gaz à effet de serre d'un bout à l'autre de la chaîne», croit M. Langlois.

«Le réseau de distribution de gaz est inexistant et sera très onéreux à mettre en place. Pour s'alimenter en gaz, il faut un compresseur. L'autonomie est insuffisante [environ 300 km] et varie selon le volume du réservoir et le compresseur», énumère de son côté Stéphane Deschamps, directeur du développement des affaires chez Budget Propane.

La voiture au gaz naturel a des faiblesses qui ne sont pas sans rappeler celles de la voiture électrique actuelle. Son coût est également plus élevé que celui d'une voiture à essence. Il faut compter plus de 10 000$ US supplémentaires pour une Civic au gaz comparativement à une Civic équivalente à essence.

Intérêt des constructeurs

«Est-ce que le gaz naturel représente l'avenir? C'est seulement l'une des nombreuses solutions sur lesquelles travaille actuellement Honda avec l'hydrogène, les hybrides, l'électricité, le diesel propre, les moteurs à essence améliorés, etc. Le marché, c'est-à-dire les clients, décidera du futur, pas les constructeurs», affirme Richard Jacobs, directeur des communications de Honda Canada.

«Le gaz naturel compressé est l'une des nombreuses options que nous explorons. La question concerne surtout le système de distribution et les infrastructures», confirme son homologue chez Chrysler Canada, Lou Ann Gosselin.

Cette source d'énergie pourrait être une solution temporaire d'ici à l'avènement des voitures électriques. «Au Québec, le gaz naturel va servir à autre chose qu'aux véhicules personnels, ce n'est vraiment pas une solution pour les voitures. Et un réseau de distribution de gaz naturel n'est pas réaliste», soutient Kim Cornelissen, consultante en développement régional et international.

Grand responsable des émissions de CO2, le camionnage est le plus susceptible d'adopter le gaz naturel. Parce que ce dernier est moins cher et nettement moins polluant que l'essence à la sortie du pot d'échappement, et parce qu'il répond mieux que la technologie électrique aux besoins de l'industrie qui peut se doter de stations de ravitaillement.

Véhicules commerciaux pour la plupart, seulement 9500 voitures roulent au gaz naturel au Canada pour 2500 camions et autobus. L'Alliance canadienne pour les véhicules au gaz naturel milite pour cette source d'énergie. «Nous nous intéressons à tout: voitures et camions. Mais à court terme, les poids lourds et les bus sont notre priorité», dit sa présidente, Alicia Milner.

L'avenir appartiendra-t-il à la voiture au gaz naturel ou à la voiture électrique? «C'est un débat entre l'énergie fossile et l'énergie non fossile», résume Kim Cornelissen.

Gaz de schiste et coup de grisou

Combustible fossile, le gaz naturel - composé à 95% de méthane - existe sous différentes formes.

> Le gaz dit «conventionnel» est la forme de gaz naturel la plus exploitée dans le monde. Son processus de formation est similaire à celui du pétrole.

> Le gaz naturel est dit «associé» quand il est présent dans le pétrole. Lorsqu'un puits de pétrole brûle, c'est en fait ce gaz qui brûle en torchère.

> Le méthane est également présent dans le charbon, d'où le nom «gaz de charbon». Il est connu auprès des mineurs sous le nom de «grisou».

> Ce gaz peut aussi se trouver dans le schiste. Cette roche sédimentaire est à la fois la source et le réservoir du gaz logé alors dans les fissures. Ce «gaz de schiste» est présent en petite quantité dans un énorme volume de roche.

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Commentaires (9)

  • @rexie : on dit «bio» car ça vient d'un processus biologique, la digestion anaérobique.

    Et franchement, la manière la plus efficace, pour l'instant, d'utiliser l'énergie du gaz, c'est de le brûler directement pour le chauffage. C'est un rendement qui approche le 100 %.

    Si on brûle du gaz pour produire de l'électricité, le turbinage de la vapeur d'eau produite ne peut pas dépasser le 60 %, c'est la limite de Betz. Même dans un cycle combiné c'est limité. En terme réel, dans un cycle combiné, on pas réussi à maintenir 60 % de rendement.

    Ce qu'il faut faire, c'est limiter les transformations d'énergie et les transports de gaz, pour éviter les fuites, limiter la production d'ordures et tenter de mieux gérer le problème des ordures ménagères, problèmes dont la meilleure solution est la diminution de la consommation.
  • Intéressant que Tata mette en marché un moteur à air comprimé. On pourra voir ce qui en est exactement, ses avantages et ses limites.

    En Inde, on pourrait se servir de l'air froid qui s'en échappe ("zero to minus 15 degrees in temperature") comme climatisation. Au Québec, en hiver, c'est moins bon!

    Brrrrrr! ;-)
  • @Simon_c
    Tant qu'à brûlé pour brûlé, aussi bien brûlé ce gaz de vidange (qui n'a rien de bio) dans une centrale qui pourrait généré de l'électricité qui pourraient alimenté vos trucks à vidanges électrique à 90%

    Un moteur électrique à 90% d'efficacité comparé à un vieux diesel crasseux qui doit faire dans les 8% en plus de rejeter dans l'atmosphère des particules nocives pour la santé.

    @djoni
    Je suis content de voir que la voiture de Guy Nègre va enfin être commercialisée. Mais je redoute qu'elle soit ne soit pas commercialisé ici, le lobby pétrolier américain n'aime pas les trucs économique qui ne pollues pas.
  • Bien sur l'électricité demeurera toujours imbattable si l'on tient compte du cycle de vie complet et de tout les éléments environnementaux néfaste des différent moyen envisagé pour le transport et la production.

    Ceci dit utiliser le gaz naturel(méthane) issue des déchets de toute provenance, domestique, industriel, agricole et arboricole en le soustrayant du bilan négatif des gaz à effet de serre qu'il provoque de manière 25 fois plus sévère que le Co² et que l'on ignore celui d'origine schistique on joue double ou même au carré. On soustrait par 25 l'ajout au GES par la décomposition des déchets, on soustrait par 25% la contribution GES de la bagnole qu'elle propulse on réduit les frais d'enfouissement des contribuables, on réduit notre balance commercial en consommant une source d'énergie locale et durable et on réduit d'autant la dépense énergétique d'approvisionnement externe.

    Qu'en dite-vous?

    Mais ce n'est pas tout, le gaz compressé comme le montre le lien suivant à nécessité une quantité d'énergie non négligeable pour le comprimé et celle-ci peut être restituer lors de la détente par un moteur bientôt commercialisé, qui peut en second lieu utiliser l'énergie du gaz en combustion.

    Voir la Mini CAT de Tata motors:

    http://www.caradvice.com.au/141944/tata-motors-mini-cat-air-car-to-debut-in-2012/

    ou similaire.

    L'autonomie triplerais

  • Le gaz naturel a connu une baisse de prix spectaculaire avec l'arrivée des technologies de forage permettant d'extraire le gaz de schiste. Si les dommages environnementaux que cause cette exploitation étaient inclus dans le prix de ce gaz, ça ne serait pas profitable. Mais les citoyens s'organisent et d'ici quelques années, cette industrie devra heureusement faire face à une réglementation plus strictes, ce qui poussera les prix vers le haut.

    Pour la récompense, ça vient du Green Car Journal. Des journalistes. J'aurais nettement été plus impressionné si le prix avait été remis par un jury de pneumologues, des physiciens, chimistes et ingénieurs.

    Par contre nous avons des millions de tonnes de déchets qui dégagent du biogaz. Pas assez pour alimenter toutes les voitures. Ces gaz sont très dangereux et en les brûlants on réduit grandement leur toxicité tout en produisant au passage de l'énergie. La manière la plus efficace d'utiliser cette énergie est de chauffer les bâtiments à proximité. Ensuite, on pourrait fort bien imaginer que les véhicules lourds qui charrient les ordures dans les dépotoirs pourraient brûler les excédents de gaz au lieu de consommer du diesel. À la limite, les bennes à ordures qui viennent décharger pourraient aussi faire le plein de biogaz.

    Mais du biogaz, il n'y en a pas assez pour alimenter toutes les voitures.
  • Toutes choses étant, l'industrie automobile tend à se diversiffier dans plusieurs sercteurs, compétition oblige. Le fait est que cette course à l'accroissement des ventes et l'augmentation des dividendes d'actions auront pour effet d'accroitre le gaspillage de ressource puisque ces nouveaux véhicules de générations d'entrées de jeux deviendront rapidement obsolètes et leurs valeurs marchandes dégringoleront rapidement sur le marché de l'usagé.

    À l'heure où tout indique que le gaz de schiste est tributaire d'une exploitation des plus douteuse, question environnement et santé publique, cet affolement des Américains et de leurs Président n'augure rien de bon étant donné qu'ils réfléchissent après coup et non l'inverse la majorité du temps, à mon avis. L'Histoire en est garant ... et pas uniquement chez eux, chez nous y_tout ... l'Histoire se déroule souvent en peau de chagrin.

  • Le Gaz Naturel est fréquemment à l'avant plan, puisque c'est une société d'état avec des moyens financier important qui faire de la publicité et du lobbying. Mais quand est-il des autres gaz tel que le propane! Les avantages du propane, 1) véhicule hybride, peut fonctionner à l?essence ou au propane, 2) Pression dans le réservoir 10 fois moins important que le naturel 3) Autonomie aussi bonne que l?essence 4) Coût de conversion inférieur, à la Honda, 5) Point d?approvisionnement multiple, 6) Fiabilité et efficacité même par temps froid, 7) Prix du propane est approximativement 50 cpl inférieur à l?essence.
  • Effectivement, je crois moi aussi tel que smogtdi que l'électrique reste de loin l'option envisageable, concernant l'autonomie... Des fois j'oublie la dernière fois que j'ai été faire le dernier plein donc, les pays de productions energitiques vertes seraient et seront avantagés par la locomotion électrique, tout le temp le débat de l'autonomie revient, nous oublions souvent qu'une fois le pas effectué les autres seront de plus en plus faciles, tout comme un petit enfant qui apprend à marcher l'économie sera être inovante et de plus en plus respectueuse de l'environnement. Pour ma part, pas assez d'argent à mettre sur ça et pas assez d'HP ces voitures vertes et dire que ça pourait être le contraire.
  • L'autonomie et l'efficacité énergétique d'un véhicule carburant au gaz naturel est au mieux médiocre.

    Je peux comprendre que l'on tappe avec acharnement sur les véhicules électriques avec l'argument de l'autonomie, mas au moins leur efficacité énergétique est supérieure à 90% et pas besoin de prendre une chance de poluer l'eau potable pour se véhiculer.

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