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L'auto électrique peine à s'imposer au grand public

La Nissan Leaf.

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La Nissan Leaf.

Photo fournie par Nissan

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Sébastien Templier | La Presse

Publié le 13 septembre 2012 | Mise à jour le 27 septembre 2012 à 12h49

Il y a un an, la Nissan Leaf, premier véhicule 100% électrique grand public, arrivait sur le marché canadien. Quelques mois plus tard, les consommateurs découvraient une seconde voiture du genre, la Mitsubishi i-Miev. Si la voiture électrique a séduit les convaincus de la première heure, s'est-elle pour autant imposée sur le marché?

Les premiers tours de roue de la voiture électrique au Canada ont eu lieu en juillet 2011 lorsque Nissan a fourni 16 premiers exemplaires de sa Leaf à des municipalités, entreprises d'État et sociétés. Deux mois plus tard, les premiers modèles sont arrivés chez des particuliers. À l'approche de l'automne, Nissan a mis 600 exemplaires du modèle 2012 à la disposition des acheteurs potentiels.

Résultat? La courbe des ventes a suivi la cote de popularité médiatique de cette voiture distribuée au compte-gouttes. Les ventes de la Leaf sont passées de 17 exemplaires en septembre à 59 en décembre dernier. Mais la tendance s'est inversée pendant l'hiver. Depuis février, les ventes tournent cette année autour d'une vingtaine d'exemplaires par mois. En 12 mois, le modèle 2012 de la Leaf s'est écoulé à 325 exemplaires, en date du 31 août. Il reste grosso modo un semestre à Nissan pour vendre les quelque 250 modèles restants avant l'arrivée de la version 2013.

La division canadienne du constructeur nippon est consciente qu'elle n'atteindra pas les 600 ventes d'ici là. Ses premiers résultats représentent-ils une déception? «D'un côté, c'est encourageant car certains disaient que cette voiture était invendable, répond Didier Marsaud, directeur des communications de Nissan Canada. [...] Oui, le chiffre n'est peut-être pas aussi idéal qu'on l'aurait imaginé il y a un an et demi, mais on ne savait pas trop ce qu'il en serait non plus. Est-ce une déception? Non, on apprend.»

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La déception sera néanmoins grande si la prochaine mouture produite aux États-Unis à partir de l'an prochain ne fait pas décoller les ventes.

Mitsubishi

Le son de cloche est similaire chez Mitsubishi. Sa petite i-Miev a été lancée au Canada à la mi-décembre. Les ventes des huit premiers mois de l'année y ont oscillé de 11 à 26 par mois. Tout comme Nissan, Mitsubishi est très prudent dans son offre. Six cents voitures devaient être fournies au marché canadien cette année. Cette modestie ne suffit pas, il faut croire, puisque 150 exemplaires seulement ont été vendus après huit mois.

«Depuis que j'ai joint l'entreprise en janvier, nous avons toujours dit que nous vendrions pas toutes les i-Miev possibles dans ce marché de niche que représentent les voitures électriques, affirme John Arnone, directeur des relations publiques de Mitsubishi Canada. Nous sommes satisfaits du rythme de notre i-Miev. Le marché de la voiture électrique est petit. En tant que l'un des plus petits constructeurs au Canada, nous sommes ravis de faire partie de ceux qui amènent sur le marché leur propre technologie électrique.»

 

La Mitsubishi i-MiEV.

La Mitsubishi i-MiEV.

Photo fournie par Mitsubishi

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N'empêche qu'il risque de rester des exemplaires à la fin de l'année.

«Je ne suis pas du tout surpris par ces chiffres et je m'y attendais. Les constructeurs doivent être déçus, bien qu'ils ne l'admettront pas», affirme Dennis DesRosiers, analyste de DesRosiers Automotive.

Comme pour n'importe quel modèle sur le marché, les Nissan Leaf et Mitsubishi i-Miev ont trouvé preneur auprès de ce que l'on appelle les «flottes», les parcs de véhicules des gouvernements, des municipalités et des entreprises. Ces parcs ont acquis 32% des Nissan Leaf jusqu'à présent. Mitsubishi prétend que 30% de ses ventes d'i-Miev ont été effectuées auprès d'entreprises ou de gouvernements. Ce qui réduit le taux de pénétration de ces voitures auprès de Monsieur et Madame Tout-le-monde.

Les constructeurs ont commencé à changer leur fusil d'épaule. Il leur faut élargir le bassin de clients. «C'est vrai que la Leaf est une voiture qui se vend différemment. On se rend compte qu'il faut augmenter le nombre de nos concessionnaires certifiés pour cette voiture et que pour aller vers une clientèle traditionnelle, il faut retrouver un modèle commercial plus proche du modèle classique», explique Didier Marsaud.

Nissan a fait le choix, l'an dernier, de commercialiser ses premiers exemplaires uniquement par le web. «Cela a très bien fonctionné auprès des enthousiastes», dit M. Marsaud. Mais cela ne suffira pas pour joindre et convaincre la masse critique. Nissan va également modifier son processus de vente aux États-Unis, où les résultats de la Leaf ont été «un peu en dessous des prévisions».

Nissan considère qu'il a défriché le terrain en étant le premier à commercialiser à grande échelle une voiture électrique. L'arrivée de la concurrence incarnée d'abord par les Ford Focus et Smart Fortwo électriques, puis par les Honda Fit et Toyota RAV4, est vue d'un bon oeil. À deux égards.

«Cela signifie qu'il y a d'autres marques qui croient à la voiture électrique. [...] Ce n'est plus Nissan seul qui va frapper à la porte des gouvernements pour l'infrastructure de recharge», dit M. Marsaud. L'essor du réseau de stations de recharge est primordial pour les constructeurs. S'ils veulent convaincre les automobilistes.

>>> Pour consulter le tableau des ventes depuis janvier 2012 de la Leaf et de l'i-MiEV, cliquez ici.

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Commentaires (11)

  • Je viens de faire saut. Nous voici donc au volant de la LEAF. Le sentiment d'Indépendance au pétrole est indescriptible. Mais nous avons fait nos devoirs. Si vous avez le profil, cette voiture est formidable: la LEAF doit être votre 2ème voiture qui remplace votre voiture à pétrole. Vous l'utilisez aussi souvent que possible. Votre économie de pétrole-dollars compensera largement pour le prix de la nouvelle voiture. Il faut profiter des subventions actuelles ! Allez-y!
  • C'est certain que leur prix élevé, leur faible autonomie et l'incertitude sur la durée de vie des batteries sont des freins à l'adoption générale des autos tout électrique.
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    La batterie est au coeur de toutes ces limitations mais on sait aussi que les technologies de ces batteries évolueront rapidement dans les 5 ou 10 prochaines années.
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    Une solution serait que les fabricants protègent le consommateur contre ces risques. Comment? Un peu comme le fait l'industrie de l'informatique: en offrant de nouveaux produits plus performants et moins chers mais COMPATIBLES avec les produits précédents. Par exemple, pour taper ce texte, j'utilise un ordinateur vieux de 7 ans mais j'ai pu en augmenter la mémoire à bon compte en cours de route plutôt que de le changer au complet. Autre exemple, les premières clefs de mémoire USB que j'ai utilisé sur cet ordinateur avait 64 mégaoctets en USB2. Aujourd'hui je peux me procurer des clefs USB3 de 64 GIGAoctets qui sont encore compatibles avec mon vieil ordi.
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    Alors, les fabricants d'autos électriques pourraient garantir à leurs acheteurs qu'ils pourront, dans 5 à 8 ans, changer leur batterie pour les nouvelles qui fourniront 1 1/2 à 2 fois plus d'autonomie. Par exemple, pour 10000$, ils installeraient une nouvelle batterie "high tech" et reprendraient la vieille et redonneraient un second souffle à ces autos.
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    On sait que ces "vieilles" batteries conserveront encore 80% à 90% de leur capacité et pourraient être revendues pour des usages moins exigeants que les autos. Par exemple, elles peuvent stocker l'électricité produite par des éoliennes ou des panneaux solaires et la vendre plus tard quand la demande électrique est plus forte que la capacité de production. Ces "vieilles" batteries peuvent aussi servir comme alimentation de relève en cas de pannes électriques pour des applications critiques de télécommunication ou de serveurs informatiques.
    .
    Les autos électriques sont un nouveau marché fort différent des autos à essence et doivent fonctionner selon des règles novatrices pour s'imposer.
  • Nissan doit prendre exemple sur Renault qui loue les batteries.
    On a alors un VE au même prix qu'un thermique et un coût d'utilisation moins élevé, même avec le prix de la location.
    On bénéficie alors d'un véhicule propre, plus agréable à conduire et une garantie de stabilité sur le coût de fonctionnement. Ce qui n'est malheureusement pas le cas du véhicule thermique d'ores et déjà exposé au pic pétrolier.
  • Vendre au prix coutant, conquérir des parts de marché et à la toute fin, bénéficier des économies d'échelle. C'est ce que les manufacturiers devraient adopter comme modèle de mise en marché.
    Tant qu'ils voudront obtenir les mêmes marges de profit qu'avec les modèles tradionnels, la différence de prix entre l'EV et la voiture thermique sera toujours remise en question par le consommateur.
  • @Mh188888, votre défiition correspond drôlement à une Chevrolet Volt. Moins les moteurs-roue mais ça c'est un autre débat. :-)
    Bien sûr l'autonomie et le prix à l'achat sont encore deux irritants majeurs. Et peut être aussi la gueule étrange de nos deux autos électriques de cet article. Mais tout cela devrait changer bientôt dans les années qui viennent. Meilleurs prix, meilleures batteries, et des autos au design moins, euh, original, et surtout le prix de l'essence qui ne fera que monter. D'ici là les hybrides "plug-in" devraient prendre beaucoup de place.
  • Je suis à regarder pour la voiture électrique et mon premier et unique problème est la présence de bornes électrique sérieusement en manque??????? J'aimerais avoir la voiture mais la recharge chez moi ne m'aide pas à voyager à l'extérieur. Comme si on ne me donne pas la possibilité de partir sans soucis. Alors je vais attendre en espérant qu'elles se multiplieront.
    Françoise
  • Il faudra plutot investir dans le transport en commun et les pistes cyclables. C'est une perte de temps et de resources incroyables ces voitures electriques.
    La voiture electrique devrait plutot avoir un petit moteur a essence qui recharge la batterie. Et la voiture devrait avoir des moteurs roues. La batterie serait alors plus petite. Le moteur pourrait alors etre optimise pour la recharge. La voiture pourrait etre aussi rechargee a un poste de charge.
  • Il faudra plutot investir dans le transport en commun et les pistes cyclables. C'est une perte de temps et de resources incroyables ces voitures electriques.
    La voiture electrique devrait plutot avoir un petit moteur a essence qui recharge la batterie. Et la voiture devrait avoir des moteurs roues. La batterie serait alors plus petite. Le moteur pourrait alors etre optimise pour la recharge. La voiture pourrait etre aussi rechargee a un poste de charge.
  • Les véhicules 100% électriques sont tout nouveaux. L'accouchement est souvent pénible... De plus, nissan a raison. Beaucoup trop tôt pour tirer des conclusions.
    L'investissement dans les véhicules électriques est un objectif à moyen et long terme. On disait grosso-modo la même chose des prius à leur lancement et regardez où on en est.
    Pour ce qui est du prix, on critique rarement le coût d'une voiture de luxe qui se vend pourtant plusieurs fois le prix d'une leaf.
  • Il me semble que ça ne prend pas la 'tête à Papineau' pour voir qu'à 40 000 $ et plus, et avec une si faible autonomie, la voiture électrique ne trouve pas autant de preneurs.
    Avec toute la technologie dont dispose l'être humain (envoyer des gens sur la lune, la navette spatiale, les progrès de la science et de l'ingénirie, l'informatique de plus en plus poussée etc.), et aussi compte tenu que la voiture électrique remonte à plusieurs décennies, comment donc se fait-il qu'on ne puisse avoir une voiture électrique autour de 20 000 ou 25 000 $ qui donne au moins 300 km d'autonomie?
    Peut-être un jour.
  • Lorsque les prix et l'autonomie de ces véhicules serons à un niveau raisonnable, les ventes grimperons surement.

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