La voiture électrique ne sauvera pas la planète du pétrole

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Le soleil n'est pas prêt de se coucher sur le pétrole, malgré la voiture électrique. Ci-haut, une raffinerie du Kansas, à la tombée du jour.

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Agence France-Presse

Le développement des voitures électriques devrait s'accélérer dans les prochaines années mais n'entraînera pas la fin de la demande de pétrole, a assuré mardi le directeur exécutif de l'Agence internationale de l'Energie (AIE).

«Aujourd'hui, beaucoup de gens parlent des voitures électriques, et à juste titre, parce que les ventes augmentent. L'an dernier, elles ont connu un record», a indiqué le Turc Fatih Birol, dans un entretien à l'AFP.

Ce potentiel, et ses conséquences, commencent à interroger de nombreux experts, d'autant que les annonces se sont multipliées ces derniers mois.

Fin des autos à essence et diesel en France dès 2040 ?

La France veut par exemple mettre fin à la vente de voitures diesel et essence d'ici 2040, tandis que le groupe Volvo projette d'arrêter de lancer de nouveaux véhicules traditionnels à partir de 2019.

Toutefois, à l'heure actuelle, il n'y a toujours que deux millions de voitures électriques en circulation, soit 0,2% de tout le parc automobile mondial.

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La voiture électrique ne fait pas perdre de sommeil dans les pays producteurs de pétrole. Elle va juste faire en sorte que la demande va augmenter moins vite, estime Fatih Birol directeur de l'Agence internationale de l'énergie. Photo: AFP

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Business as usual : des officiels du Qatar et le président du géant pétrolier français Total, Patrick Pouyanne (à d.) ont lancé aujourd'hui une coentreprise pour exploiter le gisement de pétrole Al Shaheen, au Qatar. Photo: AFP

«Cette part va augmenter, mais cela ne nous entraînera pas dans une ère sans pétrole», a indiqué M. Birol, en marge du Congrès mondial du pétrole qui se tient à Istanbul.

«La demande de pétrole continuera d'être tirée par les camions, l'aviation, les bateaux et, de façon très importante, par l'industrie pétrochimique», a insisté le directeur exécutif de l'AIE, qui défend les intérêts des pays consommateurs de pétrole.

«Il est très difficile aujourd'hui de trouver des substituts au pétrole dans ces secteurs, au moins à court et moyen terme», a-t-il souligné.

L'industrie du pétrole souffre depuis la mi-2014 de la chute des prix de l'or noir et se trouve aussi sous la pression des exigences de baisse des émissions de gaz à effet de serre, dans la foulée de l'accord de Paris sur le climat.

Alors que l'AIE anticipe une légère reprise de 6% des investissements dans l'amont pétrolier et gazier (exploration et production), après deux années de baisse drastique, M. Birol estime que la situation sera très différente d'une région à l'autre.

«La hausse des investissements viendra des hydrocarbures de schiste aux États-Unis et ils changent tout le paysage» de l'énergie, a indiqué M. Birol, alors qu'en parallèle, les investissements resteront globalement stables au Moyen-Orient, en Afrique ou en Russie.

La demande va croître un peu moins vite

«Même dans un monde contraint par le climat (...) nous aurons toujours besoin de pétrole et de gaz», a-t-il insisté, ajoutant que la demande ralentira, mais restera en croissance.

La Chevrolet Bolt 2017, une tout électrique, a... - image 5.0

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La Chevrolet Bolt 2017, une tout électrique, a remporté le titre de voiture verte de l'année 2017 lors du Salon de l'auto de San Francisco. L'acceptation grandissante des tout électriques par le public ne fera pas reculer la demande de pétrole, croit un représentant de l'industrie. Photo: AFP

Sur le front du marché pétrolier, le directeur de l'AIE, qui publiera jeudi son rapport mensuel sur le pétrole, estime que «si la demande est vigoureuse», on peut espérer «un rééquilibrage des marchés dans la seconde moitié de l'année».

«S'attendre à des prix autour de 100 dollars ou au-dessus n'est pas un scénario que nous envisageons», a-t-il nuancé.

Actuellement, les cours du brut restent sous la barre des 50 dollars, contre plus de 100 dollars en 2014, avant le début de la chute des prix.

Même l'accord signé fin 2016 entre l'Organisation des pays producteurs de pétrole (OPEP) et d'autres pays producteurs, dont la Russie, pour réduire leur production n'a pas réussi à faire remonter significativement les prix.




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