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Moins 30 % d'ici 2030. L'Europe veut réduire les émissions et favoriser l'auto électrique

La Commission européenne propose une norme réduisant les... (photo AP)

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La Commission européenne propose une norme réduisant les émissions de CO2 de 30 % d'ici 2030. Ci-haut, un tableau électronique indiquant que les voitures à plaques impaires sont interdits de circulation à Paris, durant un épisode de smog intense en décembre 2016.

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AP, AFP

(BRUXELLES) La Commission européenne veut couper de 30 % les émissions de CO2 d'ici 2030 et doper la popularité des autos électriques en les rendant meilleur marché et plus facile à recharger. 
La proposition vise autant à répondre à ses objectifs climatiques qu'à faire face à la concurrence asiatique et américaine. 
La proposition ne va pas jusqu'à imposer des quotas sur le nombre de voitures électriques et est plus modeste que les buts déjà annoncés par certains pays membres de l'UÉ. Pourtant, les constructeurs automobiles européens affrme que les nouvelles cibles sont trop radicales.

La mesure phare est la définition de nouveaux seuils d'émissions de CO2 pour les voitures et utilitaires légers neufs entre 2021 et 2030.

La Commission veut que la moyenne des émissions de CO2 produites par ces véhicules recule de 30% en dix ans, avec un objectif intermédiaire de -15% en 2025. Ces propositions doivent encore être négociées par les États membres et le Parlement européen avant d'être adoptées.

Le transport routier est à lui seul responsable de 22% des émissions de gaz à effet de serre de l'Union.

«Incitation», mais pas de quotas

Écartant l'idée de quotas, la Commission a préféré un système basé sur «l'incitation», «inspiré par ce qui se fait en Californie», selon Maros Sefcovic, vice-président de la Commission.

Le commissaire à l'UÉ, Maros Sefcovic, s'adresse aux... - image 3.0

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Le commissaire à l'UÉ, Maros Sefcovic, s'adresse aux médias pour expliquer les propositions en matière de mobilité et de changements climatiques. Photo: AFP

Les constructeurs qui dépassent les références «idéales» fixées par l'UE dans la production de véhicules propres pourront obtenir une augmentation des limites d'émissions de CO2 de leur flotte roulant en moteur à combustion.

Si la Commission dit donner du temps à l'industrie pour s'adapter, celle-ci lui a vertement répondu: «la proposition actuelle est très agressive», selon l'Association européenne des constructeurs automobiles (ACEA).

Opposée à tout objectif intermédiaire, l'ACEA dit préférer une réduction de 20% des émissions d'ici 2030, un objectif «atteignable à un coût élevé mais acceptable».

Les chiffres des ventes de voitures neuves ne sont pas très encourageants: sur un an, au 3e trimestre 2017, les nouvelles immatriculations de voitures hybrides (+59,7%) et électriques (+55,3%) ont certes explosé, mais ne représentent toujours qu'une infime portion des ventes. Soit 1,6% des voitures vendues en Europe pour l'électrique.

Il faudra aussi développer les infrastructures, prévient la Commission, qui a dévoilé un plan d'action de 800 millions d'euros pour accélérer leur développement, en particulier pour démultiplier les bornes de recharge.

Depuis le scandale du Dieselgate, les révélations se sont enchaînées sur le fossé entre les émissions de gaz polluants déclarées par les constructeurs et celles effectivement produites sur les routes et l'UE peine à rétablir la confiance dans son industrie automobile.

Plusieurs métropoles européennes ont annoncé leur volonté d'éliminer les moteurs à combustion, à l'image de Paris, qui veut en être libérée à l'horizon 2030.

«Cadeau de Noël»

L'ONG Transport & Environnement a immédiatement dénoncé «le cadeau de Noël de Jean-Claude Juncker à l'industrie automobile».

Les ministres de l'Environnement et/ou des Transports de sept États membres (Luxembourg, Autriche, Belgique, Pays-Bas, Portugal, Irlande et Slovénie) avaient écrit à la Commission pour qu'elle se montre plus ambitieuse, réclamant une réduction pour le secteur automobile de -40% pour 2030, selon une lettre consultée par l'AFP.

L'eurodéputée Verts Karima Delli a de son côté accusé la Commission d'avoir «cédé aux sirènes du lobby automobile mené d'une main de maître par les constructeurs allemands», prédisant un «échec programmé».

«Supprimer les sanctions pour avoir échoué à remplir les objectifs de voitures (propres), c'est marquer un but contre son camp», a lancé Greg Archer, de l'ONG T&E, estimant que cela n'allait pas aider à faire face à la concurrence.

Car pour l'UE, il s'agit aussi de s'organiser pour ne pas rater la mutation du marché automobile vers des véhicules «zéro émission carbone» ou «à faibles taux d'émission», qu'elle définit comme émettant moins de 50 g de CO2/km.

Dans la capitale de l'Union européenne, les taxis «verts» roulent... dans des voitures chinoises, regrettait récemment Maros Sefcovic. Actuellement, déplore la Commission, seuls 6 modèles de voitures électriques sont disponibles dans l'UE, contre plus de 400 en Asie.

«La course a déjà commencé», a asséné M. Sefkovic, qui a lancé un plan pour développer le secteur européen de la batterie électrique, qu'il voit comme le secteur clé à conquérir dans une économie mondiale de plus en plus connectée.

Les autres mesures du paquet de la Commission visent à développer la diversité des modes de transport ou encore les bus passagers longue distance.




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