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Des Palestiniennes réalisent leur rêve de liberté au volant de bolides

Betty Saadeh, 31 ans, vient d'une famille de pilotes  automobiles.

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Betty Saadeh, 31 ans, vient d'une famille de pilotes automobiles.

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Sara Hussein | Agence France-Presse

Publié le 4 septembre 2012 | Mise à jour le 18 septembre 2012 à 12h49

Née au Mexique, Betty Saadeh a vécu aux États-Unis avant  que ses parents  décident de rentrer en Cisjordanie quand elle avait 13  ans.

Née au Mexique, Betty Saadeh a vécu aux États-Unis avant que ses parents décident de rentrer en Cisjordanie quand elle avait 13 ans.

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Ramallah, Cisjordanie - Avec ses ongles orange vif, son sac à main Michael Kors et son jean moulant, Maysoun Jayyousi n'a vraiment pas l'allure d'une championne automobile. Jusqu'au moment où cette Palestinienne s'assoit derrière le volant.

À peine enclenché le contact de son bolide, elle est déjà loin, loin devant les autres voitures des rues encombrées de Ramallah, en Cisjordanie, saluant sur son passage les passants éberlués.

Il est facile de comprendre pourquoi son équipe - la première équipe féminine de course automobile du Moyen-Orient - a été surnommé les «Speed Sisters».

Les six jeunes femmes entre 20 et 35 ans, chrétiennes et musulmanes, ont dû convaincre des parents sceptiques, s'adapter aux contraintes de l'occupation israélienne et faire fi des préjugés d'un public parfois désapprobateur pour devenir des stars locales et le sujet d'un documentaire.

«Nous avons le sentiment d'être libres quand nous sommes derrière le volant. C'est un moyen d'échapper à tout ce qui nous entoure», explique une des «Speed Sisters», Mona Ennab, 26 ans.

Maysoun Jayyousi confie que son amour de la vitesse est né pendant les longues heures passées à attendre aux postes de contrôle de l'armée israélienne en Cisjordanie occupée. «Je me sentais tellement déprimée aux barrages (militaires). La vitesse m'a sortie de cet état en me redonnant un sentiment de puissance, raconte-t-elle à l'AFP. Quand le soldat te laisse finalement passer, tu as envie de t'envoler.»

Elle a pris des cours de conduite dans le dos de ses parents après avoir obtenu son diplôme de commerce de l'université de Bir Zeit, les payant avec son salaire. En 2010, quand le président de la Fédération palestinienne des sports automobiles Khaled Qaddoura remarque sa conduite sportive, il lui propose de participer à un stage d'entraînement avec d'autres jeunes Palestiniennes, commandité par le British Council. Les «Speed Sisters» sont nées.

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Mona a commencé à conduire sans l'autorisation de ses parents, avant même d'avoir l'âge de prendre des leçons: «Je piquais la voiture de ma soeur et conduisais sans avoir mon permis», se souvient-elle. Au volant, elle semble n'avoir peur de rien. Dans le stationnement d'un abattoir, le meilleur terrain d'entraînement disponible pour le moment, elle lance sa voiture dans un dédale de cônes. Elle sourit effrontément devant les spectateurs ébahis lorsqu'elle laisse déraper l'arrière de son bolide dans un crissement de pneus en tournant autour d'un cône.

Pressions sociales

Pour ces jeunes Palestiniennes, la course automobile est aussi un moyen d'échapper aux pressions sociales. «Dans notre culture, on nous inculque qu'il faut écouter nos parents, mais quand je suis dans la voiture, je peux faire ce que je veux. Je me sens complètement libre», affirme Maysoun Jayyousi.

Mona ??Ennab, 26 ans, a commencé à  conduire sans l'autorisation de ses parents, avant même d'avoir l'âge de  prendre des leçons.

Mona ??Ennab, 26 ans, a commencé à conduire sans l'autorisation de ses parents, avant même d'avoir l'âge de prendre des leçons.

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Ses parents ont découvert sa passion en lisant un journal local. «Ma mère s'est écriée: "Mon Dieu, tu vas mourir"!», ironise-t-elle.

Betty Saadeh, une autre «Speed Sister», n'a pas eu à affronter les foudres familiales, mais la concurrence de son père et de son frère. Cette blonde glamour vient d'une famille de pilotes automobiles. «Mon père est un champion à Mexico ainsi que mon frère. J'ai ça dans le sang et il y a une vraie rivalité dans la famille», témoigne-t-elle.

Née au Mexique, Betty a vécu aux États-Unis avant que ses parents décident de rentrer en Cisjordanie quand elle avait 13 ans. «Je veux vivre ici, c'est mon pays. Pourquoi ne pas prouver au monde que les femmes palestiniennes sont capables de tout?», lance-t-elle, «quand je porte le drapeau palestinien en compétition, cela montre bien ce que nous voulons, un pays et nous y avons droit».

Toutefois, l'occupation israélienne pèse sur les entraînements. Les «Speed Sisters» se retrouvaient au départ sur un terrain vague près de la prison militaire d'Ofer, mais il est devenu inutilisable, jonché de débris - pierres, balles caoutchoutées, vieilles cartouches de gaz lacrymogène - abandonnés après les heurts récurrents entre manifestants palestiniens et forces de sécurité israéliennes.

Quant à la pratique du rallye à travers les Territoires palestiniens, elle est impossible car ils sont occupés, fragmentés et parsemés de postes de contrôle israéliens.

Pourtant, les «Speed Sisters» ne renoncent pas à rêver. Celui de Betty est de «courir en F1»: «Mon rêve est de piloter sur le circuit de Silverstone».

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Commentaires (2)
  • Est-ce que Betty Saadeh représente vraiment le modèle féminin des Palestiniennes?
  • Je ne dis pas cela parce que sont des femmes, loin de là, mais la première ne semble pas savoir que ce type de casque s'attache sous la gorge, pas sur le menton... Ça fait plus pub de magazine que pilote de course... Pas très sérieux. Ceci étant dit, bravo à celles qui se lancent dans ce métier! Le sport manque de Catherine Legge et de Danika Patrick.

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