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Virage vert: le sport auto, de cancre à premier de classe

Montré du doigt pour la nature de sa compétition, le Rallye Dakar a redoublé d'efforts si bien qu'aujourd'hui, son impact environnemental est presque quatre fois moindre que le tournoi de tennis de Rolannd Garros.

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Montré du doigt pour la nature de sa compétition, le Rallye Dakar a redoublé d'efforts si bien qu'aujourd'hui, son impact environnemental est presque quatre fois moindre que le tournoi de tennis de Rolannd Garros.

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Françoise Chaptal | Agence France-Presse

Publié le 4 janvier 2013 | Mise à jour le 18 janvier 2013 à 10h49

Paris - Le rallye Dakar qui s'élance samedi de Lima en est une caricature, mais au delà de cet exemple tonitruant la pratique du sport de compétition ou de loisir, quelle que soit la discipline, a un impact non négligeable sur l'environnement.

Principe de base: entre 80% et 90% des émissions de gaz à effet de serre (GES) générées par un événement sportif proviennent des déplacements qu'il engendre. D'où le constat dressé par un conseiller ès développement durable auprès du ministère français des Sports: «Une course de moto a beaucoup moins d'impact que 300 randonneurs qui prennent leur voiture un dimanche matin».

Montrés du doigt, les sports prétendus «sales» ont réagi plus vite que les autres. Le Dakar a ainsi établi son bilan carbone en 2007 pour prouver qu'il était par exemple moins nuisible qu'une édition du tournoi de tennis de Roland-Garros (43 000 tonnes de GES contre 156 000).

Paradoxalement, ASO, l'organisateur du Dakar, rechigne à calculer le bilan carbone de son fleuron, le Tour de France cycliste, désastreux pour l'environnement derrière son image «écolo».

Le sport automobile, menacé dans sa survie même par son image de pollueur et la raréfaction des énergies fossiles, a en fait pris le virage du développement durable dès la fin des années 2000.

Idem pour certaines stations de sports d'hiver montrées du doigt pour leur utilisation irraisonnée de la neige artificielle ou la construction anarchique de remontées mécaniques.

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Pour la Coupe du monde de football 2022, le Qatar construira 12 stades climatisés.

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Qatar: soccer sous climatisation

Au delà des boucs émissaires traditionnels, c'est toute l'organisation de la pratique sportive qui est à corriger. En France par exemple, 50% des 260 000 équipements sportifs ont plus d'un quart de siècle. Mauvaise isolation, surconsommation d'eau ou d'électricité, piètre accessibilité par les transports en commun: tout est à revoir.

Leur rénovation est un défi et la construction de nouveaux bâtiments pensés dès le départ en termes environnementaux est souvent plus sensée, comme on le constate pour le programme de construction de grands stades en vue de l'Euro 2016. De même, on ne compte plus les éco-stations de sports d'hiver, les gobelets biodégradables imposés sur les marathons ou bien les parcours de golf qui tentent de compenser leur gourmandise en eau - un 18 trous représente la consommation d'une ville de 7000 habitants.

De la poudre aux yeux? Oui, accuse Jean-Luc Bennahmias, un ex-élu Vert français, «surtout quand dans le même temps la FIFA offre la Coupe du monde de football 2022 au Qatar, qui va construire 12 stades climatisés». Douze stades qui seront remplis par des spectateurs arrivés quasiment tous par avion et ne seront jamais plus utilisés à plein après la compétition... Bref, un non-sens écologique majuscule!

Environnement: les mauvaises notes du sport

Les Jeux olympiques de Londres ont produit en deux semaines autant de  gaz à effet de serre que 200 000 foyers européens en une année...

Les Jeux olympiques de Londres ont produit en deux semaines autant de gaz à effet de serre que 200 000 foyers européens en une année...

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Les Jeux olympiques de Londres ont produit en deux semaines autant de gaz à effet de serre que 200 000 foyers européens en une année... Et ce n'est qu'un exemple des mauvais comportements associés à la pratique du sport de compétition ou de loisir.

> 3,4 millions de tonnes de gaz à effet de serre: le rejet des JO de Londres qui détiennent la palme en la matière devant la Coupe du monde de football (2,75 millions), une saison de Coupe du monde de ski alpin (800 000), la Coupe du monde de rugby (570 000), Roland-Garros (156 000), le Rallye Dakar (43 000), et les grands Prix de F1 (10 à 20 000 chacun, soit 300 000 en moyenne pour une saison). Par comparaison, un foyer français produit 17 tonnes de GES par an.

> 450 000: le nombre de bouteilles ramassées après le Marathon de Paris chaque année. Il y a 10 000 courses sur route en France chaque année.

> 12 000 tonnes: le poids des déchets d'un Tour de France.

> 800 000 m3: le volume d'eau utilisé en France par les écoles de voile chaque année pour le rinçage du matériel.

> 200 000 habitants: comme la ville de Rennes, dont la consommation d'eau annuelle correspond à une semaine de douches des sportifs en France.

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Commentaires (3)
  • Le GP de F-1 de Montréal est probablement un des plus écolo avec la majorité des spectateurs qui y viennent en métro.
    Pour ce qui est de la coupe du monde du Qatar. il est doublement polluant puisqu'il payé avec les profits venant de la vente du pétrole .
  • @ kaybike
    Bon commentaire. Attention toutefois car tout est relatif. Être bon quand la moyenne est faible, ça reste qu'il n'y a pas de quoi se vanter. De plus, un des problèmes du Paris-Dakar est l'impact des véhicules sur l'environnement. Les marathoniens en ville n'écrasent pas beaucoup de végétation... Je ne suis pas certain que c'est comptabilisé dans le bilan du Paris-Dakar.
    N'empêche, c'est un pas dans la bonne direction. Maintenant qu'on saisi mieux le problème, on peut travailler sur les solutions. Et vous avez aussi raison. Entre conduire une prius en fou ou une voiture avec uniquement un moteur à essence mais en pratiquant l'écoconduite?
  • Je suis un amateur de longue date de sports mécaniques. Voilà enfin un article qui met réellement les choses en perspectives! Merci, vous m'enlevez un peu de la culpabilité que je ressens en regardant une course ou un rallye!

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