Tout le monde n'aime pas la F1 à la sauce américaine

Le président du conseil d'administration de Ferrari, Sergio Marchionne,... (photo : AFP)

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Le président du conseil d'administration de Ferrari, Sergio Marchionne, n'a pas énoncé son opinion définitive sur l'influence de Liberty Media sur la F1, mais il a dit durant la saison qu'il n'est pas intéressé à faire jouer Ferrari dans un gros «Nascar à l'échelle mondiale». On le voit ici durant les qualifications du GP d'Italie le 2 décembre dernier.

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Agence France-Presse

Débarqués en janvier avec l'ambition de faire de chaque Grand Prix un mini Super Bowl et recréer l'engouement autour de la Formule 1, ses nouveaux propriétaires américains, le groupe Liberty Media, ont déjà imprimé leur marque, faisant des enthousiastes mais aussi quelques mécontents de poids.

«Nous avons 21 courses, ce devrait être autant de Super Bowl, résumait en janvier le nouveau patron, Chase Carey, décidé à contrer la désaffection croissante pour la F1. Ce devrait être des spectacles grandioses d'une semaine, avec du divertissement et de la musique, des manifestations qui s'emparent de toute une ville».

Moins exclusif, plus populaire

Le GP national de Liberty Media, à Austin (Texas) fin octobre, a déjà donné une idée de ce que pourrait être la F1 à la sauce américaine.

Le sprinteur star Usain Bolt a donné le départ du tour de formation et fait les interviews sur le podium. 

Les qualifications ont été retardées pour ne pas faire patienter le public trop longtemps avant le concert de Justin Timberlake.

L'annonceur-maison Michael Buffer, et son fameux «Let's get ready to rumble», a orchestré une mise en scène façon combat de boxe.



Pour renforcer l'attractivité d'une discipline achetée à prix d'or, Liberty Media souhaite notamment voir plus de courses présentées en diffusion libre à la télé et développer les compétitions de e-sport autour du jeu vidéo officiel de la F1.

«C'est un spectacle» et les gens semblent aimer

«Nous voulons faire tomber un peu le rideau d'exclusivité qui entoure ce sport», conçu à la fois comme un «spectacle» et une «marque», expliquait le directeur des opérations commerciales, Sean Bratches, à l'AFP en juillet.

Les pilotes investissaient alors le centre-ville de Londres pour une démonstration inédite, avant le GP de Grande-Bretagne. Une initiative amenée à se reproduire, peut-être même dans les rues de Marseille l'an prochain, pour le retour du GP de France.

Avant cela, un premier signe de changement en disait déjà long, après quarante ans de règne dans la plus grande opacité du Britannique Bernie Ecclestone. En février, les images des essais hivernaux ont pullulé sur les réseaux sociaux, postées par des écuries et des pilotes jusque-là muselés pour protéger les diffuseurs.

Autant de mini-révolutions qui semblent plaire aux fans, de nouveau majoritairement «satisfaits de la manière dont la discipline évolue», d'après une étude dévoilée en mai par le groupe de médias spécialisé Motorsport Network et le cabinet Nielsen Sports.

Interrogés en marge du dernier GP de la saison, les pilotes, eux aussi, estimaient que la F1 évolue «dans la bonne direction», à l'exception peut-être de la mise en scène d'Austin.

25 courses par an ?

Prochaine étape évoquée par les décideurs américains: le passage à 25 courses, dont plusieurs aux États-Unis, en ville, organisées par aires géographiques et pourquoi pas selon des formats plus courts, en supprimant par exemple les essais du vendredi.

C'est là que les dents commencent à grincer: outre les pilotes, qui ne souhaitent pas passer davantage de temps en déplacement, les écuries sont loin d'avoir toutes les moyens d'embaucher pour tenir un tel rythme.

Parmi les propositions plus ou moins farfelues à l'étude figurent aussi des monoplaces lestées en fonction de leur classement, des grilles inversées ou avec trois monoplaces par ligne contre deux actuellement, la tenue d'une course sprint le samedi, la suppression du DRS, du monopole de Pirelli dans la fourniture de pneus et des drapeaux bleus, ainsi que le retour des ravitaillements en essence.

La F1 nouvelle se veut aussi plus bruyante et plus équitable après 2020, grâce à un nouveau règlement.

Un gros NASCAR à l'échelle mondiale ?

«Jouer au La Fédération internationale de l'automobile (FIA), qui édicte les règles, en a dévoilé les bases à l'issue d'une réunion avec Liberty Media et les motoristes fin octobre. S'il conserve le moteur V6 hybride, celui-ci devrait être plus sonore, pour satisfaire un grief récurrent des fans, et surtout plus standardisé, et par conséquent moins cher à développer.

Les petits voient ce changement d'un bon oeil, à l'instar du patron de Haas, Gene Haas, qui souhaite que «les équipes du fond puissent au moins avoir une chance de gagner de temps en temps». Du côté des constructeurs, par contre, cette annonce a brutalement mis fin à la lune de miel.

«Leurs projets pour le futur m'inquiètent», a ainsi confié Niki Lauda, président non-exécutif de Mercedes. «C'est vrai que les propriétaires américains avaient besoin de temps pour comprendre ce qu'est la F1 mais ce délai est sur le point d'expirer.»

Ils «répètent qu'il faut niveler les performances mais c'est contraire à l'ADN de la F1. Il est idiot de penser que, pour rendre les Grands Prix plus attractifs, il faut un vainqueur différent chaque week-end», assure l'Autrichien.

Quant au directeur des Flèches d'argent, Toto Wolff, il regrette que l'on cherche à «séduire d'éventuels nouveaux arrivants plutôt que de conforter ceux qui sont engagés depuis des années».

Ferrari, par la voix de son patron Sergio Marchionne, a même menacé de quitter «le bac à sable» en l'absence de concessions vis-à-vis des «top teams». «Je ne veux pas jouer au NASCAR à l'échelle mondiale», a-t-il asséné. Pour la Formule 1, ça n'est pas encore l'Amérique...




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