Les «grid girls» avant les départs, c'est fini

En F1, les grilles de départ seront désormais... (Photo Andrej ISAKOVIC, AFP)

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En F1, les grilles de départ seront désormais désertées pas les «grid girls», ces jeunes femmes choisies pour leur plastique pour indiquer l'emplacement des monoplaces.

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Agence France-Presse
Paris

Plus de mannequins sur le bitume... le nouveau propriétaire Liberty Media a mis fin mercredi à une tradition en F1: les grilles de départ seront désormais désertées pas les «grid girls», ces jeunes femmes choisies pour leur plastique pour indiquer l'emplacement des monoplaces.

Cette petite révolution dans le cérémonial léché de la F1 va prendre effet dès le premier Grand Prix de la saison, en Australie fin mars, et s'appliquera à toutes les catégories en lice lors des week-ends de GP.

Liberty Media, aux affaires depuis janvier 2017, estime que cette tradition «ne correspond pas aux valeurs défendues par notre marque et est clairement en contradiction avec les normes sociétales actuelles», explique le directeur commercial de la F1, Sean Bratches, dans un communiqué.

«Nous ne pensons pas que cette tradition soit appropriée ou en accord avec la F1 et ses fans», ajoute-t-il.

La catégorie reine du sport automobile, qui se réinvente sous l'impulsion du groupe américain pour faire plus de place au divertissement, leur préférera désormais des invités de marque, artistes, traditions et produits locaux, indiquent ses dirigeants.

Cette décision intervient à la suite du mouvement MeToo de libération de la parole des femmes face aux violences sexistes et quelques jours après la décision de l'organisation professionnelle de fléchettes du Royaume-Uni de se séparer de ses propres hôtesses.

«Objet sexuel ou publicitaire»

«Merci à la F1 d'avoir décidé d'arrêter d'utiliser des «grid girls». Un autre sport fait un choix clair quant à ce qu'il veut représenter», se félicite l'association britannique de promotion du sport féminin Women's Sport Trust.

«Les marques sentent qu'il y a quelque chose qui est en train de changer», analyse pour sa part Fatima Benomar, cofondatrice du mouvement féministe et LGBT Les Effrontées, interrogée par l'AFP.

«Certains univers masculins comme celui du sport ou de l'automobile ont coutume d'utiliser des femmes pour valoriser leurs produits, regrette-t-elle. Il faut en finir avec ces pratiques qui réduisent les femmes à un objet sexuel ou publicitaire.»

Du côté des pilotes ou du grand public, les réactions ne sont pas unanimes. Mercredi en fin d'après-midi, plus de 70% des sondés sur le site internet du groupe de télévision Sky Sports regrettaient cette disparition.

«Vous pouvez dire que je suis démodé mais pour moi les «grid girls» font autant partie du spectacle que les voitures, les écuries et les pilotes», estime le pilote allemand de Formule E Maro Engel sur Twitter.

«Je suis pour que les pilotes/équipes décident s'ils veulent des femmes, des hommes ou des enfants sur la grille de départ», avance l'ex-pilote de F1 brésilien Lucas di Grassi, qui évolue lui aussi désormais en Formule E.

«Plaisir visuel»

La question de conserver ces jeunes femmes portant drapeaux, parapluies ou pancartes indiquant le numéro des pilotes avait été soulevée par les nouveaux propriétaires de la F1 il y a quelques semaines.

Le directeur sportif, Ross Brawn, avait indiqué lors d'une interview à la BBC en décembre que le sujet était «sérieusement à l'étude». «Beaucoup de personnes veulent respecter la tradition des «grid girls» et certains pensent que c'est dépassé», avait-il résumé.

60% des personnes ayant répondu à un sondage de BBC Sport estimaient alors qu'il fallait les conserver.

«Les grid girls doivent rester», avait lui aussi enjoint le pilote néerlandais Max Verstappen (Red Bull), interrogé par le quotidien allemand Bild. «Ce serait vraiment dommage si on nous privait de ce plaisir visuel sur la grille», avait renchéri l'Allemand Nico Hülkenberg (Renault).

Au Grand Prix de Monaco en 2015, ce sont des hommes qui avaient pris place sur la grille de départ. Une initiative critiquée par l'Allemand Sebastian Vettel (Ferrari). «Quel est l'intérêt d'arriver et de se garer derrière George ou Dave?», avait-il lâché.

La même année, le Championnat du monde d'endurance (WEC) avait rompu avec la tradition des «grid girls».




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