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Lawrence Stroll et André Desmarais se portent acquéreurs de Force India

Le père de Lance Stroll, Lawrence.... (Photo Bernard Brault, archives La Presse)

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Le père de Lance Stroll, Lawrence.

Photo Bernard Brault, archives La Presse

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La rumeur courait depuis plusieurs mois déjà, mais ce n'est qu'hier que l'homme d'affaires québécois Lawrence Stroll a officiellement pris le contrôle de l'équipe de Formule 1 Force India, à la tête d'un consortium dont fait partie André Desmarais, président et co-chef de la direction de Power Corporation.

Actuellement sixième du Championnat du monde de F1, l'équipe avait été placée sous administration judiciaire le 28 juillet après une requête du pilote Sergio Perez. En difficultés financières depuis plusieurs mois, voire plusieurs saisons, Force India s'était retrouvée en défaut de paiement avec plusieurs de ses employés et fournisseurs, notamment Perez.

Stroll, qui est le père de Lance Stroll, l'un des pilotes de l'écurie Willliams depuis la saison dernière, avait déjà été en pourparlers avec cette équipe la saison dernière pour une possible participation financière. Cette année, son nom a souvent été mentionné parmi les candidats au rachat de Force India, mais il ne souhaitait visiblement pas s'associer aux anciens propriétaires. L'un d'eux, l'Indien Vijay Mallya, fait face à des accusations de fraude, de blanchiment d'argent et de malversations financières dans son pays, et il fait l'objet d'une demande d'extradition.

Au moins trois autres groupes avaient contacté la firme chargée de l'administration de l'équipe, FRP Advisory LLP, mais Stroll et ses associés avaient l'avantage d'avoir déjà de nombreux contacts en F1. Les hommes d'affaires Jonathan Dudman, John Idol, John McCaw Jr, Michael de Picciotto et Silas Chou font aussi partie du consortium.

Les nouveaux propriétaires se sont engagés à payer toutes les dettes de l'équipe tout en préservant les 405 emplois à l'usine de Silverstone, en Grande-Bretagne. 

Des fonds ont déjà été dégagés et l'écurie sera en mesure de disputer la suite de la saison à compter du Grand Prix de Belgique, à la fin du mois.

Créée en 2007 après le rachat de l'écurie Spyker F1 par Mallya et l'homme d'affaires néerlandais Michiel Mol (rejoints en 2011 par l'Indien Subrata Roy), l'équipe Force India participe au Championnat du monde de F1 depuis 2008. L'arrivée du motoriste Mercedes en 2009 a permis à l'équipe de progresser régulièrement et elle a pris le quatrième rang au classement du Championnat du monde des constructeurs en 2016 et en 2017.

Le directeur général de l'équipe, Otmar Szafnauer, a indiqué par communiqué : « L'avenir de Force India en F1 est maintenant assuré et nous allons maintenant pouvoir réaliser notre plein potentiel. Nous sommes heureux d'avoir le soutien d'un consortium d'investisseurs qui croient en notre équipe et qui voient le potentiel commercial de Force India en F1 à l'heure actuelle et à l'avenir. Notre équipe s'est toujours démarquée par des résultats bien supérieurs à ses moyens et ces nouveaux investissements nous assurent d'un futur fructueux. »

On murmure dans les paddocks que l'arrivée de Stroll et de son groupe pourrait permettre à Force India de mettre en place des liens plus étroits avec Mercedes, une possibilité qui inquiète plusieurs équipes, Williams en particulier.

Après le patron, le pilote ?

L'acquisition d'une équipe de F1 par un groupe mené par Lawrence Stroll va en amener plusieurs à penser que son fils va bientôt rejoindre les rangs de Force India. On n'en est pas encore là, mais la chose est bien possible.

Chez Williams, Lance Stroll connaît une saison misérable. L'équipe est 10e et dernière au classement des constructeurs et Stroll n'est que 17e (sur 20) au classement des pilotes. La voiture de cette saison, la FW41, est complètement ratée et ses pilotes doivent souvent se battre pour simplement la garder en piste. À 19 ans, Stroll a l'impression de perdre son temps dans cette « galère », et il avouait il y a quelques semaines en entrevue vouloir « garder toutes les options ouvertes pour 2019 ».

Force India est assurément l'une de ses options.

Le marché des pilotes s'est emballé la semaine dernière avec l'annonce du transfert de l'Australien Daniel Ricciardo chez Renault la saison prochaine. À l'exception de Mercedes et maintenant de Renault, toutes les équipes pourraient aligner un ou deux pilotes différents en 2019.

Chez Force India, plusieurs croyaient que le Français Esteban Ocon s'en irait chez Renault, mais l'arrivée de Ricciardo lui a coupé l'herbe sous le pied. Il pourrait encore aller chez McLaren, où certains voient aussi Perez... Chose certaine, les prochaines semaines seront occupées pour les dirigeants de Force India.

Avec 59 points au classement du Championnat des constructeurs, l'équipe est à 7 points de Haas (5e) et à 23 points de Renault (4e).

Une équipe canadienne ?

La plupart des équipes de F1 sont établies en Grande-Bretagne, et ce n'est pas demain que Force India va quitter ses installations de Silverstone pour s'installer en banlieue de Toronto ou de Montréal. Néanmoins, on peut estimer que l'écurie est certainement ce qu'il y a de plus près d'une deuxième équipe canadienne dans l'histoire de la F1.

Walter Wolf Racing

Il faut remonter aux années 70 pour trouver une équipe canadienne en F1, la Walter Wolf Racing, dont les voitures ont pris part au Championnat du monde de 1977 à 1979. Un peu comme Lawrence Stroll, l'homme d'affaires Walter Wolf avait racheté l'équipe de Frank Williams. Ses voitures ont vite été compétitives. Jody Scheckter a même remporté trois victoires en 1977, la meilleure saison de l'équipe, avec une quatrième place au Championnat des constructeurs. Wolf s'est toutefois vite lassé de la F1 et a vendu son équipe au Brésilien Emerson Fittipaldi à la fin de 1979.

Villeneuve et l'aventure BAR

Une autre équipe de F1 a été associée au Canada : British American Racing (BAR), une écurie créée en 1998 sur les bases de l'équipe Tyrrell, dont la majorité des fonds provenait du cigarettier British American Tobacco, mais dont l'un des propriétaires minoritaires était Craig Pollock, l'agent de Jacques Villeneuve. Le pilote québécois, champion du monde en 1997 chez Willlams, avait accepté de participer à l'aventure en échange d'un salaire faramineux, mais les voitures n'ont jamais été compétitives. Pollock a été écarté de la direction en 2002, Villeneuve l'a suivi en 2003. Faute de résultats, les deux hommes y ont ramassé une petite fortune.

Qui sont les sept partenaire du consortium ?

Les chemins de certains des sept partenaires du consortium qui reprennent l'écurie Force India se sont croisés il y a plusieurs années déjà.

LAWRENCE STROLL

Père du pilote Lance Stroll, qui vient de boucler sa saison avec l'écurie Williams, ce milliardaire de 59 ans doit une grande partie de sa fortune au prêt-à-porter. L'homme d'affaires originaire de Westmount a été un haut dirigeant du fabricant de jeans Tommy Hilfiger jusqu'en 2002. Il avait vendu quelques années plus tôt les droits canadiens de Hilfiger à Tommy Hilfiger US. Il a aussi contribué au développement commercial des marques Ralph Lauren et Pierre Cardin au Canada. Connu comme un collectionneur de voitures Ferrari, son nom est associé au circuit de course de Mont-Tremblant. Forbesévalue sa fortune à près de 3 milliards US.

André Desmarais.... (Photo André Pichette, archives La Presse) - image 3.0

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André Desmarais.

Photo André Pichette, archives La Presse

ANDRÉ DESMARAIS

L'homme d'affaires de 61 ans est notamment président et co-chef de la direction de Power Corporation. Avant de se joindre à Power Corporation en 1983, il a été adjoint spécial au ministre de la Justice du Canada et conseiller en placements institutionnels chez Richardson Greenshields. Propriétaire de la Ferme des Quatre-Temps, à Hemmingford, il a été impliqué dans l'actionnariat des Remparts de Québec avant son rachat par Québecor il y a trois ans. Il s'est aussi impliqué dans plusieurs collectes de fonds au fil des ans, notamment celles du Musée des beaux-arts de Montréal, de l'Institut de cardiologie de Montréal, de Leucan, de la Société canadienne du cancer et de Centraide du Grand Montréal. Il a aussi été président du conseil d'administration de La Presse avant sa cession cet été à une nouvelle entité fiduciaire.

SILAS CHOU

Ce milliardaire de Hong Kong de 72 ans reconnu comme un magnat du textile est un partenaire d'affaires de longue date de Lawrence Stroll. Les deux hommes sont devenus à la fin des années 80 d'importants actionnaires de la marque de vêtements de jeans Tommy Hilfiger par l'entremise d'un holding privé. Ce holding a par la suite investi, notamment, dans l'entreprise de vêtements et d'accessoires de luxe Michael Kors.

JOHN IDOL

Président du conseil d'administration et chef de la direction de l'entreprise britannique de vêtements et d'accessoires de luxe Michael Kors. Les bijoux, chaussures, lunettes et parfums font aussi partie des produits de l'entreprise. Dans les années 80 et 90, John Idol a occupé différents postes de direction chez Ralph Lauren.

JOHN MCCAW JR.

Âgé de 67 ans, il est issu d'une famille qui a fait fortune dans les télécommunications. L'entreprise familiale des McCaw a été achetée par le géant AT&T pour 12 milliards US en 1994. Au fil des années, il a notamment détenu des participations dans les Canucks de Vancouver et les Grizzlies de Vancouver. Selon le Seattle Times, il faisait partie en 1992 d'un groupe d'investisseurs mené par Nintendo qui a acquis une participation de contrôle dans les Mariners de Seattle.

MICHAEL DE PICCIOTTO

Décrit comme un expert financier, cet ex-banquier d'affaires a travaillé six ans durant les années 80 dans le secteur des marchés des capitaux pour la Banque Royale du Canada en Europe. Il occupe aujourd'hui un poste de direction chez Engel & Volkers. Cette entreprise allemande de services immobiliers se spécialise dans la vente et la location de propriétés résidentielles et commerciales, mais aussi de yachts et d'avions privés.

JONATHAN DUDMAN

Il est membre de la direction chez Monaco Sports and Management (MSM), firme européenne spécialisée notamment dans la gestion de fortune, l'administration de fiducie, la planification fiscale et le transfert de patrimoine.

- Richard Dufour, La Presse




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