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De «petites forteresses» sur roues

Selon l'ingénieur Julien Dufort, de l'équipe de sécurité routière de l'École polytechnique de Montréal, l'amélioration des véhicules  explique les gros changements observés dans le bilan routier.

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Selon l'ingénieur Julien Dufort, de l'équipe de sécurité routière de l'École polytechnique de Montréal, l'amélioration des véhicules explique les gros changements observés dans le bilan routier.

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Sébastien Templier | La Presse

Publié le 13 février 2013 | Mise à jour le 27 février 2013 à 14h49

Nos voitures sont plus sûres que celles de nos parents. Mais le sont-elles au point d'avoir amélioré à elles seules le bilan routier?

«Autrefois, le véhicule encaissait très peu d'énergie lors d'un impact, il était rigide. Dans les années 60 et 70, le volant était rigide, la colonne de direction n'était pas télescopique, le tableau de bord, pas aussi arrondi. Aujourd'hui, les voitures se déforment énormément sous la force de l'impact. C'est une grosse différence et une nécessité.»

Julien Dufort, ingénieur membre de l'équipe de sécurité routière de l'École polytechnique de Montréal, juge que les modifications apportées à la structure des véhicules et l'instauration de «zones tampons» absorbant les chocs ont grandement contribué à l'amélioration de la sécurité. La ceinture, les coussins gonflables, les renforts dans les portières et la résistance des toits sont autant d'éléments faisant de la voiture un moyen de transport qui, sans être le plus sûr, a subi au cours des 30 dernières années des transformations considérables pour le bien-être de ses passagers.

Simultanément, le bilan des victimes de la route s'est nettement amélioré. Au Québec, par exemple, le nombre de décès sur les routes a presque été divisé par quatre entre 1978 et 2011, selon les statistiques de la Société de l'assurance automobile du Québec (cliquez ici pour consulter le tableau statistique complet). Au-delà des multiples chiffres qu'on pourrait analyser, c'est surtout le taux de mortalité qui est le plus significatif. On recensait ainsi 28 victimes pour 100 000 habitants en 1978, année de l'entrée en vigueur du régime public d'assurance automobile du Québec. En 2011, on compte seulement 6 morts pour 100 000 habitants. Durant cette même période, le taux de blessures graves et légères a presque diminué de moitié - il est passé de 913 à 519 blessés pour 100 000 habitants.

Les chiffres sont implacables. Ce qui fait dire à Jean-Marie De Koninck, président de la Table québécoise de la sécurité routière, que «chaque nouvelle voiture est devenue une petite forteresse».

Mais pour lui comme pour la SAAQ, l'amélioration du bilan routier ne s'explique pas uniquement par les progrès techniques. «Plusieurs facteurs l'expliquent, dit-il. Parmi ceux-ci, on retrouve le fait que les voitures sont conçues de façon de plus en plus sécuritaire; que les routes sont de mieux en mieux conçues; que nos systèmes de premiers soins sont de plus en plus perfectionnés; que les lois sont de plus en plus sévères, et qu'il y a une importante amélioration des comportements des usagers.»

À la SAAQ, «nous ne sommes pas en mesure de déterminer la part de l'amélioration de la sécurité des véhicules dans l'amélioration du bilan routier», confirme le porte-parole Gino Desrosiers.

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Cette part est effectivement difficilement quantifiable, mais elle apparaît tout de même très importante. «La plus grande part de l'amélioration du bilan routier est due à la sécurité des véhicules», assure Éric Salvas, policier reconstitutionniste au Service de police de la Ville de Montréal.

Lors d'une expérience de collision frontale entre une Chevrolet Bel Air 1959 et une Chevrolet Malibu 2009, réalisée il y a un peu plus de trois ans, l'Insurance Institute for Highway Safety a clairement démontré «à quel point les voitures sont plus sûres de nos jours». Et à quel point ce progrès contribue à la diminution du nombre de victimes sur les routes.

Collision frontale Malibu 2009 c. Bel-Air 1959

Pour l'ingénieur Julien Dufort, «l'amélioration des véhicules explique les gros changements observés dans le bilan routier». Plus que les comportements et plus que la répression. Il en veut pour preuve l'une des dernières innovations technologiques: le système antidérapage, installé sur tous les nouveaux véhicules depuis un an et demi. «Les résultats préliminaires des études sur ce système montrent une nette diminution des collisions et des sorties de route grâce à celui-ci», souligne-t-il.

Il n'en va pas de même, cependant, avec les détecteurs d'angles morts ou d'animaux, l'avertisseur de franchissement de ligne et le système anticollision. «Il n'y a pas assez de véhicules équipés de ces systèmes pour tirer des conclusions sur leur efficacité», explique le chercheur.

Les véhicules ont beau être plus sûrs, il n'en reste pas moins que le facteur humain représente la plus grande cause de collisions - 80% des cas. En somme, même si des progrès technologiques et comportementaux ont été accomplis, la machine derrière le volant demeure encore perfectible.

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Commentaires (15)
  • @SMIS
    Très bon documentaire très complet sur Elon Musk et TeslaMotors en effet.
    http://www.youtube.com/watch?v=VUgDcA1pZAM
    La production est de 400 Model S par semaine approx, maintenant.
  • @SMIS
    http://www.youtube.com/watch?v=_ge_CN0-ZRs
    Il le dit ici.
  • @SMIS Tout à fait d'accord avec toi. La première chose que je fais avec un nouveau véhicule en hiver c'est d'aller déraper dans un stationnement vide pour savoir comment le véhicule réagit et comment je peux le rattraper. Je dirais que j'ai facilement sauvé 4 ou 5 accidents en connaissant mon véhicule. J'avais entendu quelque part que dans un pays scandinave (désolé je n'ai pas de détails), l'examen de conduite se faisait en 2 parties: une l'été et une l'hiver. Il faut que le monde cesse de conduire en hiver comme en été. Il faut adapter sa conduite et tout va bien.
    C'est certain que de resserrer les règle d'attribution de permis aurait quelques points positifs: moins de permis = moins d'accidents, moins de traffic, plus de transport en commun donc meilleur service.
  • C'est bien beau les cours de conduite et les simulateurs.
    Sauf que par dessus tout on donne à tous les IMBÉCILES qui en font la demande un permis de conduire.
    Ce n'est pas tout le monde qui a assez de bon jugement pour conduire une auto.
    Pourtant ils sont nombreux a avoir des accident et souvent à les provoquées... i.e.: rouler 80km /hre sur la voie du centre sur l'autoroute. C'est drôlement plus dangereux que de rouler 130km/hre si les conditions le permettre.
    Vous avez tous pleins d'exemples.
    Sauf qu'il n'existe pas de test sur le degré d'imbécilité.
    Et même si il y en avait, la Charte des droits si opposerait...
    Conclusion:Soyons vigilant et Bonne Chance!
  • @ rexie
    est-ce que tu as une vrai référence comme des tests fait par la NHTSA ou de IIHS ?
    Tu as l'habitude de mieux documenter tes info...
    Tu l'as surement déjà vu, alors pour les autres voici le gars dernière Tesla. Quant tu veux et tu peux, ça donne ce genre de résultat. Comparer à hydro, ils pouvait, mais ne voulait pas.
    http://www.youtube.com/watch?v=vV-OXFNKVIM
    Et le moteur a l'air d'un moteur électrique.
  • Quel gaspille, un si beau vieux chevrolet!
    .
    "In terms of active safety, the Tesla Model S is at the top of the class. With all the car's mass down low and between the wheels, the Model S is a very stable platform, and the electric motor's instant torque means the car is quick and responsive in traffic and during overtaking moves. The stability control and anti-lock braking systems are calibrated to the unique instant-on torque and regenerative braking characteristics of an EV. When a crash does happen, the usual complement of passive safety devices, including an array of airbags, kick into play. Beyond that, clever engineering such as the double octagon extrusions front and rear, and the immensely strong roof structure, is working to protect you. Tesla claims the Model S outperforms federal crash standards, having been impact-tested at 50 mph (the mandatory standard is 35 mph) and exceeding the roof crush requirement by a factor of 2.
    Read more: http://www.motortrend.com/oftheyear/car/1301_2013_motor_trend_car_of_the_year_tesla_model_s/viewall.html#ixzz2Ksko5edV"
    "CEO Elon Musk has triumphantly tweeted that the car has passed all crash testing for a five star rating."
    Aucune autre voiture n'a eu 5 étoiles dans tous les tests en 2012.
  • Tiré du livre Radar Business. À qui profitent les radars?
    Denis Boulard
    Publié chez First Document
    Juin 2012


    "Affirmer que les radars sont les seuls responsables de la baisse du nombre des victimes est au mieux une bêtise. Et au pire de la mauvaise foi. Comment nier que ces résultats sont aussi -et d'abord- dus aux progrès accomplis dans la sécurité des véhicules? Ou dans la réduction du temps d'intervention des secours grâce aux téléphones portables? Ou encore grâce au port obligatoire de la ceinture de sécurité? Observons pour essayer d'en finir avec des affirmations étonnantes que le «risque zéro» n'existe pas. Selon l'un des plus éminents chercheurs internationaux en la matière, le norvégien Rune Elvik, pour arriver à cet illusoire «risque zéro», il faudrait limiter la vitesse des véhicules terrestres à moteur à 12 km/h au maximum! Et interdire la circulation des deux roues à moteur."
  • bonne idée le simulateur. La technologie servirait vraiment!
  • Il faut aussi dire que nous sommes pas mal moins tolérants pour l'alcool au volant. Des personnes plus âgées m'ont souvent dit que des trajets se comptaient en "bières" : par exemple, Québec-Chicoutimi par le parc des Laurentides, c'était trajet bon pour un "pack de six".
  • Une partie des cours de conduites devraient être faite sur des simulateurs. Cela existe en Europe. Les conditions de conduites difficiles seraient enseignés et par la suite essayer.
    L'examen de conduite sera en deux parties: L'une sur la route et l'autre sur simulateur. avec des situations de conduites difficiles.
  • @paul, l'oppression n'est pas un moyen très pro-actif. Ceux qui en ont les moyens en ont rien à faire et beaucoup de gens ont un dossier de conduite parfait parce qu'ils ne ce sont pas fait prendre tout simplement. Suffit d'avoir l'oeil attentif pour éviter les pièges des agents du percepteur. Comme vous le dites justement, ce sont les compétences...de conduite qui importe.
    -
    Un vrai cours de conduite est la solution. Les cours actuels sont accés sur la signalisation et le respect des rêgles, pas sur la maitrise d'un véhicule. Les voitures sont tellement facile à conduire, que mon gars de 7 ans pourrait le faire s'il touchait aux pédales. Une bonne session obligatoire en hiver, avec dérapage et récupération. Mais là, il y aura moins de permis de délivré...
  • Merci pour cet article très intéressant.
    Ça confirme ce que je dis: la conduite, c'est 95% le conducteur. C'est la raison pour laquelle on voit des véhicules avec des tractions intégrales et des super pneus prendre le champ...
  • Exellent papier et bien présenté, à mon avis.
    -
    @paul.dussault1
    En toute chose, les commencements sont toujours ce qui portent les mouvements et leurs résultantes. En effet, des cours de conduites obligatoires de qualité relevant de l'excellence d'experts sont, selont mon opinion, ce qui prédisposerais à toute fin pratique à toute amélioration du comportement du parc routier en circulation sur les routes du Québec.
    -
    Votre suggestion concernant : ''Réviser les permis de conduire aux cinq ans''., est en partie nécessaire, toutefois ce qui est requis tout particulièrement c'est ce qui concerne le droit de circulation et d'usage de véhicules routiers par les touristes étrangers et les nouveaux résidents et nouveaux citoyens étrangers québécois et canandiens sur nos axes de circulations routières. En effet, s'il y a faiblesses d'usages et de coutumes qui pénalisent nos moeurs et usages coutumiers québécois de conduite chez nous et qui influencent une partie de la population routière québécoise native, cela est bien ce qui est étranger à notre loi et code de conduite automobile.
    En exemple, la non utilisation de plus en plus répendue du clignotant d'intention de virage à droite ou à gauche sur les routes et aux coins des rues et, aussi lorsqu'il y a emprunt d'une bretelle d'accès à une autoroute pour signaler notre intention d'usage, afin que tout ce passe sans incident, tant pour ceux qui roulent sur l'autoroute sur la voie de droite comme pour celui qui s'y engage. Il y a en plus d'autres cas comme celui-ci à corriger et à restreindre évidemment.
    -
    Améliorer les conditions de circulations routières selon un idéal responsable, ne signifie en rien être idéaliste. Tendre vers cet idéal le plus possible tout en tenant compte que les routes et autoroutes n'ont pas été prévue pour des robots machines, mais pour les êtres humains en forces et en faiblesses. Et il en est tout à fait juste et bien ainsi dans le royaumes des êtres humains ... tant qu'il y en aura. :)
  • La science nous indique donc que le résultat au final n'est que de nature humaine. Peu importe les améliorations physiques, le bilan repose sur les habitudes de conduite. Ou les compétences... de conduite.
    Alors il faut agir là où le bat blesse. Réviser les permis de conduire aux cinq ans. Livrer les permis sur la base d'un dossier antérieur adéquat. Augmenter les peines relatives aux délits et exclure de la route les récidivistes. Tout le reste n'est que métal tordu !
  • le sujet de l'heure!

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