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La dérive vers la familiale est une tendance lourde depuis longtemps chez Audi - une A4 sur deux vendues en Allemagne est une familiale. C'est toutefois loin d'être le cas en Amérique du Nord, où les familiales ne représentent grosso modo que 15 % des ventes d'A4. Ici, Mercedes a jeté l'éponge (la classe B se charge des clients en quête d'espace). De son côté, Audi persévère, même si, comme BMW avec sa Série 3 Touring, elle n'en tire pas de grands bénéfices.
Comme toujours, pour apprécier pleinement la solidité d'une Audi et pour bien se rendre compte de la qualité de sa fabrication, il suffit de la laver à la main. Elle est solide en dehors, mais aussi en dedans. Les portières s'ouvrent toutes grandes pour vous accueillir dans des baquets étonnamment fermes qui, plutôt que de vous garder frais et dispos, épuisent sur de longs parcours. Ce n'est rien par rapport aux souffrances que les occupants de la banquette arrière devront endurer. Ils devront composer avec un dégagement limité, comparativement à celui de certaines concurrentes. C'est à se demander si Audi n'aurait pas intérêt à nous offrir, à nous aussi, la version L (empattement allongé) de l'A4 commercialisée en Chine... En revanche, Audi ne lésine pas sur les accessoires qui, hélas, exigent trop souvent un débours additionnel.
Bien qu'une familiale soit souvent plus pratique qu'une berline, rappelons que l'A4 Avant joue davantage la carte de l'élégance que celle du volume de chargement. Il est vrai que son coffre avale difficilement armes et bagages. Son volume est insuffisant (à peine supérieur à celui d'une Série 3) et, d'autre part, sa finition luxueuse (moquette épaisse, chromes et plastiques haut de gamme) n'invite pas vraiment à le charger comme la benne d'une vulgaire camionnette. Par contre, reconnaissons que le hayon s'ouvre sur un espace fonctionnel et sécuritaire. Cependant, pour en tirer pleinement profit, il est impératif d'utiliser un rideau escamotable qui permet de profiter pleinement de l'espace utile sans compromettre votre sécurité lors d'un freinage brusque.
Les qualités du quatre-cylindres de deux litres suralimenté par turbocompresseur de l'A4 sont bien connues et appréciées. Robuste et souple, ce moteur fait galoper suffisamment de chevaux et une quantité plus impressionnante encore de couple (258 livres-pieds). Du coup, les reprises, plus représentatives d'un usage quotidien que les accélérations, impressionnent. D'une très grande élasticité, cette mécanique permet des dépassements rapides et l'entrée en service du turbocompresseur est quasi imperceptible. De plus, ce deux-litres s'entend très bien avec la boîte semi-automatique qui l'accompagne. Vous préférez la manuelle? Nous ne vous la recommandons pas. Elle ne contribue nullement à hausser le plaisir de conduite.
En dépit de son poids, l'A4 Avant brille au chapitre de la consommation, comme en font foi les mesures réalisées au cours de cet essai. Seul ennui, cette mécanique ne consomme que du super. En fait, l'élément le plus gênant de ce moteur est sans contredit son niveau sonore à froid. Avant d'atteindre sa température de fonctionnement normale, ce deux-litres tourne «un peu carré». Il existe aussi un V6, mais son rendement ne justifie pas le coût demandé par le constructeur germanique.
Sur le plan du comportement routier, l'A4 a au fil des refontes beaucoup progressé. Par exemple, sa direction est plus dynamique, plus agile et plus précise. Mais Audi n'a cependant pas encore atteint, sur chaussée sèche, la maestria de sa voisine et rivale de Munich, la Série 3. En revanche, et contrairement à cette dernière, l'A4 aborde avec plus de bonheur les imperfections de la chaussée, mais sans atteindre toutefois le même moelleux qu'une Classe C de Mercedes voire qu'une S60 (équipée de la suspension 4C) de Volvo. L'amortissement de l'Avant est ferme, sans être inconfortable pour autant. Mais le gain apporté par cette refonte est que les suspensions ne sont plus aussi bruyantes qu'autrefois. Cela dit, il importe d'y penser deux fois plutôt qu'une avant de cocher l'option Sport et de mettre des pneus de 18 po à cette A4. Les 17 po de série sont parfaitement adaptés à un usage quotidien.
Un mot sur l'option Drive Select. Elle permet d'optimiser l'efficacité de la A4 sur une route tortueuse. Ce dispositif agit en simultané sur plusieurs paramètres (amortissement, assistance de direction, rapidité des changements de vitesses, etc.). A priori, on serait tenté de croire qu'il s'agit là d'un - autre - gadget, mais le mode individuel (il y en a trois autres) chasse cette impression. Comme son nom l'indique, il permet de personnaliser les réglages en fonction du terrain ou de votre coup de volant.
Très aboutie, cette A4 Avant n'a hélas pas le côté fonctionnel propre à une familiale. On la préférera peut-être à la berline pour son style, mais certainement pas pour ses qualités de «déménageuse». Pour cela, Audi vous invite à monter à bord du Q5.
Audi - A4 2012: Le style avant tout
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