| Commenter Commentaires (8)

BMW X4: l'affaire est-elle dans le SAC?

Publicité

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

Publicité

Éric LeFrançois

Collaboration spéciale

La Presse

(Bilbao, Espagne) Dépasser les notions de beauté et de laideur pour proposer un style différent. Plusieurs constructeurs automobiles ont relevé ce pari. Tous se sont cassé la figure, sauf BMW. Son étrange métissage d'un coupé et d'un VUS - chez BMW, on dit Sport Activity Coupe (SAC) - a déjà rencontré son public avec l'élitiste X6. Le X4 lui emboîte aujourd'hui le pas, mais l'affaire est-elle pour autant dans le SAC?

Soucieuse de trancher avec l'homogénéisation fade de la concurrence, BMW y est allée d'une proposition courageuse: le Sport Activity Coupe (SAC). Après la présentation d'une étude de style en 2001, la marque allemande a fait le saut et annoncé sept ans plus tard la mise en production d'un modèle de série: le X6.

Contre toute attente, celui-ci a remporté un succès d'estime (plus de 250 000 unités produites) alors qu'Acura, qui a relevé presque en simultané le même défi avec un concept similaire (ZDX), a échoué lamentablement. Allez comprendre.

Qu'on aime ou non l'approche stylistique du SAC, il faut aujourd'hui reconnaître qu'il fait école. Déjà Mercedes et Audi peaufinent la mise au point de véhicules qui adoptent sensiblement le même profil. Donc, pour reprendre une expression chère au regretté Yves Saint Laurent, «les modes passent et le style reste». En clair, ce look bizarroïde va non seulement durer, il va aussi se multiplier au cours des prochaines années.

Le X4 s'insère dans le portefeuille «utilitaire», lequel, à ce jour, représente le tiers des ventes de la marque, rien de moins.

Sentiment de faire corps

Puisque le X4 se range dans la famille des utilitaires de BMW, comparons-le à ses «semblables». Donc, par rapport à un X3, il est plus long, mais surtout plus bas. C'est surtout ce que l'on retient en se laissant tomber dans les sièges. Les assises, aussi bien à l'avant (- 20 mm) qu'à l'arrière (- 28 mm), se trouvent abaissées et contribuent ainsi à créer cet effet «coupé» tant recherché.

Publicité

Seul ennui, les passagers à l'arrière, les tout-petits surtout, se sentiront confinés. La marque à l'hélice bleu et blanc présente le X4 comme un cinq-places, il n'en est rien. Bien sûr, on retrouve trois ceintures de sécurité et autant d'appuie-tête, mais le dessin de la banquette est plus approprié pour deux. Un troisième occupant devra subir les coups de genoux, de coudes et d'épaules de ses voisins, en plus de devoir composer avec un dossier étroit et dur comme un banc de parc. À défaut d'être confortable, cette portion du dossier nous fait le bonheur de se rabattre indépendamment des deux autres, ce qui favorise notamment le transport de longs objets. À ce chapitre, un sac pouvant contenir skis et planches à neige est proposé, moyennant un déboursé de 200$.

Le hayon à commande électrique va jusqu'à s'ouvrir en balayant le pied sous le pare-chocs - à l'instar de celui de certaines Ford -, mais cette attribution est réservée aux clients qui cocheront l'option appropriée. Puisqu'il en est question, la dotation du X4 laisse la porte toute grande ouverte à la personnalisation de deux versions offerte (28i et 35i) au Canada.

La présentation générale ne diffère guère de celle d'un X3. Même tableau de bord, même disposition des commandes, mêmes avancées technologiques. Hormis le levier détestable - comme dans toutes les BMW - qui refuse d'obéir promptement, c'est joliment exécuté, mais considérant l'objectif de faire du X4 un objet de convoitise, c'est loupé. On aurait souhaité que le contenu (habitacle) soit aussi distinctif que le contenant (carrosserie).

Amuse-pied

Pour l'heure, le X4 compte deux déclinaisons à son catalogue canadien, mais BMW garde visiblement le meilleur pour plus tard. En effet, des versions plus puissantes, vraisemblablement tatouées du logo M (pour Motorsport), se trouvent en cours de gestation pour mieux se mesurer à la Macan de Porsche. Déjà, la rumeur envoie le six-cylindres 4 litres suralimentés des m3 et m4 sous le capot de ce coupé transgénique.

D'ici là, BMW concentre son offre sur ses moteurs quatre et six cylindres à essence. Au cours du lancement de presse, la firme allemande a limité notre essai à la seule version six-cylindres (35i) et l'on peut comprendre pourquoi en survolant la fiche technique.

Arrêtez-vous au poids de ce véhicule. Dans sa configuration six cylindres, il affiche 1932 kilogrammes. C'est très lourd et le quatre-cylindres est à peine plus léger (1873 kg). BMW estime l'écart à près d'une seconde (0-100 km/h), nous soupçonnons la variation plus importante. Pour être en adéquation avec l'image qu'il projette, le six-cylindres de 300 chevaux nous apparaît comme le moteur de choix au pays. Hélas la différence de prix entre les deux motorisations (près de 10 000$) et leurs équipements respectifs peinent à trouver justification à nos yeux.

Peu importe la mécanique retenue pour le remuer de sa position statique, le client aura à lutter contre le levier de boîte difficile à guider, surtout lorsqu'on cherche à passer la marche arrière. Les huit rapports qui le font avancer ne posent aucun problème, les commandes se trouvent dupliquées au volant. Allez hop: 1-2-3-4-5-6-7-8, l'étagement ne souffre d'aucune critique particulière et contribue à bien exploiter la motorisation à laquelle cette boîte est liée. Le moteur pousse et pousse encore, sans haleter.

Sur sa lancée, le X4 fait oublier son poids, mais en courbe, il se rappelle à notre mémoire. Il apparaît alors un brin balourd. Il change d'appui d'un bloc, mais on a le vague sentiment que tout le véhicule n'a pas suivi complètement. Une impression qui se dissipe au fil des kilomètres. Le toucher de la direction manque de ressenti, mais BMW se ménage ici sans doute une transition avec la version M, qui aura une plus grande sensibilité.

En revanche, le diamètre de braquage demeurera toujours aussi immense, ce qui nuit à son agilité en milieu urbain. Mentionnons par ailleurs que les pneumatiques anticrevaison (run-flat) manquent également de souplesse, mais l'option 20 pouces (1200$) apparaît la meilleure, à défaut d'être la plus économique de l'heure.

Quant à l'élasticité des suspensions et des réactivités de la direction et de la transmission, c'est selon le programme retenu. BMW en propose trois (Confort, Sport et Sport+). Le mode Sport apparaît comme le meilleur compromis, mais BMW aurait tout intérêt à en offrir un quatrième (Automatique?). Celui-ci permettrait l'ajustement aux habitudes de conduite de celui ou celle qui se trouve au volant.

Finalement, le X4 sacrifie peut-être la fonctionnalité au profit des formes, mais il a le mérite d'explorer un style susceptible d'éviter aux amateurs d'utilitaires de sombrer dans la même lassitude que les acheteurs de berlines traditionnelles. Pour cette raison seulement, l'affaire est dans le sac.

Les frais d'hébergement et de transport ont été partiellement payés par BMW Canada.

Il y a longtemps que les études conceptuelles présentées dans les salons automobiles ne sont plus des engins futuristes sans lendemain. La silhouette très particulière du Sport Activity Coupe remonte à près d'une quinzaine d'années déjà et s'appelait alors X Coupé. Ce concept était loin de constituer un exercice gratuit et préfigurait ouvertement la venue d'une nouvelle espèce d'automobile, métissage entre un utilitaire et un coupé.

L'idée était originale, mais contre toute attente, ce n'est pas BMW qui l'a fait descendre la première dans la rue, mais plutôt Pontiac (Aztek) et SsangYong (Actyon). Contrairement à ces deux marques, cependant, la firme allemande a su donner à ce concept une certaine cohérence. Une cohésion visiblement difficile à atteindre si l'on en juge par les difficultés éprouvées par Acura (ZDX).

D'ici quelques mois, Mercedes s'y essayera à son tour avec le MLC. Ce modèle dérivé techniquement de l'actuel ML fera son entrée sur le marché en 2015. Assemblé à Tuscaloosa, dans l'Alabama, le MLC a été dévoilé dans sa forme conceptuelle au dernier Salon de Pékin sous le nom pas très sexy de « Concept Coupe SUV». Il vise ouvertement le X6 de BMW, dont la seconde génération a récemment été présentée.

L'essentiel

> Marque / modèle : BMW X4

> Fourchette de prix : 46 330 $ à 54 950 $

> Version essayée : X4 35i

> Garantie de base : 4 ans / 80 000 km

> Pour en savoir plus : www.bmw.ca

Fiche technique

> Moteur : L6 DACT 3 litres - turbo

> Puissance : 300 ch entre 5 800 et 600 tr/min

> Couple : 300 lb-pi entre 1200 et 500 tr/min

> Rapport poids-puissance : 6,44 kg/ch

> Poids : 1932 kg

> Mode : Intégral

> Transmission de série : Semi-automatique 8 rapports

> Transmission optionnelle : Aucune

> Direction / Diamètre de braquage : Crémaillère / 11,9 mètres

> Freins avant/arrière : Disque /disque

> Pneus avant/arrière : 245/40R20- 275/35R20

> Capacité du réservoir : 67 litres

> Essence recommandée : Super

On aime

> Approche originale

> Finition léchée

> Agrément de conduite certain

On aime moins

> Personnalité mal définie

> Poids excessif

> Diamètre de braquage

Le jeu de la comparaison

Au premier coup d'oeil, les proportions de la carrosserie du nouvel utilitaire X4 s'apparentent davantage à une Série 3 Gran Turismo (une auto) qu'à un X3 (un utilitaire). Cela en raison de la forme arquée du pavillon et de la pente douce du hayon, sans doute.

X4 | X3 | SÉRIE 3 GT

> Empattement (mm): 2810 | 2810 | 2920

> Longueur (mm): 4680 | 4648 | 4824

> Largeur (mm): 1881 | 1881 | 1828

> Hauteur (mm): 1624 | 1661 | 1508

> Garde au sol (mm): 204 | 204 | 165

> Volume du coffre min/max: 500/1400 | 550/1600 | 520/1600

Partager

Comparer des véhicules »

1

BMW - Série 6 2016

1 Jeep - Cherokee 2017

Jeep - Cherokee 2017

3

Ajouter un véhicule

Sélectionner d'autres modèles

Recherche

la boite:1602537:box

Publicité

Publicité

Publicité

Publicité

image title
Fermer
image title
Fermer