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JEAN-FRANÇOIS GUAY |
Publié le 20 juillet 2011 | Mise à jour le 18 décembre 2012 à 13h16
Même si la commercialisation du X5 date d'une dizaine d'années, il se trouve encore des pourfendeurs pour dire qu'un véhicule utilitaire est une hérésie chez un constructeur de prestige comme BMW, reconnu pour offrir des voitures au tempérament atypique et exceptionnel. Les inconditionnels du X5 n'ont pourtant que des éloges pour la marque bavaroise qui a su insuffler à son «camion» le comportement routier de ses meilleures berlines.
BMW a pris une bonne décision, et au moment opportun, avec le X5. S'il avait fallu que les dirigeants s'abstiennent, par péché d'orgueil, de ne pas suivre la voie tracée par le Mercedes Classe ML à la fin des années 1990, on peut supposer que BMW ne serait pas devenu aussi prolifique, sans les X5 et X3 dans ses rangs. Quand on sait que le Cayenne a permis à Porsche de devenir l'une des compagnies les plus rentables de la planète et que des marques exotiques comme Jaguar et Maserati s'apprêtent elles aussi à faire le saut chez les multisegments sport, on comprend que la rentabilité d'un constructeur automobile passe par une diversification calculée de ses produits.
Le secret: le couple
Il est vrai que les véhicules utilitaires n'ont plus nécessairement la cote dans un monde où le prix du carburant peut exploser à tout moment. Mais en attendant l'Amargeddon, la vie continue et le X5 tente de s'adapter à ces changements appréhendés. Pour l'instant, il n'y a pas de motorisation hybride au menu, celle-ci étant réservée à son frère X6. Le X5 ouvre plutôt son capot à un moteur diésel. Dévoilé en 2009, ce moteur de trois litres se situe dans la longue tradition de la marque bavaroise avec un alignement de ses six cylindres sur une même rangée. Le couple de cet engin pourvu de deux turbos à géométrie variable, de deux arbres à cames et de 24 soupapes est phénoménal. D'ailleurs, cette caractéristique est la plus importante pour évaluer la force d'un moteur diésel. Et dans ce cas-ci, la puissance est au rendez-vous. Le seul hic est que la version xDrive35d du X5 perd son titre du moteur diésel le plus «coupleux» de sa catégorie cette année avec la refonte du Mercedes-Benz ML et la reconfiguration de son V6 BlueTEC de trois litres. À l'instar du moteur BlueTEC de Mercedes-Benz, le moteur diésel appelé BluePerformance de BMW est étonnamment silencieux et dispose d'un procédé visant à réduire les émanations grâce à un filtre qui capte et brûle les particules, et un additif d'urée dont l'injection dans le flot d'échappement réduit la production d'oxyde d'azote grâce à un système catalytique sophistiqué.
Pour ceux et celles qui ont une sainte horreur du diésel à cause de l'odeur, le X5 a dans ses cartons trois autres motorisations. La version xDrive35i, la plus populaire, est animée par un six-cylindres en ligne biturbo de trois litres qui carbure à l'essence super. Pour des accélérations accrues, la version xDrive50i est propulsée par un puissant V8 biturbo de 4,4 litres qui permet de passer de 0 à 100 km/h en moins de six secondes. Pour épater la galerie et se pavaner comme un paon dans les stations de ski des Laurentides, des Cantons-de-l'Est ou de la belle région de Québec, la version M est toute désignée. Son moteur V8 de 4,4 litres équipé de deux turbocompresseurs avec turbine à double entrée développe 555 ch et un couple de 500 livres-pieds. Le X5 M est actuellement le véhicule multisegments à trois rangées de sièges (sept places) le plus performant au monde.
Pour animer les quatre roues motrices à prise constante, les motorisations des xDrive35i et xDrive50i sont jumelées à une boîte semi-automatique à huit rapports, tandis que les boîtes des xDrive35d et M comptent six rapports.
Un plaisir pour tous les sens
Si on peut reprocher à certains modèles de BMW de ne pas offrir un habitacle aussi calfeutré que la concurrence, le X5 est parvenu au fil des ans à se hisser au sommet du luxe dans sa catégorie. La présentation intérieure est l'une des plus chics qui soient.
Somme toute, les seules lacunes d'un véhicule comme le X5 sont les coûts astronomiques des paiements mensuels (achat ou location) et des entretiens annuels, sans oublier ceux des réparations une fois la garantie expirée. Autre bémol, même si on arrive à s'habituer au fonctionnement bizarre du levier de vitesse, il est difficile de comprendre pourquoi les ingénieurs ont opté pour ce design. Mais comme on dit: «On s'accoutume à tout dans le monde des gens riches et célèbres.»
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