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ÉRIC DESCARRIES |
Publié le 20 juillet 2011 | Mise à jour le 10 juillet 2012 à 16h45
Ford abandonnera sous peu la construction de ses vénérables Crown Victoria et Lincoln Town Car. Il ne restera donc presque plus de ces bonnes vieilles berlines américaines typiques à moteur V8 et à propulsion, sauf, bien sûr, la Chrysler 300 et surtout la Dodge Charger. En effet, si la Chrysler 300 prend des airs un peu à l'européenne, la Dodge Charger, elle, demeure typiquement américaine. Toutefois, dans sa dernière livrée, elle devient l'américaine qu'on aurait tous rêvé d'avoir il y a une vingtaine d'années.
La Charger a complètement été refaite l'an passé. Même si elle conserve son air agressif avec une imposante calandre prête à avaler la route, plusieurs de ses éléments esthétiques ont été revus, et pour le mieux. Le plus apparent est certes l'arrière, qui perd ses deux feux un peu grossiers de l'année précédente, mais qui adopte un grand feu plus élégant traversant le capot du coffre, un peu à la manière des plus récentes Audi. D'autre part, le toit de l'auto a aussi été révisé, légèrement relevé, et le pare-brise a été allongé et repositionné pour une meilleure visibilité.
Quand on dit que la Charger a été complètement redessinée, cela inclut l'intérieur. En effet, alors que l'ancien modèle manquait de raffinement, celui-ci se présente d'abord avec un tableau de bord dont le design, sans être extraordinaire, répond mieux à nos attentes. L'instrumentation, très lisible, est correctement concentrée devant le conducteur. Outre les deux grands cadrans, celui du compte-tours (cette auto en a-t-elle vraiment besoin?) et celui de l'indicateur de vitesse, se trouve un petit centre d'information électronique à la fois lisible et pratique. Toutes les commandes sont à portée de main alors que, selon l'option choisie, le conducteur dispose d'un écran tactile de 4,3 ou 8,4 po pour le système de navigation Garmin et le système de divertissement uConnect. Soit dit en passant, le Garmin est beaucoup moins cher que les systèmes parfois trop complexes qu'on trouve chez la concurrence. Quand même, Garmin, c'est un nom connu dans le domaine!
L'espace intérieur de la nouvelle Charger est semblable à celui de l'ancien modèle, mais la finition y est nettement supérieure. Les sièges baquets avant sont confortables mais ils manquent de support latéral, ce qu'on a pu constater sur la piste de course d'Infineon, en Californie, lors du lancement de la voiture. Les passagers arrière, eux, pourront s'asseoir en tout confort. En ce qui a trait au coffre, il est de même dimension que l'ancien modèle mais Dodge est passé des pentures en ciseau montées sur la carrosserie aux longues pentures demi-circulaires traditionnelles, qui prennent un peu d'espace dans le coffre.
Sur route et sur piste
La Charger est offerte avec le fameux nouveau V6 Pentastar de 3,6 litres ou avec le V8 HEMI de 5,7 litres avec calage variable des soupapes de 370 ch. La version de performance SRT8 reçoit ce même moteur, mais de 465 ch! La seule boîte proposée est une automatique à cinq rapports avec Auto Stick pour manipulation manuelle. L'auto est toujours livrable avec la propulsion ou la traction intégrale.
Si on m'avait bandé les yeux, lors de mes premiers tours de roue au volant de la Charger SE avec moteur V6, je me serais cru aux commandes d'une européenne beaucoup plus coûteuse. En effet, les ingénieurs de Chrysler ont complètement revu la suspension originale de l'auto, avec des bagues (bushings) plus fermes et une direction à assistance variable électrohydraulique plus précise. Et le freinage, autrefois le talon d'Achille de bien des produits Chrysler, m'a paru à la hauteur de la situation. Le nouveau V6 procure une puissance nettement suffisante pour déplacer la Charger en toute souplesse et, croyez-le ou non, il n'émet pas les vibrations des anciens V6. Évidemment, il est aussi plus silencieux.
Quant à la R/T avec moteur HEMI, il faut l'essayer sur piste pour en découvrir le potentiel. Ce moteur est un bijou d'ingénierie et il procure des accélérations et des reprises étonnantes qui font de la Charger une des grandes berlines américaines les plus puissantes jamais proposées. Il peut aussi être très silencieux en vitesse de croisière. La désactivation de quatre des huit cylindres lorsque la vitesse est soutenue aide à l'économie de carburant. Mais ça reste un V8, il ne faut pas s'attendre à un miracle...
Même si la Dodge Charger a tous les atouts de la (presque) parfaite berline américaine, il reste qu'elle ne répondra pas aux attentes de tous les automobilistes québécois. Son encombrement en ville reste important et même si la visibilité y a été améliorée, certains angles rendent encore la visibilité difficile. La traction intégrale optionnelle permet des déplacements plus sûrs et plus faciles en hiver (et sur pavé mouillé), mais alors la consommation risque d'en souffrir un peu. Il reste que la Charger est plus belle que jamais et surtout plus intéressante à conduire.
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