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Jaguar XKR c. Cadillac CTS-V: antonyme et synonyme

La jaguar XKR (gauche) et la Cadillac CTS-V.

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La jaguar XKR (gauche) et la Cadillac CTS-V.

Photo: Éric LeFrançois, collaboration spéciale

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Éric LeFrançois | La Presse

Publié le 9 août 2012 | Mise à jour le 9 août 2012 à 10h09

À leur manière, elles symbolisent le luxe automobile. Elles circulent dans les plus beaux quartiers. Pourtant, ces coupés évoluent dans des univers distincts. Personne ne se tourmente à l'idée de devoir choisir entre une Cadillac et une Jaguar. Personne, vous dites? Pas si les deux épinglent l'initiale de la haute performance à leur veston. Voilà, soudainement, les contraires qui s'attirent.

«La beauté est dans les yeux de celui qui regarde», répéterait Oscar Wilde en détaillant les deux coupés mis en scène dans le cadre de ce duel. 

Certains craqueront pour la félinité de la XKR dont la silhouette s'inspire, selon son concepteur Ian Callum, de la physionomie de l'actrice Kate Winslet. D'autres, en revanche, préfèreront les pointes acérées de la CTS-V, aussi menaçantes que celles du Tumbler, vedette mécanique de la trilogie Batman de Christopher Nolan. 

À vous de choisir entre Batman et Kate. Pour ma part, c'est l'auto inspirée par l'actrice. Et pas seulement pour sa séduisante carosserie. Pour son intérieur également. Ses somptueux sièges ivoire (extrêmement salissants) vous enveloppent comme une chaude poignée de main, tandis que le parfum de ses cuirs aromatise l'habitacle. 

Et les yeux? Partout où ils se posent, ils n'y voient que du beau. La CTS-V ne fait pas appel aux mêmes sens. Ses baquets signés Recaro n'exhalent aucune odeur particulière, ne renferment pas plus de moelleux qu'il ne faut, mais accomplissent parfaitement leur travail: maintenir solidement les occupants en place. 

Hormis quelques appliqués, la «V» ne diffère guère du coupé CTS «normal», vendu pratiquement deux fois moins cher. 

Visiblement, la Cadillac souhaite une évaluation basée sur d'autres critères. Celui de la (haute) performance, comme le suggère son volant habillé d'une peau de daim, comme sur une voiture de course. 

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Top chrono

Sur la ligne de départ, la Jaguar manque visiblement de griffes. Son moteur suralimenté par compresseur n'a ni la cylindrée, ni le nombre de chevaux nécessaires pour chauffer de ses feux arrière la calandre maillée de son opposante américaine. Celle-ci s'avance avec un gros V8 suralimenté, lui aussi, gorgé de puissance et de couple. 

L'écart est de taille, mais la XKR parviendra peut-être à compenser ce déficit en étant plus légère? D'ailleurs, comme en font foi nos tableaux, le rapport poids/puissance entre les deux tient pratiquement dans un dé à coudre. 

Selon notre accéléromètre électronique, la Cadillac met 3/10 de seconde de moins pour atteindre les 100 km/h. Les temps de reprises mesurées (80-120 km/h) sont pratiquement identiques à un dixième de seconde près. Pour les amateurs de «drag», la Cadillac pointe à 190,1 km/h au terme de 400 mètres contre 191 km/h pour la Jaguar. 

Chose certaine, ces deux bolides pourraient aller plus vite avec des boîtes de vitesses plus adéquates. Celle de la Cadillac, surtout, qui réagit plutôt mollement.

Maintenant, on tourne

Quittons le circuit en direction des voies publiques. Là, la Jaguar s'en laisse moins imposer. La légèreté de la direction agace, mais contribue néanmoins à masquer le poids du véhicule, ce que la Cadillac refuse de faire. Celle-ci exige plus d'effort pour tourner - handicap qui se ressent plus à faible allure -, mais elle présente l'avantage de vous indiquer à tout moment le positionnement exact des roues directrices. 

La Cadillac embrasse les courbes avec beaucoup d'empressement et sans ménagement pour les occupants qui se trouvent à bord. Le châssis tétanise les mouvements de caisse et oblique dans la direction souhaitée sans sourciller, assignant du coup au conducteur le rôle peu confortable de spectateur. L'adhérence est élevée et la Cadillac met du temps à atteindre sa limite.

La Jaguar, au contraire, pompe légèrement au freinage, prend même un peu de roulis en se glissant dans un virage. Son comportement est beaucoup plus fluide et plus prévisible aussi que celui de la Cadillac. 

Au quotidien, loin, très loin des circuits, la Jaguar l'emporte en offrant un meilleur compromis entre confort et tenue de route. 

Toutefois, en matière de freinage, la Cadillac met sa rivale anglaise dans sa petite poche et met trois mètres de moins à s'immobiliser à partir de 100 km/h. Doit-on en conclure que les étriers peints en rouge (Jaguar) freinent moins bien que ceux en jaune (Cadillac)?

Une question de cachet

Sur le plan des performances dynamiques, la Cadillac n'a absolument rien à envier à la Jaguar. Au contraire. Elle accélère plus rapidement, tourne plus adroitement et freine plus solidement. 

Mais ces arguments ne font pas le poids aux yeux d'un épicurien. L'anglaise possède un charme envoûtant, un cachet à nul autre pareil que l'on aime contempler en mouvement ou à l'arrêt. 

Naturellement, cela a un prix. En faisant le plein d'options comme la CTS-V de ce reportage, la facture grimpe à un peu plus de 80 000$. La Jaguar, elle, commande 20 000$ de plus. 

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