Lexus GS F: tracer sa propre voie

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Éric LeFrançois

Collaboration spéciale

La Presse

La GS F cherche à allumer les esthètes et annoncer ses nouvelles couleurs aux propriétaires de berlines survoltées. Cette Lexus allie ligne et conduite sportives aux valeurs traditionnelles de la marque et compte bien chatouiller les Mercedes, Audi et BMW qui, aujourd'hui, règnent pratiquement sans partage dans cette catégorie.

Lexus ne manque pas d'ambition. Ni de culot. Un an après le lancement du coupé RC F, la marque remet cela et propose une version endiablée de sa berline GS dont la diffusion, au Canada, à tout le moins promet d'être rarissime, une soixantaine d'unités tout au plus.

À la GS F, il est surtout demandé de pimenter agréablement la gamme Lexus. Pour ce faire, elle a subi un léger coup de fouet qui dynamise ses lignes toujours reconnaissables, affiche discrètement la personnalité de son propriétaire et reflète, mais avec ce qu'il faut de retenue, son penchant pour les belles voitures rapides. Dans la rue, ce n'est pas elle que l'on remarque le plus, mais-là réside l'essentiel - son passage n'échappe pas au regard du connaisseur. La GS F se lit en creux et se définit implicitement: c'est l'auto de ceux qui aiment fuir les stéréotypes.

Modèle «de niche», cette nouvelle Lexus va à l'encontre des vents dominants. Alors que l'heure est au downsizing (diminuer la cylindrée des moteurs pour en extraire les mêmes performances avec une consommation revue à la baisse), ce modèle reçoit un V8 5 L atmosphérique dont la puissance atteint la bagatelle de 467 chevaux. Ce moteur, tonique mais légèrement creux à bas régime, se distingue des mécaniques suralimentées des modèles européens, y compris par sa signature sonore.

Le F (pour Fuji) chez Lexus signifie clairement «Fun». Le dernier doute sera levé à la contemplation de cette Lexus, arcboutée sur ses roues de 19 po et prête à bondir, le mufle au ras du bitume. Derrière la calandre à la fois béante et frondeuse souffle une mécanique dont les 467 chevaux sont dirigés seulement vers les roues arrière... Un mode idéal par temps sec, mais lorsque le coefficient d'adhérence de la chaussée se dégrade, il y a quelques soucis à se faire avant de sauter à pieds joints sur la pédale d'accélérateur. Cela confine donc l'auto, dans nos contrées à tout le moins, à un usage purement estival.

Heureusement, il y a des transformations plus intéressantes, dont un vecteur de couple jumelé au différentiel arrière. Celui-ci permet de rediriger la puissance là où elle est nécessaire pour enfiler les virages avec plus de facilité qu'il est possible de glisser un fil dans le chas d'une aiguille. Cette performance est d'autant plus étonnante vu le poids et l'encombrement de cette berline. À ce sujet, il est important de noter que la GS F est plus légère que la majorité de ses rivales germaniques (Audi S6, BMW m5, Mercedes E63 AMG) et à peine plus lourde que le coupé RC F de la marque nippone qui, rappelons-le, fait usage d'un groupe motopropulseur identique. Par rapport à cette dernière, la GS F se révèle plus performante dans un sens large. Sa répartition de poids mieux équilibrée conjuguée à ses dimensions architecturales en fait une sportive plus prévisible et plus malléable que la RC F. C'est dit.

Contrairement à celle de nombreuses de ses rivales, la suspension de la GS F est beaucoup moins compliquée. Un gage de fiabilité, bien sûr, mais aussi une assurance du maintien des coûts des pièces de remplacement à un niveau raisonnable. Les amortisseurs réalisés en collaboration avec ZF Sachs ne comportent aucun réglage et n'offrent aucune possibilité de paramétrage et, à l'usage, c'est très bien ainsi. La GS F offre en effet un amortissement ferme, mais loin d'être inconfortable sur route. Sur piste, il y a peu à redire aussi et cette suspension s'avère parfaitement réglée. Initialement, elle autorise une légère prise de roulis avant de se compresser pour attaquer solidement le point de corde du virage. La direction à assistance électrique manque, au départ, un peu de ressenti, mais cette observation est contredite lorsque la vitesse augmente. Et sans être le meilleur que nous ayons eu l'occasion de mettre à l'essai, le freinage offre une puissance largement adéquate et résiste bien à l'échauffement.

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Dans les sections tortueuses du circuit de Jarama, en Espagne - lieu d'une magistrale victoire de Gilles Villeneuve en 1981 -, la GS F fait preuve d'une stabilité rassurante. Le sous-virage est léger et hormis l'antipatinage - un peu intrusif, et ce, même en mode Sport Plus - et une boîte automatique à la gestion un peu confuse - elle ne sait pas toujours très bien si elle doit maintenir le rapport ou en enclencher un autre -, la GS F offre une expérience de conduite exaltante. Piloter cette GS F ne requiert pas autant de courage, de doigté ou d'expérience que conduire certaines de ses concurrentes et vous met rapidement en confiance.

Avec ou sans F, c'est une GS

Si l'on fait abstraction des quelques ornements qui la décorent, la GS F ressemble à une GS. À l'intérieur, des baquets joliment sculptés vous accueillent à l'avant. Le «pilote» fait face à une instrumentation complète - et en partie configurable - pour s'informer de la santé de sa monture. L'immense écran de navigation posé au centre est facile à consulter et à utiliser. À l'arrière, l'imposant tunnel de transmission limite les places à deux personnes. La qualité de construction est irréprochable et l'habitacle s'habille de matériaux flatteurs, mais pas valorisants pour autant.

La GS F n'est pas la plus pratique (absence d'un rouage intégral), la plus puissante ou la plus économique du groupe sélect des berlines sportives. Mais elle se fiche des classifications et son ingénieur-chef prétend d'ailleurs ne pas avoir cherché à étalonner à la concurrence. Lexus préfère trouver sa propre voie (et ses propres clients) et la GS F représente sur ce point un compromis ou une solution de rechange, c'est selon votre perception, des plus intéressants.

Les frais de transport et d'hébergement liés à ce reportage ont été payés par Lexus

Fiche technique

ON AIME

  • Comportement aiguisé
  • Sonorité envoûtante
  • Fiabilité éprouvée

ON AIME MOINS

  • Absence d'un rouage intégral
  • Rapport prix/peformances
  • Boîte étourdie

CE QU'IL FAUT RETENIR

> Marque/Modèle : Lexus GS F

> Prix : 93 000 $ (estimation)

> Garantie de base : 4 ans/80 000 km

> Consommation réelle : 12,4 L/100 km

> Visible dans les concessions : Fin de l'année

> Pour en savoir plus : www.lexus.ca

> Moteur : V8 DACT 5 litres atmosphérique

> Puissance : 467 ch 7000 tr/min

> Couple : 389 lb-pi entre 4800 et 5600 tr/min

> Rapport poids-puissance : 3,91 kg/ch

> Poids : 1830 kg

> Mode : Propulsion

> Transmission de série : Automatique 8 rapports

> Transmission optionnelle : Aucune

> Direction/Diamètre de braquage (m) : Crémaillère/11,2

> Freins (av-arr) : Disque/Disque

> Pneus (av-arr) : 255/35ZR19 - 275/35ZR19

> Capacité du réservoir/Essence recommandée : 66/Super

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