Toyota Prius: on en attendait plus

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Éric LeFrançois

collaboration spéciale

La Presse

Il y a près de 20 ans, qui aurait parié que plus de 3 millions de Prius, berline hybride alliant énergies thermique et électrique, sillonneraient les routes de la planète en 2016 ? C'est pourtant l'exploit réalisé par Toyota, qui lance au printemps la quatrième génération de la mère de tous les hybrides qui, visiblement, n'a plus grand-chose à nous dire.

Longtemps soupçonné de chercher à «faire un coup» avec cette Prius vendue à un prix sans véritable rapport avec son coût réel de construction, Toyota peut au moins s'enorgueillir aujourd'hui non seulement d'avoir imposé cette technologie, mais aussi de couvrir largement ses frais de mise au point.

Modèle avant-gardiste, la Prius quatrième du nom cherche pourtant à rentrer dans les rangs. On se demande bien pourquoi. Le rôle de ce modèle n'était-il pas d'être un précurseur de cette technologie au même titre qu'une Classe S de Mercedes l'est dans le domaine du luxe automobile ? Vue sous cet angle, la nouvelle Prius nous déçoit plus qu'elle ne nous enchante. La nouvelle venue est à peine moins lourde que le modèle qu'elle remplace, klaxonne moins sa différence sur le plan du style et prend certains raccourcis techniques en offrant deux types de batterie (lithium-ion ou nickel métal), selon la somme investie par le consommateur. Voilà pour le pot. 

Les fleurs maintenant. Le rendement énergétique de la Prius n'a jamais été aussi efficace et la conduite, aussi plaisante. Pour une Prius, s'entend, grâce à l'utilisation d'une nouvelle architecture (celle-ci se retrouvera sur d'autres modèles de la marque à brève échéance) plus rigide.

La quatrième génération se présente toujours sous les traits d'une berline cinq portes aux formes plus seyantes (la partie avant est plutôt réussie) et dont les dimensions tant intérieures qu'extérieures ne sont guère éloignées de celles du modèle qu'elle remplace.

DU BON ET DU MOINS BON

À bord, on apprécie l'habitabilité, la clarté, le silence, le confort général et une plus grande polyvalence. Dans ce domaine, la Prius a fait un prodigieux bond en avant. Le hayon s'ouvre sur une aire de chargement facile d'accès et plus spacieuse qu'autrefois. Cela a été rendu possible en repositionnant la batterie dans l'habitacle, en éliminant la roue de secours et en révisant la suspension arrière.

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L'écran tactile posé au centre du tableau de bord demeure fidèle au poste et permet non seulement de suivre le sens de la circulation des énergies, mais aussi, entre autres, de syntoniser une nouvelle chaîne radio, de régler la soufflerie du ventilateur ou de pouvoir lire les informations dans la langue de son choix (étonnamment, toutes les interfaces n'ont pas été traduites). C'est moderne, d'accord, mais pas plus ergonomique qu'il faut, dans la mesure où l'écran est parfois difficile à consulter quand Galarneau brille.

Le geste devient machinal, mais provoque toujours le même étonnement chez les passagers d'un jour. On appuie sur le frein et on appuie sur le bouton Power. L'écran de bord s'allume. Pas un bruit, pas une vibration. Le pied toujours sur le frein, on manipule l'élégant petit joystick positionné dans la partie centrale du tableau de bord pour sélectionner le rapport désiré. 

Grâce à son moteur électrique, la Prius démarre en silence, en douceur et sans pollution. 

Quelques dizaines de mètres plus loin, autour de 30 km/h, le moteur thermique prend le relais et la Prius s'apparente alors davantage à une automobile traditionnelle. L'effet de surprise joue toujours. Et on ne se lasse pas.

On s'étonne de retrouver - encore - un frein d'urgence traditionnel en lieu et place d'un modèle électrique plus moderne et la possibilité de colorier la console et quelques appliqués en blanc pur. Pas très joli. Cela a sans doute l'avantage d'égayer une présentation autrement bien sombre et de faire oublier la présence de quelques plastiques durs et sonores. Cela dit, le catalogue s'enrichit aussi de nouveaux accessoires, dont un affichage tête haute - une première sur ce modèle - plutôt attrayant.

La position de conduite est simple à trouver et le fait d'être assis maintenant plus bas ajoute à la sensation de faire davantage « corps avec l'auto ».

PLUS HOP LA VIE

Avant d'aborder les prestations routières, soulignons que pour la première fois, il est désormais possible de désactiver la fonction antipatinage de la Prius. Une modification qui ne manquera pas de réjouir les propriétaires des générations antérieures qui, trop souvent, se sont retrouvés coincés dans la neige...

La nouvelle plateforme de la Prius offre indéniablement un meilleur ressenti de la route. L'auto se positionne mieux dans les virages, prend moins de roulis. La direction offre aussi une meilleure sensation, même si elle demeure, en position centrale, plutôt inerte. L'auto se prend facilement en main, mais force est de reconnaître que, sur le plan dynamique, elle demeure en retrait par rapport aux intermédiaires offertes sur le marché.

La souplesse de la suspension rend la Prius confortable, la tenue de cap apparaît moins aléatoire que sur le modèle précédent et le comportement, plus dynamique, conséquence de son centre de gravité plus bas. On note cependant une meilleure motricité, mais celle-ci est sans doute due à la présence d'aides à la conduite (antipatinage et antidérapage) plus efficaces qui permettent notamment d'atténuer le fort sous-virage (tendance du train avant à tirer tout droit) qui touchait la génération précédente. Le freinage, pour sa part, est apparu plus facile à moduler.

Sans être époustouflants, les moteurs, dont l'intervention respective demeure à peine perceptible, permettent des performances de bon niveau. En dépit d'une puissance inférieure à celle du précédent modèle, la Prius 2016 apparaît tout aussi rapide en raison d'un couple qui se manifeste à un régime de rotation moins élevé qu'auparavant. Mais le plus important demeure la consommation. Sans chercher à vouloir battre des records, la Prius peut aisément consommer 4,3 L/100 km (mi-ville, mi-route), ce qui est une performance exceptionnelle en soi. Mais Toyota aurait sans doute été en mesure de faire mieux encore en adoptant sur l'ensemble de sa gamme des batteries lithium-ion plus légères (celles-ci se réservent aux versions haut de gamme, plus lourdes, car plus équipées).

Avec cette quatrième génération, Toyota illustre de manière encore convaincante sa maîtrise de la technologie hybride, mais on en attendait plus. Peut-être que la déclinaison à prise rechargeable attendue dans les prochains mois saura, elle, nous convaincre davantage.

Les frais de transport liés à ce reportage ont été payés par Toyota Canada.

QU'EST-CE QUI CHANGE?

Prius 2015/Prius 2016

Dimensions (mm)

Empattement: 2700/2700

Longueur: 4480/4539

Largeur: 1745/1760

Hauteur: 1490/1476

Garde au sol : 140 / 129,5

Dégagement intérieur (mm)

Jambes av.-arr.: 1080-914 / 1097-848

Épaules av.-arr.: 1394-1349 / 1397-1346

Tête av.-arr.: 980-955 / 1001-950

Volume du coffre (L): 612 / 697

FICHE TECHNIQUE

L'ESSENTIEL

Marque/Modèle: Toyota Prius 2016

Fourchette de prix: 25 995$ à 31 990$

Garantie de base: 3 ans/60 000 km

Consommation réelle: 4,3 L/100 km

Autonomie en mode électrique: 40 km

Pour en savoir plus: www.toyota.ca

TECHNIQUE (modèle essayé)

Moteur (essence): L4 1,8 L

Puissance: 95 ch à 5200 tr/min

Couple: 105 lb-pi à 3600 tr/min

Moteur (électrique): Synchrone à aimants permanents

Puissance: 53 kW (71 chevaux)

Couple: 120 lb-pi

Poids: 1397 kg (Touring)

Mode: Traction

Transmission de série: Automatique à variation continue

Transmission optionnelle: Aucune

Direction/Diamètre de braquage: Crémaillère/10,2 m (roues 15 pouces) - 10,8 m (roues 17 pouces)

Freins av.-arr.: Disque/Disque

Pneus av.-arr.: 195/54R15 (215/45R17 option)

Capacité du réservoir/Essence recommandée: 42,7 L/Ordinaire

ON AIME

Tenue de route améliorée

Promesse tenue en matière de consommation

Volume utilitaire

ON AIME MOINS

Choix techniques discutables

Moins avant-gardiste qu'autrefois

Agrément de conduite encore faible

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