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Pour assouvir ses ambitions planétaires, Volkswagen doit absolument marquer des points en Amérique du Nord. Air connu. Il y a 30 ans, le constructeur allemand tenait le même discours qui l'avait conduit à «américaniser» sa production, allant même jusqu'à commercialiser une petite camionnette sur une base de Golf (Rabbit à l'époque). Mais cette fois, ça marche.
Volkswagen a promis une offensive de mise en marché sans précédent au cours des deux prochaines années et tient promesse. Sa tournée de séduction américaine a débuté l'an dernier avec la Jetta, une compacte taillée sur mesure pour plaire aux goûts des consommateurs nord-américains. Pour ce faire, le constructeur de la voiture du peuple devait non seulement revoir sa copie, mais aussi veiller à son repositionnement. L'opération a été plus complexe qu'elle le paraissait, puisque cette redistribution des rôles a confondu plus d'un consommateur.
Bien que le nombre de déclinaisons ait été restreint au maximum, la Jetta ratisse large et offre le choix entre quatre moteurs, trois boîtes de vitesses, trois montes pneumatiques (15, 16 et 17 po) et pas moins de huit teintes extérieures. Ces choix s'agrémentent d'une multitude d'accessoires pouvant aller du démarrage à l'aide d'un bouton-poussoir au système de navigation par satellite. Ce n'est pas le choix qui manque, mais attention, la facture grimpe vite.
La Jetta n'est ni mieux ni moins équipée que la concurrence. Seulement plus obsolète sur le plan technique, comme en fait foi la présence de l'increvable quatre-cylindres de deux litres sous le capot. Robuste et fiable, cette mécanique n'offre pas le rendement attendu d'une mécanique moderne, notamment au chapitre des performances et de la consommation.
Il est également possible d'approcher les 30 000 $ (taxes incluses) avec le jeu des options ou en choisissant tout simplement le moteur turbodiésel (TDi), autre mécanique offerte et qui bénéficie de surcroît des boîtes les plus modernes (manuelle six rapports et semi-automatique à double embrayage). En effet, les autres versions retiennent les services d'une classique boîte à cinq rapports (manuelle) ou semi-automatique à six rapports. Jusqu'ici, vous me suivez? Tant mieux, puisqu'il faut aussi savoir qu'une quatrième motorisation - un quatre-cylindres de deux litres suralimenté par turbocompresseur - s'est joint au groupe le printemps dernier pour mouvoir la version haut de gamme de ce modèle: la GLi. À noter, enfin, qu'une motorisation hybride (mi-essence, mi-électrique) figure au calendrier de mise au point de ce modèle, mais celle-ci ne sera vraisemblablement pas offerte avant 2013.
Spacieux et déjà vu
Peu importe le groupe motopropulseur, la présentation intérieure demeure sensiblement la même d'une version à l'autre. On retient d'abord la qualité de l'assemblage, qui ne manquera pas d'étonner tous ceux et celles qui pestent contre ces VW assemblées au Mexique. Ensuite, la bonne ergonomie des principales commandes, à l'exception notable de la commande d'ajustement des dossiers des baquets avant. À l'arrière, la Jetta figure assurément parmi les compactes les plus accueillantes sur le marché. Et l'une des plus confortables aussi. Quant au coffre, la Jetta fait honneur à la réputation des générations précédentes en proposant un volume équivalent à 440 litres, de quoi faire rougir bien des berlines des catégories supérieures.
Spacieuse et confortable, la Jetta se révèle également silencieuse. La rigidité de la caisse est étonnante, tout comme sa maîtrise des mouvements de caisse. La Jetta prend peu de roulis et offre un comportement routier rassurant. En revanche, sa direction apparaît beaucoup trop légère et communique par le fait même trop vaguement la position des roues directrices. Cela risque de décontenancer les purs et durs de VW, habitués à faire davantage corps avec leur monture. Un autre élément qui nuit à la notion d'agrément de conduite - très subjective, j'en conviens - a trait à la suspension arrière plutôt trépidante sur une chaussée mal revêtue. Deux tares que la GLi gomme rapidement. Celle-ci bénéficie d'une direction à assistance électrique et d'une suspension arrière à bras multiples.
La majorité des acheteurs privilégient le cinq-cylindres 2,5 litres, alors concentrons-nous sur cette mécanique. Bien que son rendement général ne pose pas problème, on a tout de même peine à croire que 170 chevaux galopent dans son bloc. Le temps d'accélération obtenu est plutôt timide et les reprises le sont tout autant, surtout avec la boîte manuelle dont il faut baratter sans arrêt le levier pour tirer le maximum de ce moteur un peu poussif. La boîte semi-automatique (en option) ne fait guère mieux et doit rétrograder régulièrement - au moment des relances - pour jeter un peu de lest, lequel semble étouffer ce 2,5-litres.
Au final, cette Jetta mérite de se trouver sur la courte liste des acheteurs de compactes, mais à une condition: ne vous laissez pas emporter par la spirale des prix.
Volkswagen - Jetta GLI 2012 : Attention à la facture
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