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De conducteur à passager

Dans le cadre d'un séminaire sur la sécurité active organisé par Audi, l'électronique prenait carrément le contrôle du volant.

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Dans le cadre d'un séminaire sur la sécurité active organisé par Audi, l'électronique prenait carrément le contrôle du volant.

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Éric Lefrançois | La Presse

Publié le 6 février 2012 | Mise à jour le 8 février 2012 à 08h57

Munich - En viendrons-nous un jour à nous raser derrière le volant, le matin, en route vers le boulot?

J'en ai maintenant la certitude. Aux typographes, planteurs de quilles et autres métiers disparus s'ajoutera bientôt celui d'«essayeur» d'automobiles, que j'exerce.

Avec un peu de chance, peut-être, pourrai-je pratiquer ce métier jusqu'à ma retraite. Mais je ne parierais pas trop là-dessus. Surtout après avoir été témoin de ce que nous réserve l'automobile, comme ce fut le cas récemment.

Si vous aviez vécu l'expérience, peut-être seriez-vous inquiet vous aussi. Pas pour mon travail, mais pour le sort qui vous attend. Je vous préviens tout de suite, c'est plutôt déprimant. Vous aimez conduire, n'est-ce pas? Si c'est le cas, profitez-en, car votre carrière d'automobiliste, elle aussi, tire à sa fin. Très bientôt, vos services ne seront plus requis au volant.

Êtes-vous surpris? Vraiment?

Il y a pourtant longtemps que le volant nous glisse entre les doigts. Sous prétexte de créer un monde plus sûr et de promouvoir les avancées technologiques, on nous a subtilement retiré peu à peu nos responsabilités.

D'abord, il y a eu le dispositif antiblocage des freins (ABS) pour venir en aide à ceux et à celles qui ne savaient pas freiner «au seuil» (à la limite du blocage) pour conserver le contrôle de la direction.

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Ensuite, il y a eu l'antipatinage pour ceux qui ne savaient pas moduler correctement une pédale d'accélérateur sur une chaussée glissante. Puis, vint le correcteur de stabilité électronique - désormais obligatoire sur tous les véhicules vendus au Canada -, lequel a rendu obsolète toutes les notions de braquage et de contre-braquage apprises dans un stationnement de centre commercial, du temps où les commerces étaient fermés le dimanche.

L'industrie de l'automobile, toujours sous prétexte d'améliorer la sécurité, multiplie les capteurs d'angles morts, la caméra de recul, comme si nous étions tous affectés en permanence d'un torticolis ou de maux de dos chroniques. On retrouve même - sur certains modèles - un dispositif capable de garer la voiture en parallèle sans même toucher au volant, tandis que d'autres observent le visage du conducteur pour s'assurer que celui-ci ne souffre pas de somnolence. Il y a aussi cet autre système qui prend le contrôle des freins à l'arrivée d'un obstacle s'il juge votre temps de réaction trop lent. Ou encore celui-ci qui permet, sur un véhicule doté d'une boîte manuelle, de grimper la rue Beaver Hall sans craindre d'emboutir le véhicule qui suit derrière en relâchant l'embrayage. Tous ces dispositifs - et combien d'autres - existent déjà. Imaginez demain...

Dans le cadre d'un séminaire sur la sécurité active organisé par Audi, l'électronique prenait carrément le contrôle du volant. Au cours d'une démonstration, j'ai été invité à me glisser dans le siège du conducteur avec un magazine entre les mains. Je n'ai rien fait d'autre que de lire une revue. La voiture roulait en ligne droite, sans aucune intervention de ma part. Une autre voiture se trouvait devant, dans le but de créer l'illusion d'un bouchon de circulation. À l'aide d'un puissant lecteur optique, «ma» voiture observait tous les mouvements du véhicule à l'avant et veillait à maintenir avec celui-ci une distance de sécurité raisonnable. Toujours. Le véhicule à l'avant ralentissait, accélérait ou s'immobilisait, le mien en faisait tout autant. Rassurez-vous, le système est assez intelligent pour ne pas suivre le véhicule qui vous précède si celui-ci va droit dans un mur...

Rien à faire donc, si ce n'est de lire un roman, écouter de la musique ou regarder un film sur l'écran du GPS. Alors oui, même au volant, madame pourra se maquiller le matin en route pour le boulot et monsieur, se raser. Pas aujourd'hui, mais demain. C'est promis.

Les frais d'hébergement liés à la réalisation de ce reportage ont été payés par Audi Canada

C'est cette semaine que s'ouvre le salon automobile de Chicago. Plusieurs nouveautés sont attendues, dont le dévoilement des nouvelles Hyundai Elantra coupé et Touring. Nous vous invitons à suivre toute l'actualité de ce salon sur notre site internet.

Opération recyclage

Bref retour sur notre billet de la semaine dernière. General Motors songe à relancer la carrière de la 9-4x, un multisegment réalisé sur base du Cadillac SRX. Cinq cents unités de cette Saab ont été produites avant la mise en liquidation du constructeur scandinave et GM aimerait bien recycler ce modèle plutôt que de le mettre carrément à la poubelle. Qui en bénéficiera? Buick, Chevrolet ou bien GMC?

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Commentaires (9)

  • @lepoete,

    pourquoi ordinateur au singulier? S'il y a une panne et un dysfonctionnement quelconque, la voiture n'aura qu'à s'arrêter sur l'accotement, envoyer un message de panne aux autorités appropriées et demander un véhicule de courtoisie pour venir chercher les passagers le temps qu'une dépanneuse robot vienne remorquer le véhicule pour réparation, lequel retournera chez son propriétaire dès la réparation effectuée.

    En quoi est-ce différent d'un pneu qui éclate sur l'autoroute à grande vitesse? La mécanique aussi flanche. Pourtant personne n'en fait une maladie quand il prend le volant.
  • Pour une idée où nous en étions il y a 5 ans: http://www.youtube.com/watch?v=kqDvbguZsAA

    Il y a un million de personnes qui perdent la vie sur les routes à l'échelle du globe. La voiture autonome sera une nécessité dans une société vieillissante. Mobiliser des ressources humains pour conduire des taxis et des véhicules de transport adapté est un gaspillage de capital humain lorsque la population au Québec sera en décroissance et que de moins en moins d'individus seront sur le marché du travail.

    C'est un incontournable. Et regardez à la fin de la vidéo ci-haut, je ne connais pas beaucoup de conducteurs capables de faire une telle manoeuvre de stationnement.
  • Ce qui me fait peur dans ça c'est qu'est-ce qui arrive si l'ordinateur plante? L'informatique c'est pas infaillible. Si ce n'est pas le logiciel qui plante, ça peut être le matériel...

    Et le plaisir de conduire... s'il n'est plus là, aussi bien marcher...
  • C'est l'aboutissement de ce qui arrive avec le fait de donné des permis à tout le monde même s'il n'ont AUCUN talent pour conduire.

    Yvon leclerc
  • Lorsque la technologie sera au point, il n'y a aucune raison que les voitures ne deviennent pas de simples ascenseurs horizontaux. On appuie sur un bouton et la voiture nous mène en toute sécurité vers notre destination. Personne ne demande de conduire son ascenseur, alors pourquoi serait-ce une forme de dictature d'enlever le conducteur des voitures?

    D'ailleurs, les voitures automatiques représenteraient probablement la fin des voitures personnelles. En effet, ces voitures-robots pourraient former une flotte de taxis pas chers et de différentes tailles et qui se stationnent eux-mêmes auprès de bornes électriques pour se recharger. On les appellerait simplement, sur nos téléphones portables et ils répondraient à tous nos besoins d'un point de vue de transport individuel. Un robot-taxi pourrait remplacer 5 voitures conventionnelles. Ainsi, les citoyens n'auraient plus à garder des voitures chez eux et tous les stationnements se videraient, libérant des grandes surfaces de nos villes que nous pourrions ensuite reverdir.
  • Toutes ces nouvelles technologies que l'on greffe aux véhicules dans le sacro-saint but d'améliorer la sécurité ne font que démontrer ce que nos dirigeants n'osent pas dire tout haut. Dans le fond, le seul et unique problème, c'est le chauffeur.

    Ici comme ailleurs, quand une perte de maîtrise se termine avec des victimes, elle n'est jamais le résultat de la formation, de l'habileté, du jugement ou de l'expérience. elle est l'aboutissement de la vitesse comme si le moteur s'était emballé de lui-même, de la chaussée glacée comme s'il était imposssible d'en rencontrer quand la température tombe sous zéro et, de l'alcool au volant comme si on avait gavé de force le conducteur comme on le fait pour les canards.

    C'est malheureusement comme cela que nos gouvernements règlent l'épineux problème de la sécurité routière. On ne blâme pas la personne qui est aussi l'électeur. On met la faute ailleurs. Heureusement, il y a un espoir que la vérité fasse surface un jour. Mon assureur privé ne partage pas la même vision. Après avoir réglé une réclamation, il sait à quel responsable il doit refiler la surprime.
  • Bonjour,

    @nitro22
    Dictature?

    Le mot me semble fort. Nous parlons de sécurité, de la vie des gens. Cela n'a rien d'un diktat. C'est une nécessité!

    François Racine
  • En fait, je rêve du jour où tout sera contrôlé, non seulement par la voiture, mais aussi par un système global de contrôle routier. Ce système permettrais de gérer tout le flux de voitures sans les "lumières" et les STOP, en ordonnant les véhicules selon des algorithmes plutôt simples en fait!
    Il serait même facile d'introduire les véhicules d'urgence à travers la circulation, sans avoir de tatas qui ne savent pas où se mettre quand un véhicule d'urgence leur klaxonne après!
    Et pour ceux qui veulent absolument conduire, il y aura toujours les pistes de courses, prévues pour ça, où on peut lâcher un peu notre fou sans trop risquer de tuer quelqu'un.
    Dans cette situation, les systèmes de prêt d'autos, comme Commun'auto, seraient très intéressants. Imaginez, l'auto arrive chez vous toute seule lorsque vous la commandez et une fois que vous êtes rendu, elle repart pour un autre client!
  • La dictature de la sécurité à tout prix va continuer de plus en plus, jusqu'à ce qu'on ai la même vie que notre grand-mère.

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