article:4497794:article

La roue n'est plus d'aucun secours

L'enquête a été menée en Belgique, mais ses conclusions concernent, à l'évidence, l'ensemble de la planète automobile. Réalisée le mois dernier, elle révèle que huit véhicules neufs sur dix n'ont plus de roue de secours.

Agrandir

L'enquête a été menée en Belgique, mais ses conclusions concernent, à l'évidence, l'ensemble de la planète automobile. Réalisée le mois dernier, elle révèle que huit véhicules neufs sur dix n'ont plus de roue de secours.

Photo archives Associated Press

Publicité

Publicité

Éric Lefrançois | La Presse

Publié le 20 février 2012 | Mise à jour le 5 mars 2012 à 09h41

La roue de secours a vécu. Autrefois bien visible, elle s'est compactée comme une galette, et sera bientôt remplacée par une bombe anticrevaison pas toujours efficace.

L'enquête a été menée en Belgique, mais ses conclusions concernent, à l'évidence, l'ensemble de la planète automobile. Réalisée le mois dernier, elle révèle que huit véhicules neufs sur dix n'ont plus de roue de secours.

Huit sur dix. Il y a trois ans, le VAB, un club automobile belge, avait dirigé une étude similaire et le ratio était alors de quatre sur dix. Pas la peine de sortir la calculette, c'est clair: la roue de secours est vouée à disparaître à brève échéance. Et pas seulement elle, mais toute la quincaillerie qui l'accompagne: le cric et la clé de démontage. Surpris? Ce n'est tout de même pas la première chose qui disparaît de nos véhicules. Tenez, les fumeurs, par exemple, pleurent toujours le retrait du cendrier et de l'allume-cigarette. Et les mauvais conducteurs, l'époque où les pare-chocs avaient des butoirs.

Pourquoi sacrifier la roue de secours? Après tout, n'a-t-elle pas été intégrée aux codes esthétiques de certaines marques automobiles, comme Lincoln? Celle-ci a longtemps dessiné le couvercle du coffre de ses produits comme si cette cinquième roue se trouvait positionnée à l'arrière, à la verticale. Et que dire de ces utilitaires (Honda CR-V, Toyota RAV4 et autres Jeep) qui, signe d'aventure, collaient une roue de secours à leur arrière-train?

Le plaidoyer de l'industrie automobile en faveur de la suppression de la roue de secours ne manque pas d'arguments. Selon sa taille, une roue de secours pèse entre 10 et 20 kilogrammes. Son élimination entraîne instantanément une diminution de 1 ou 2 g/km des émissions de CO2. De plus, sa disparition permet d'aménager un nouvel espace de rangement, d'augmenter la capacité du réservoir de carburant ou encore d'implanter plus aisément la batterie supplémentaire que réclame un modèle à motorisation hybride (mi-essence, mi-électrique).

Un bon pas pour l'environnement. Mais qu'en est-il de la sécurité? Les crevaisons se font de plus en plus en rares. Si l'on prête foi aux fabricants de pneus, celles-ci se produisent en moyenne à tous les 70 000 kilomètres. Êtes-vous rassuré? À votre place, je ne le serais pas. L'état de nos routes et les particularités de notre climat - l'hiver surtout - rendent la bombe anticrevaison en pratique inopérante. Celle-ci ne peut vous venir en aide si le pneu est entaillé ou complètement à plat. Dans ce dernier cas, mentionnons que certains modèles proposent en complément un compresseur électrique. Certains, mais pas tous. Autre solution, les pneus dits «run flat» chaussés par certains véhicules haut de gamme, mais ceux-ci comportent des flancs très rigides (adieu confort de roulement) et ne parviennent pas, eux non plus, à colmater les grosses fissures.

Est-ce cela le progrès?

Publicité

Propulsé par FordComparer des véhicules »

1 Ford - Fusion 2012: L'apprentie sportive

Ford - Fusion 2012: L'apprentie sportive

2

Ajouter un véhicule

3

Ajouter un véhicule

Sélectionner d'autres modèles

Commentaires (17)

  • J'ai malheureusement dû changer un pneu crevé ( clou, vis, nid-de-poule, valve finie etc) une bonne dizaine de fois jusqu'à maintenant. Quand les conditions le permettent, c'est beaucoup plus rapide que d?appeler une dépanneuse.
    Donc, un pneu de secours, même si c'est le petit beigne, est une obligation dans mon cas.
  • Tout comme les "tubeless" et les "radials", les pneus zero-pression seront un jour la norme. D'ici à ce que les prix baissent, on pourrait toujours offrir la roue de secours en option au moins pour ceux qui préfèrent se débrouller tout seul au lieu de donner 100$ à une remorqueuse.
  • 3 crevaisons à date dans mon cas. Un clou, un nid de poule et un coil spring cassé (heureusement, j?étais à l?arrêt quand celle-ci s?est produit?)

    Il y a surement plusieurs personnes qui utilisent l?assistance routière pour faire installer leur roue de secours. Mais s?il n?y a plus de roue de secours?? Une fois sur deux, ça nécessitera probablement un remorquage. Ça ne risque pas d?arriver souvent dans une vie, mais quand ça arrive?
    C?est comme une assurance finalement...
  • Car and Driver vient de terminer un essai long-terme (un an et demi, environ 40 000 miles) d'une BMW série 5 équipée du groupe sport, qui vient avec des pneus "run flat".

    La voiture a nécessité 4500$ de pneus et roues, sans compter les pneus d'hiver.

    Au Michigan, le pavage semble aussi "beau" qu'ici, et les pneus et / ou roues se sont brisés sur des nids-de-poule. 2 roues remplacées, 4 redressées. Quand aux pneus, quand les flancs ne brisent pas, ils s'usent très vite.

    Parlez-en aux proprios de Toyota Sienna awd, équipée de run-flats à changer aux 25,000 km...
  • Je dirais que pour la vaste majorité des déplacements en voiture, la roue de secours n'est pas nécessaire, surtout en ville. Je soulignerais également que les manufacturiers d'automobiles incluent un service d'assistance sur route pour x nombre d'années. Par la suite, un abonnement à un autre service d'assistance procure une paix d'esprit pour un grand nombre de personnes. L'élimination de la roue de secours semble découler d'un compromis basé sur le risque éventuel de crevaison sur un véhicule. Il serait intéressant de sonder les automobilistes sur cette question. La réponse pourrait surprendre.

    Pour ma part, je préfère avoir une solution de rechange en tout temps. Ma roue de secours est là pour rester.



  • Combien de chance quelqu'un a-t-il de faire une crevaison avec son véhicule ?

    Une chance sur 1,000

    OK !

    Personne ne s'ait par contre le numéro de la séquence qui offrira le gros lot !

    Quelque soit les raisons profondes des fabricants qui s'aligneront sur ce retrait des roues de secours, elles favoriseront les véhicules qui en ont une inclus à bord pour les acheteurs prudents et avisés.

    Il est vrai que passé 50 ans la pluspart des propriétaires de véhicules téléphonent pour une remorqueuse lors d'une crevaison. Mais entre 21 et 49ans la grosse moyenne changent leurs pneu crevé eux-même.

    Évidemment, il y a d'autres scénarios où le pneu de secours est tout aussi nécessaire que les miroirs extérieurs latérales.

    Comparer le pneu de secours à un briquet ou à un pare shock tout métal chromé et remplacé par des butoires à pistons et polyéthylène hyper compressé ce n'est certe pas sérieux comme argument de cabale, à mon avis.
  • @Eric L: «Êtes-vous rassuré? À votre place, je ne le serais pas.»
    +++++++

    Moi non plus je ne le suis pas. Bien sûr, je n'ai pas eu à m'en remettre à ma roue de secours depuis des années mais pour une seule raison: Dans ma jeunesse, je fus «tire man» dans le garage du paternel. Cela fit que j'ai appris à entretenir mes pneus comme du monde, à les surveiller, à réparer une crevaison et, au moment opportun, installer et enlever mes pneus d'hiver déjà montés.

    J'ai un mini compresseur dans mon coffre à outils ainsi qu'un nécessaire de réparation de crevaisons. J'ai eu à m'en suis servi sur toutes mes voitures depuis que je conduis. Et j'ai même dépanné d'autres automobilistes aux prises avec des problèmes de pneus. N'aurais-je pas eu cette compétence, j'aurais eu besoin d'une roue de secours. Et j'ai toujours besoin du cric, au moins deux fois l'an pour l'opération «pneus d'hiver».

    Les constructeurs me font rire avec leurs ratiocinations. Comme le dit Stan dans ''Les Boys'': «Dans mon livre à moi», c'est juste une question de fric à économiser. Une roue, un pneu, un cric, une manivelle, le dispositif de retenue, l'enveloppe à outils, alouette! Et multipliez ça par le nombre de voitures produites, en appliquant le «principe du salami» c'est-à dire l'accumulation de tranches minces, ça commence à «minoter» rare. Et qui est assez naïf pour croire qu'ils vont nous passer l'économie?

    Bref, même si, à la limite je n'aurais besoin que d'un cric et de sa manivelle, je veux garder aussi le pneu et sa roue car il se trouve qu'il y a des dommages qui ne se réparent pas avec un nécessaire à crevaisons et encore moins avec ces bonbonnes inutiles par temps froid. Et quand on est loin de sa base et qu'il n'y a pas de CAA Québec autour, et que de toute façon le cellulaire ne «rentre pas» là où on est, on est supposé faire quoi?

    JFC
  • Bonne question. J'ai démonté, l'automne dernier, la roue de secours du dessous de mon 4Runner pour la vérifier et y ajouter de l'air. Le pneu est monté sur un "mag" d'origine. Le tout doit peser pas de 100 livres.

    Je me suis dit que je n'avais pas 100 livres à trimbaler pour rien. Je l'ai retirée pour de bon et remisée dans le "coffre de rengement" de mon VR. Puis, je me suis acheté une bombe au latex AVEC compresseur intégré. Et, oui, effectivement je suis à peu près certain que le latex dans la bombe doit être gelé dur, pire, il a peut-être souffert de cycles gel-dégel.

    Mais il me reste le 1-888-TOYOTA8. Et lorsque ce programme sera terminé, je m'abonnerai au CAA.
  • J'ai 29 ans et je n'ai jamais changé un pneu! Je crois que la dépanneuse arriverait avant que je n'ai eu le temps de lire le manuel d'utilisation du cric... Aujourd'hui avec les cellulaires, à moins qu'on ne se déplace en terrain très éloigné... pas grande utilité pour le pneu de secours.
  • Bien d'accord avec toi. La roue de secours de petite taille était parfaite. L'enlever est une très mauvais idée.
  • Est-cela le progrès? Même en 2012, il n'y a pas le quart des garagistes qui peuvent serrer les écrous de roues correctement. À quoi bon avoir une roue de secours quand on ne peut même pas déserrer la roue à changer. Je ne compte plus le nombre d'outil ou de boulons brisés en tentant d'enlever une roue.
  • Je pense que oui.
    Le progrès demande des renoncement, hélas ou hourra, c'est selon.
  • La réalité, c'est que la grande majorité des femmes (la moitié des conducteurs) n'ont ni la force, ni les connaissances mécaniques pour changer une roue. De plus, c'est salissant. Alors on appelle le CAA. Car un cellulaire, tout le monde a ça, à défaut de savoir se débrouiller.



    Et je connais sur ce point beaucoup d'hommes qui se comportent de la même façon.



    Alors, effectivement, la roue de secours est condamnée. De moins en moins de gens savent travailler de leurs mains ou acceptent de se les salir.
  • Je pourrais m'en passer. De toute façon la seule fois où j'ai eu besoin de mettre ma roue de secours j'étais dans la rue chez moi et elle était collée... ça a tout pris pour la faire décoller et sur le bord de la route je n'aurais pas eu suffisamment d'espace... et maintenant on a tout le temps l'assistance-routière gratuite pendant 5 ans quand on achète un véhicule, sinon il y a CAA. Moins commode, mais si la roue est collée, on a besoin de leur aide de toute façon!

    Je préfère tout de même l'avoir pas loin au cas où...
  • Moi quand j'ai acheté ma voiture en 2001, une Celica GT-S, j'ai été agréablement surpris d'y retrouver une roue de secours pleine grandeur avec un mag en prime!

    J'ai toujours détesté les "donuts" comme pneu de secours. En 11 ans avec cette voiture, j'ai fait face à au moins 6 ou 7 crevaisons qui m'ont demandé d'installer le pneu de secours.

    Aussi, après avoir frappé à pleine vitesse un nid de poule très profond j'ai abimé un de mes mags, j'ai pris celui du pneu de secours comme rechange.

    Si le pneu de secours ne vient plus avec la voiture, bien j'en placerai un moi-même dans le coffre, je ne veux pas m'en passer!
  • Je n?ai pas de pneus de secourt dans mon BMW X3 et je n?ai pas non plus de « bombe anti-crevaison ». En fait il arrive avec des pneus RFT (Run Flat Tire). Et les pneus d?hiver que j?ai acheté sont aussi des RFT.

    Donc si je fais une crevaison, je peux continuer à rouler dessus (les flancs sont renforcés pour ne pas que le pneus écrase) jusqu?à 80 ou 90 km/h et ce sur plus de 150 ou 200 km s?il le faut. Pas besoin d?arrêter pour changer de pneus (souvent dans les pires conditions possible et SI on réussi à dévisser les nut serré à l'impact) ou foire quoi que ce soit. Très pratique ! Mais un peu plus chère par pneus.

    Et c?est faux de dire « adieu confort de roulement », il est beaucoup plus confortable que les voitures, sans RFT, que j'ai eu avant.
  • J'aurai une autre question, Combien faites-vous de crevaison par année?

    Personnellement, je me souviens que d'une crevaison dans les 10 dernières années (et je suis loin d'être une référence sur le changement recommandé des pneus). Cette crevaison est arrivé à environ 1km de chez moi. Comme c'était une roue d'acier, j'ai mis les "4 flasher" et je suis rentré chez moi en première sur le idle.

    Deuxième exemple, il y a quelque années, j'ai acheté une voiture usagée. Il y avait de l'eau dans l'emplacement pour le pneus de secours. J'ai donc enlevé le pneu et je me suis mis à la recherche de la fuite les semaines suivante. 2 ans plus tard, je revends la voiture et je m'aperçois alors que j'avais oublié de la remettre. On peut pas dire qu'elle m'ait servit souvent!

    En résumé, je trouve que oui, c'est un progrès de ne plus avoir de roue de secours. Les pneus sont beaucoup plus fiable qu'autrefois et le surpoids additionnel ne sert pas vraiment. De plus, combien de voiture feront leur vie entière sans utiliser leur roue de secours? On évite ainsi le gaspillage (d'effort de fabrication, de matériel et de contrainte pour la loger ds le véhicule), ce qui est aussi a mes yeux, du progrès!

Recherche

Publicité

Publicité

Publicité

image title
Fermer
image title
Fermer