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Les chiffres et leurs secrets

Le bulletin mensuel des ventes de véhicules peut être trompeur, car il n'explique ni les pertes ni les gains de chaque marque. Il se limite plutôt à livrer des chiffres bruts, sans plus de détail.

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Le bulletin mensuel des ventes de véhicules peut être trompeur, car il n'explique ni les pertes ni les gains de chaque marque. Il se limite plutôt à livrer des chiffres bruts, sans plus de détail.

Photo : Gary Cameron, archives reuters

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Éric Lefrançois | La Presse

Publié le 5 novembre 2012 | Mise à jour le 19 novembre 2012 à 10h49

En pleine forme, le marché canadien de l'automobile est en voie de battre son propre record cette année avec plus de 1,7 million de véhicules vendus.

Le marché automobile a une apparence: les chiffres de ventes officiels, diffusés le premier de chaque mois. Et le jeudi 1er novembre ne faisait pas exception à la règle.

Pratiquement tous les constructeurs avaient une bonne nouvelle à annoncer. Que des augmentations bien sûr. On peut lire par exemple que «les ventes d'octobre établissent un nouveau jalon dans l'histoire de 35 ans de Subaru ou que «les résultats d'octobre de Kia ont permis à la marque de totaliser 46 mois consécutifs de croissance, du jamais vu dans l'industrie».

Voyez le genre. Tout le monde a le torse bombé encore ce mois-ci, à l'exception de Jaguar (-28,3%), General Motors (-4,6%) et de quelques autres qui enregistrent un recul par rapport à la même période l'année dernière.

Ce bulletin mensuel ne dit pas tout. Il n'explique ni les pertes ni les gains de chaque marque. Il se limite à livrer des chiffres bruts, sans plus de détail. Voilà pourquoi, il est nécessaire de les interpréter avec prudence et surtout de les relativiser avant d'en conclure qu'un constructeur a le vent ou du plomb dans les ailes. Par exemple, quelques marques japonaises claironnent de spectaculaires augmentations de leurs ventes - parfois de plus de 20% -.

Ces constructeurs omettent de rappeler qu'à pareille date l'année dernière, la production industrielle japonaise n'était pas encore totalement remise du séisme, du tsunami et des inondations qui ont touché le pays, entraînant l'arrêt forcé de plusieurs équipementiers ou la forte appréciation du yen. Si tous ces événements ne s'étaient pas produits, enregistreraient-ils toujours des records?

Les chiffres publiés par les constructeurs se gardent bien de mentionner les promotions (rabais et autres «cadeaux» consentis aux consommateurs) pratiquées au cours du dernier mois ainsi que l'offre de financement faite aux acheteurs.

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Mais par-dessus tout, il y a aussi une vérité plus profonde, plus secrète: ces mêmes ventes se trouvent réparties comment par catégories d'acheteurs? Car la globalité des chiffres ne permet pas de saisir les mouvements qui traversent ce secteur économique: baisse des ventes aux particuliers, progression des ventes aux sociétés, aux entreprises de location de courte durée et des voitures de démonstration. Ces chiffres sont souvent tenus secrets.

Un bon exemple. Il y a quelque mois, un constructeur annonçait fièrement, chiffre à l'appui, une hausse spectaculaire des ventes de l'un de ses modèles. Le nombre d'unités vendues de ce modèle est d'autant plus étonnant que celui-ci était totalement moribond. Vérification faite, 85 % des acheteurs étaient en fait des entreprises de location à court terme.

Toutes les ventes ne sont pas égales entre elles. Pour un constructeur, l'intérêt financier va en ordre décroissant selon qu'il s'agit de ventes aux particuliers, aux sociétés, aux loueurs de courte durée, ou de véhicules de démonstration écoulés peu après sur le marché de l'occasion récente.

Pour simplifier, les ventes aux particuliers et aux sociétés sont rentables. Les ventes aux loueurs de courte durée (Avis, Hertz, Entreprise, etc.) et les véhicules de démonstration le sont moins, voire pas. Les ventes aux sociétés ne disent donc pas tout. Les ventes aux particuliers non plus.

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Commentaires (9)
  • @ Gérard Menvusa
    Oui, je me rappelle ! En fait je crois que c'était à 250 km/h qu'il s'est fait prendre et il conduisait un BMW X6M effectivement.
    Un bon truc pour contrer les photo-radar ? Un support à vélo (pôle) sur un hitch. Ça masque une partie de la plaque, avec un vélo ils ne voient plus la plaque du tout ;-)
  • @ françois_qc
    L'an dernier, un employé de stationnement d'un grand hôtel de Montréal, avait emprunté la BMW d'un client pour aller faire une petite virée sur l'autoroute 520 à 240 km/h. Il a été arrêté par des policiers. Il semblerait qu'une pompe-à-fric ne peut pas grand chose dans ces cas typiques. L'automobile n'apparait pas aucentre de la photo et celle-ci n'est pas assez nette pour lire la plaque..
  • @ Python Un
    Je suis 100% d'accord avec toi ici. Mais chialer ici ne règlera rien.
    On sais tous que la vitesse n'est pas LE problème. Que le problème c'est l'incompétence et le manque de jugement des gens au volant. Le meilleur exemple est l'Allemagne, ils ont des tronçons d'autoroute sans limite de vitesse et le bilan routier est beaucoup mieux que le notre.
    Et dans les années 70 quand la vitesse avait été baissé, ils ne parlaient pas de sécurité mais de nous forcer à économiser de l'essence pendant la crise du pétrole.
    Anyway ...
  • @francois_qc
    On chiale contre les photos-radars car on sait très bien qu'à l'endroit où ils sont placés, leur impact sur la sécurité est nul. Le plus payant d'entre tous (Autoroute 15 sortie Atwater) est le meilleur exemple. Toute cette image de sécurité que tente de nous vendre le gouvernement, c'est de la bullshit de démagogue. Si la SAAQ était vraiment intéresser à vos fesses, elle compilerait votre dossier d'accidents, elle ferait passer des tests exhaustifs de conduite et assurerait un suivi aux 10 ans de vos habilités à contrôler un véhicule.
    Mais cette vision est trop élitiste pour nos fonctionnaires à Québec. On préfère le nivellement par le bas c?est-à-dire peupler nos routes d'abrutis pour ensuite réduire la limite à un niveau tellement bas que même le plus incompétent peut conduire sans se tuer.
    Et comme les moutons n'aiment pas les coupables, on instaure le no-fault. Les incompétents peuvent donc avoir des accidents à volonté sans avoir aucun point au permis. Par contre, celui qui ose défier le berger en roulant à 120 km/h, oh la la.. celui-là, il doit payer la note. Quelle note ? La note de ceux qui ont eu des accidents sans dépasser la limite, sans avoir aucun point. Beau système n'est pas ?
  • Monsiur Lefrancois , vous parler Èa mots couvert dont Honda et Toyota , on est pas des imbéciles . Quand vos bonnes compagnies américaines avaient des records de vente vous le disez a qui voulait l'entendre !! Les américains ne vendaent pratiqement pas de voitures avant de faire faillite . Bravo a Ford qui a su s'en sortir sans argent des pauvres contribuables que nous sommes . Chrysler ne vendait pratiquement plus et GM en déroute totale . Est-ce que Honda , Toyota entre-autres ont eu besoinde $$$ des contribuables hé bien non . Faites attention quand mëme a ce que vous dites vous êtez un journaliste de grâce soyez impartiale même si vous n'aimez pas les compagnies autres qu'américaines .
  • Un bon truc pour ne pas se faire prendre par un photo-radar ... Aller moins vite et respecter les limites de vitesse. ;-)
  • @ François_qc
    Les grands panneaux annoçant les pompes-à-frics servent à deux choses:
    Premièrement, il faut convaincre les gens que l'on installe des radars-photo pour la sécurité. C'est le crédo de toutes les compagnies qui fournisssent la technologie. On veut que les usagers de la route les voient bien car il est impératif d'obtenir de bons résultats. Lorsque leur efficacité, maintes fois remise en cause depuis 50 ans, aura été faussement démontré, on en installera d'autres et "Le Roy" nous l'a confirmé. Le panneau est plus efficace que la pompe-à-fric elle-même.
    Deuxièment, les panneaux vont disparaître quand les radars ne seront plus aussi payants. C'est exactement ce qu'a fait le président Sarkozy en France et le Maire Katz dans la Ville de Winnipeg. En passant, l'expérience pilote d'une durée de deux ans au Québec a couté 6.6 milions de dollars pour seulement 15 appareils. Environ 450 000 $ par radar. En France, les premiers photmatons ont coûté 100 000 euros (156 000$ canadien à l'époque). Pourquoi avons-nous payé si cher?
  • @ Jean Livernois
    Je ne comprends pas pourquoi vous chialez contre les photo-radars car c'est ridicule ici, ils les annoncent à 2 ou 3 reprises avant d'y arriver, alors si vous êtes assez "épais" pour vous faire prendre, c'est que vous la méritez votre contravention ! ...hihihi... Moi J'en ai jamais eu !

  • Ronald Harry Coase: « Si vous torturez les statistiques assez longtemps, elles vous diront éventuellement tout ce que vous voulez ».
    Prix Nobel d'Economie 1991
    Le 5 juillet 2007, lors du dépôt du premier rapport de la table de concertation sur la sécurité routière, son président annonçait le retour de radars-photo au Québec. Ceux qui, comme moi, sont de joyeux quiquagénaires, doivent se rappeler de la brève période où ils ont été utilisés, soit de 1971 à 1973. Malgré leur disparition, le bilan routier au Québec est passé de 2 020 décès en 1972 à 515 en 2009, l'année du retour.
    L'argument massue qu'avait employé "Le Roy" (traduction du patronyme De Koninck) était la forte baisse de 40% de la mortalité routière en France depuis leur introduction en 2001 et au cours des trois qui suivirent. Il y a bel et bien eu une diminution de 9, 21 et 8 % de 2001 à 2003. Cependant, ce que monsieur De Koninck ne vous a pas dit, c'est que la première pompe-à-fric a été mise en service le jour de l'Halloween 2003!!! Comment un mathématicien peut-il imputé une statistique à une période qui ne la touche pratiquement pas?
    La Presse, comme d'autres quotidiens francophones, n'a jamais osé vérifier les affirmations du Roy. Monsieur De Koninck a publié un livre après le second dépôt, Routes et Déroutes, bien que cela ne faisait pas partie de son contrat. Ce qui laisse croire qu'il aurait utilisé une clause de la convention collective des professeurs d'université. Ils ont droit à une année sabbatique rémunérée à tous les sept ans afin de parfaire leurs connaissances à la condition de publier leurs recherches. Nous avons appris que monsieur de Koninck a été payé plus de 100 000$ pour son mandat. Est-ce qu'il serait pertinent d'apprendre qu'il aurait possiblement empoché son salaire de professeur durant la même période?

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