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La naissance d'une idée

L'idée d'appliquer un rouage à quatre roues motrices sur une auto de tourisme est née chez Audi de l'Iltis (à gauche), véhicule d'assistance destiné à remplacer celui utilisé alors par l'armée allemande.

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L'idée d'appliquer un rouage à quatre roues motrices sur une auto de tourisme est née chez Audi de l'Iltis (à gauche), véhicule d'assistance destiné à remplacer celui utilisé alors par l'armée allemande.

Photo fournie par Audi AG

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Éric Lefrançois | La Presse

Publié le 26 novembre 2012 | Mise à jour le 10 décembre 2012 à 08h49

Le concept imaginé par Ferdinand Piëch (ingénieur d'abord, capitaine d'industrie ensuite) et de Joerg Bensinger, spécialiste châssis, ne manquait pas d'audace. Celui-ci consistait à transposer à la voiture de monsieur et madame Tout-le-Monde ce qu'ils avaient appris des 4 x 4 militaires.

L'idée n'était pourtant pas nouvelle. Le rouage à quatre roues motrices était déjà employé à cette époque par la firme Jensen pour son modèle Interceptor. Cette technique avait également fait de furtives apparitions en compétition automobile (y compris en Formule 1) plusieurs années auparavant. Piëch et Bensinger n'ont rien inventé. En revanche, ils ont permis la démocratisation de cette application aujourd'hui reprise par l'ensemble des constructeurs automobiles.

La petite histoire raconte que l'idée est venue tout à fait par hasard au cours d'une séance d'essais hivernale menée dans les années 70. L'un des prototypes dont Audi était à parfaire la mise au point s'était enlisé dans la neige à la suite d'une sortie de route. On a alors fait appel au véhicule d'assistance, un Iltis, projet destiné à remplacer celui utilisé alors par l'armée allemande. Joerg Bensigner était sur place et a été étonné de l'aisance avec laquelle l'Iltis circulait sur la neige. Il en a fait part à Ferdinand Piëch, qui a ordonné la mise en chantier du système Quattro pour une application routière.

Au départ, la firme allemande ne nourrissait pas de très grands espoirs de succès pour cette technologie. En effet, Audi estimait être en mesure de commercialiser 400 exemplaires de ce modèle. Il faut rappeler qu'à cette époque, ce coupé à quatre roues motrices était vendu sensiblement le même prix qu'une Porsche 911... Pourtant, l'Ur-Quattro a connu une réussite commerciale inespérée. En fait, quelques 12 000 d'entre elles ont vu le jour entre 1980 et 1991. Il faut dire que les succès remportés avec cette auto dans les épreuves de rallye ont très certainement contribué à accroître sa notoriété.

La technologie a beaucoup évolué depuis. Aujourd'hui, grâce à la révolution électronique et électrique, il est possible de faire varier la puissance en fonction de l'adhérence et de détecter l'amorce de patinage, source de perte de maîtrise. À ce sujet, nous vous invitons à consulter notre dossier sur le sujet en pages 10 et 11.

Tous les constructeurs ont emprunté cette voie, car cette solution demeure, dans une province comme la nôtre et toute autre contrée frappée régulièrement par la neige et le froid, la plus efficace et aussi la plus sûre. Elle n'est pas indispensable pour autant. Les immenses progrès réalisés par l'industrie du pneumatique conjugués à l'ajout de nombreuses aides à la conduite comme l'antipatinage et l'antidérapage amènent aujourd'hui certains consommateurs à se questionner sur la valeur réelle de ce dispositif à quatre roues motrices. Il n'est pas indispensable, c'est vrai, mais sa présence rend toujours la conduite plus sûre, plus apaisante, et ce, qu'il y ait de la neige ou pas.

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Commentaires (9)
  • Je prends comme source,l'auto 2012 article de Louis-Alain Richard sur la Volkswagen Tiguan.On y dit qu'il existe trois sortes de rouage intégral: Réactif,Optionnel et Permanent.Si je veux mettre des voitures associées à ces rouages,est-ce que je me trompe en disant qu'une Nissan Rogue pourrait être un rouage réactif,qu'une Volvo,BMW,Mercedes pourrait être un rouage optionnel et qu'une Subaru,Audi,Mitsubishi pourrait être un rouage permanent?
  • "La série Eagle à transmission intégrale, introduite en 1980, tire son origine d?une plate-forme développée pendant les années 1970 et d?une carrosserie de Concord, le premier type de crossover/multi-segments jamais produit."
    Une Audi Quattro, une Subaru Leone sont des berlines et ne sont donc pas des crossover, des multi segments ou des VUS. Elles restent des véhicules à transmission intégrales disponible sur le marché avant les produits AMC ou Eagle.
    Jeep offrait des produits disposant de 4 roues motrices, mais je crois que c'était à prise temporaire et souvent même cela nécéssitait une intervention à l'arrêt de l'intérieur du véhicule et parfois même de l'extérieur. Pour moi il s'agit de la différence entre des véhicules spécailisés (travail précis, conduite hors route) et véhicule de promenade.
    On pourrais sans doute remonter avant Willis Overland...
  • Il me semble qu'une fois de plus les allemands n'ont rien inventé, pas plus que les Japonais d'ailleurs.
    Les premières voitures 4X4 furent les American Motors Eagle version 4X4 de la Concord.
    Et bien avant les Audi 4X4 existèrent les Jeep, Cherokee, Blazer et Suburban.

  • Audi va probablement changer complètement de philosophie pour la traction intégrale. Ils sont en discussion pour adapter la technologie d'American Axle eAWD. En fait, plus de lien mécanique mais en lieu et place un lien électrique, ce qui permettra de désengager complètement un essieu lorsque les conditions le permettent.
    http://www.aam.com/Technology/eAWD-System-127.html
  • Et aujourdhui toute bonne voiture bourgeoise nord-nord-amerikaine est equipee de rouage integrale meme si il y a de la neige 4 mois par annee ...
  • "1972 : Subaru commercialise la transmission intégrale à 3 différentiels sur son break Leone. Les quatre roues motrices deviennent un argument de vente en termes de sécurité active."
    Une fois encore, il semble qu'une idée puisse naître en plusieurs endroit et dans plusieurs esprit...
    Quand l'idée est bonne elle est retenue, et sa paternité devient l'objet de revendications...
  • Pondre un article sur l'efficacité variable des systèmes de traction intégrale était la naissance d'une idée que j'attendais depuis longtemps des chroniqueurs automobile. Malheureusement, le bébé est mort-né puisque votre dossier ne compare pas vraiment les différents systèmes disponibles sur la marché par rapport à la version traction du même modèle. Pourtant, on indique que certains systèmes ont une utilité discutable. On aurait aimé savoir lesquels. Dommage. Vraiment dommage. Cela aurait très utile pour les consommateurs...
  • Un système efficace quelque soit le modèle audi ....malheureusement qui donne a certains de ces propriétaires une confiance a tout épreuve ....attention!!!!
  • M. Lefrançois,
    Votre article est bien intéressant. Or, il ne faudrait pas oublier le rôle de pionnier joué par Subaru en 1972 avec le lancement de la première voiture à traction intégrale destinée au grand public, la Leona 4WD. Subaru, tout comme Audi dois-je le préciser, dispose probablement du meilleur système de traction intégrale de l'industrie automobile.
    Cela dit, j'ai longtemps hésité, il y a un an, au moment d'acheter un nouveau véhicule entre une Audi A3 Quattro et une Subaru WRX Limited. Après quelques jours de réflexion déchirante, j'ai opté à prix égal pour Subaru à cause de la fiaibilité, du style et de la motorisation, même si Audi à une longeur d'avance en terme de technologie de motorisation.
    Amusez-vous bien dans la neige! :)

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