Encore utile un salon de l'auto?

«Il faut un environnement où on peut toucher... (PHOTO EDOUARD PLANTE-FRÉCHETTE, LA PRESSE)

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«Il faut un environnement où on peut toucher la voiture, la comparer, la sentir», affirme le professeur de management de l'Université Laval Yan Cimon.

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Sébastien Templier
La Presse

La question est récurrente. Chaque année, les rendez-vous automobiles de Detroit et de Montréal relancent le débat: un salon, est-ce bien pertinent de nos jours ? La médiatisation, l'internet et les soirées réservées aux dévoilements de premières fragilisent le principe d'une exposition traditionnelle. Au point de voir disparaître les salons automobiles à terme?

À QUOI CELA SERT-IL?

Pour le consommateur, «un salon est un endroit idéal pour magasiner car il n'y a pas de pression et ça permet de faire des découvertes», avance Denis Dessureault, directeur exécutif du salon de Montréal. Si ce genre d'événement permet également d'être au parfum des avancées technologiques, arpenter les allées d'un salon, c'est avant tout comparer les modèles et essayer les véhicules. Pas seulement de façon statique. De plus en plus d'organisateurs proposent des essais routiers. «On voit des choses qu'on ne verrait pas chez un concessionnaire», résume M. Dessureault.

ET POUR LE CONSTRUCTEUR?

Pour le constructeur, «un salon reste un maillon essentiel pour faire connaître ses produits et se démarquer par rapport à la concurrence», estime Yan Cimon. Mais il est également la meilleure manière de prendre le pouls de la clientèle, poursuit ce professeur de management de l'Université Laval. «Il n'y a rien de tel que de voir les gens interagir avec les véhicules, de constater ce qui leur convient ou pas.»

REMISE EN CAUSE

Ces bonnes raisons n'empêchent pas des acteurs de l'industrie de s'interroger sur leur présence aux salons. «Ça devient de plus en plus difficile de se démarquer dans un salon automobile, car il y a beaucoup plus de modèles et de variantes dans chaque catégorie qu'avant, et ce, dans un espace qui n'est pas forcément plus grand», nous explique un cadre de Volvo Canada qui préfère garder l'anonymat. Pour des raisons stratégiques et économiques, la marque suédoise sera absente à Montréal pour la deuxième année consécutive, car elle préfère se concentrer seulement sur les trois plus grands salons du monde.

DE PLUS EN PLUS COÛTEUX

La raison d'une absence à un salon est souvent d'ordre budgétaire. « Pour les petits constructeurs, ce sont des dépenses importantes. Je peux comprendre leur absence à des salons », indique Denis Dessureault. À Montréal, la présence d'un constructeur comme GM se chiffre au-delà du million de dollars. À Paris ou à Francfort, on peut facilement multiplier par 10 le coût de cette présence. On ignore les chiffres exacts d'un tel investissement dont les retombées ne peuvent être mesurées directement. On dit cependant que la facture ne cesse de grimper. « C'est toujours la course au plus beau pavillon d'exposition », témoigne le cadre de Volvo.

DES SOIRÉES PRIVÉES

Paradoxalement, pour se démarquer, les constructeurs n'hésitent plus depuis quelques années à dévoiler leurs primeurs, parfois mondiales, avant même l'ouverture du salon aux médias, lors d'événements privés. «Pour avoir la une des médias le lendemain. Car les constructeurs ne contrôlent pas l'environnement médiatique d'un salon», précise notre chroniqueur automobile, Éric LeFrançois.

VU DU SALON...

Les constructeurs disposent à présent de nouveaux outils et canaux de diffusion pour mieux faire connaître leurs produits comme ils l'entendent. Le message est plus facile à faire passer sur les réseaux sociaux et sur ses propres sites internet, vidéos à l'appui. Conséquence, un salon automobile peut être suivi de son salon... mais l'effet est pernicieux. «L'internet a fait baisser nos chiffres d'achalandage, souligne le grand manitou du salon de Montréal, Denis Dessureault. On est passés de 240 000 visiteurs au début des années 2000 à 200 000 en moyenne à présent. La preuve, chez les concessionnaires, les gens arrivent maintenant en étant plus informés que les vendeurs!»

ENCORE VALABLE?

On a alors évidemment posé la question à nos observateurs et acteurs du milieu : un salon automobile a-t-il encore lieu d'être en 2016? La réponse est unanimement positive. «Il faut un environnement où on peut toucher la voiture, la comparer, la sentir. Le virtuel est intéressant pour donner de l'information. Le salon est un outil de mise en valeur et d'expériences. C'est un forum. Ça reste pertinent, mais il faut que le format s'adapte aux goûts du jour», résume Yan Cimon.

S'ADAPTER OU PAS

S'adapter aux goûts du jour et aux tendances à venir n'est pas à la portée de tous les événements, notamment les plus modestes. En voir disparaître est du domaine du possible. «Est-ce que tous les salons seront là dans 10 ans? J'ai un gros doute en raison de la baisse de leur popularité auprès des constructeurs et des consommateurs. Des outils sont offerts en ligne et la réalité virtuelle arrive dans les salles des concessionnaires», conclut notre témoin de Volvo Canada.




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