Des constructeurs optent pour Linux

Volvo estime que certains acheteurs seront prêts à... (PHOTO FOURNIE PAR VOLVO)

Agrandir

Volvo estime que certains acheteurs seront prêts à débourser quelques dollars de plus pour avoir une technologie dernier cri à bord.

PHOTO FOURNIE PAR VOLVO

Publicité

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

Publicité

Alain McKenna

Collaboration spéciale

La Presse

Automotive Grade Linux. C'est le nom donné à une suite logicielle libre que des constructeurs aimeraient imposer à l'industrie, afin de rivaliser avec les logiciels fermés et gourmands en données d'utilisation d'Apple, BlackBerry et Google.

La Toyota Camry... (PHOTO FOURNIE PAR TOYOTA) - image 1.0

Agrandir

La Toyota Camry

PHOTO FOURNIE PAR TOYOTA

UNE CAMRY « OPEN-SOURCE » ?

Les propriétaires d'un téléphone Android ou d'un iPhone qui se demandent pourquoi il a fallu attendre aussi longtemps avant que certains constructeurs se mettent à offrir les logiciels Android Auto et CarPlay dans leurs nouveaux véhicules ont maintenant la réponse : la nature et la quantité des données sur l'utilisation de ces systèmes exigées par ces géants de la techno soulèvent plusieurs craintes chez les constructeurs d'automobiles.

Il y a un peu plus d'un an, un rapport publié par la revue américaine Motor Trend a fait beaucoup réagir en indiquant qu'Android Auto collectait de l'information aussi pointue que la position de l'accélérateur, la température du liquide antigel et le niveau de lubrifiant dans le moteur.

Google a démenti cette affirmation, ajoutant que de toute façon, ses utilisateurs choisissaient volontairement de partager des données sur leur utilisation d'Android Auto avec elle, et que l'objectif n'était que d'offrir une expérience mains libres optimale.

Malgré tout, la méfiance n'est pas disparue dans l'industrie automobile. Au contraire, c'est l'effet inverse qui s'est produit : des constructeurs sont à la recherche d'une solution qui permettrait d'utiliser de façon plus transparente des données comme celles collectées par Google, ou de les partager avec d'autres partenaires.

AUTOMOTIVE GRADE LINUX (AGL)

Il y a deux semaines, le concepteur canadien de logiciels BlackBerry et sa filiale ottavienne QNX faisaient peu de cas de l'abandon de leur plateforme logicielle par Toyota, qui lui a préféré une solution libre appelée Automotive Grade Linux, ou AGL. Plus tôt ce printemps, des porte-parole du constructeur japonais avaient réitéré leur insatisfaction quant au logiciel installé dans certains modèles.

Pour BlackBerry, qui se définit comme « le leader de l'infodivertissement dans le marché automobile », aucune raison de s'inquiéter. « Nous avons un catalogue diversifié bien au-delà de l'infodivertissement », explique Marty Beard, directeur des opérations de l'entreprise canadienne. « Notre solution est certifiée et permettra aux fabricants de passer à des cadrans numériques, à des systèmes télématiques et à des aides à la conduite plus rapidement. »

Automotive Grade Linux (AGL), dans un véhicule Land... (PHOTO FOURNIE PAR LAND ROVER) - image 2.0

Agrandir

Automotive Grade Linux (AGL), dans un véhicule Land Rover

PHOTO FOURNIE PAR LAND ROVER

Qu'à cela ne tienne : AGL sera donc mis en marché pour la première fois cet automne, à l'écran du tableau de bord de la Camry 2018. Outre Toyota, Honda, Bosch, Jaguar Land Rover, Mazda et Nissan participent aussi au développement de ce nouveau logiciel.

Pour Linux, l'automobile pourrait être plus intéressante que les ordinateurs personnels, où ce système a toujours eu une part de marché très marginale par rapport à Windows (Microsoft) et Mac OS (Apple). Ce n'est pas l'utilisateur final qui prend la décision d'adopter un logiciel pour la radio de sa voiture. Les constructeurs aiment pour leur part la promesse de ne pas avoir à payer de royautés pour utiliser ce logiciel.

John Chen, PDG de BlackBerry, expliquait au début de juin qu'un système d'infodivertissement comme celui de QNX pouvait coûter entre 3 et 5 $ par voiture. « Quatre ou cinq fois plus, si on compte tous les modules qui peuvent s'y ajouter », dit-il. Une somme négligeable pour l'automobiliste, mais toute une différence pour les constructeurs qui vendent plusieurs millions de véhicules chaque année...

ANDROID AUTO : AUDI ET VOLVO EN VEULENT PLUS

Évidemment, les sociétés technologiques n'ont pas dit leur dernier mot. On a d'ailleurs pu voir la prochaine génération d'Android Auto, ce printemps, durant la conférence Google IO qu'Alphabet, la société mère du fameux moteur de recherche, organise chaque année en Californie.

Plutôt que d'agir comme prolongement du logiciel d'un téléphone intelligent présent dans la voiture, cette nouvelle interface est complètement autonome, et intègre les commandes de la climatisation, des composants électriques (comme les fenêtres) et autres. Grâce à une connexion cellulaire permanente, elle peut afficher du contenu provenant de services connectés, comme Google Maps, ou même des applications tierces, comme Spotify.

La marque Volvo, tout comme Audi, qui a récemment dévoilé un Q8 Sport Concept doté de la prochaine génération d'Android Auto, estime que certains acheteurs seront prêts à débourser ces quelques dollars de plus pour avoir une technologie dernier cri à bord. 

« Cette prochaine version d'Android Auto nous permettra d'offrir des centaines d'applications à bord, tout en conservant le visuel iconique de Volvo », explique Henrik Green, vice-président principal du groupe suédois. 

Le choix qui restera aux automobilistes à faire sera simple : à quel point sont-ils prêts à sacrifier des données sur le comportement en voiture pour avoir accès aux plus récents services d'information et de divertissement dans leur voiture ?




Comparer des véhicules »

1 Jeep - Cherokee 2016

Jeep - Cherokee 2016

2

Ajouter un véhicule

3

Ajouter un véhicule

Sélectionner d'autres modèles

Recherche

la boite:1602537:box

Publicité

Publicité

Publicité

Publicité

image title
Fermer
image title
Fermer