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Rendre sa voiture autonome

Sur l'autoroute 15 à 100 km/h sans les mains grâce à un logiciel gratuit

Le module de contrôle Comma.ai s'installe à droite... (Photo tirée d'une vidéo fournie par Victor)

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Le module de contrôle Comma.ai s'installe à droite du du rétroviseur.

Photo tirée d'une vidéo fournie par Victor

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Pendant que les gouvernements se préparent tant bien que mal à l'arrivée des véhicules autonomes, la technologie d'une petite start-up californienne permet déjà de modifier votre voiture pour qu'elle se conduise toute seule. La Presse en a fait l'essai sur l'autoroute 15 au nord de Montréal.

La voiture de Victor (nom fictif) roule sur l'autoroute 15, tourne à gauche, vire à droite, ralentit avec le trafic. Mais il ne tient pas le volant et ne touche pas les pédales.

C'est un logiciel qu'il a installé sur son téléphone, conçu par un pirate informatique californien de 27 ans, qui fait le gros des manoeuvres pour lui. Victor a même fait récemment la route de Montréal à Rivière-du-Loup pratiquement sans toucher le volant.

Victor, un crack en automobile et en informatique du nord de Montréal, est l'un des premiers au monde à avoir réussi à modifier lui-même le système de sa voiture, une Chevrolet Volt 2017, pour lui permettre de se conduire toute seule.

George Hotz, en 2007, avait 17 ans et... (AP) - image 2.0

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George Hotz, en 2007, avait 17 ans et avait réussi à déverouiller son iPhone du réseau AT&T. Photo: AP

AP

Comma.ai, une start-up de 10 personnes, a été créée par George Hotz. Geohot, de son nom de pirate informatique, s'est fait connaître il y a 10 ans - à 17 ans - en devenant la première personne à déverrouiller un iPhone, puis à pirater la console de jeu PlayStation 3, s'attirant des démêlés judiciaires avec Sony.

« Je veux gagner sur le terrain des véhicules autonomes », dit-il maintenant, joint par La Presse à San Francisco. 

Une cinquantaine de véhicules dans le monde utilisent le produit qu'il a mis en ligne gratuitement pour la conduite automobile. Victor possède l'un d'eux. Il préfère garder l'anonymat, non pas pour se cacher, précise-t-il, mais plutôt pour ne pas attirer l'attention sur son employeur.

Le système a été rendu public sur l'internet en décembre par Comma.ai. À la fin janvier, Victor l'a installé en modifiant le réseau informatique de sa voiture. Depuis, il se rend au travail tous les jours en s'assoyant sur le siège du conducteur, mais en laissant sa voiture se conduire elle-même.

Zone grise

Ironiquement, sa route quotidienne le fait passer près du centre de PMG Technologies, à Blainville, où Transports Canada mène des tests sur des technologies existantes, comme le pilote automatique de Tesla.

Dans la Volt de Victor, modifiée pour devenir... - image 4.0

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Dans la Volt de Victor, modifiée pour devenir une voiture autonome. Photo tirée d'une vidéo fournie par Victor.

Mais ces tests n'incluent pas encore le logiciel qu'il utilise.

Victor est lui-même sidéré par la rapidité à laquelle la technologie évolue : « C'est hallucinant, on est vraiment rendus loin et ça se démocratise à une vitesse débile. »

« Les gouvernements ne peuvent pas suivre. Ça va trop vite, il y a trop d'avancement. »

Dans un document publié en février, le cabinet d'avocats Lavery notait qu'il « existe actuellement un flou juridique quant à la conduite des voitures autonomes au Québec, celle-ci n'étant à ce jour pas encadrée par la législation en vigueur ».

L'entreprise Tesla venait, quelques mois plus tôt, de causer la surprise en ajoutant un pilote automatique dans certains de ses véhicules par une simple mise à jour informatique.

À la Société de l'assurance automobile du Québec (SAAQ), la relationniste Audrey Chaput explique que des modifications à un véhicule doivent être faites de manière à ne pas le rendre moins sécuritaire : « On est encore dans une zone grise pour ce qui est de l'utilisation des fonctions autonomes. »

Une plus grande clarté devrait être apportée par des changements au Code de la sécurité routière, indique-t-on à la SAAQ. Ces changements devraient être déposés à l'automne, mais on n'est « pas en mesure de dire aujourd'hui si [l'enjeu des véhicules autonomes] va faire partie de la refonte du Code », précise Mathieu Gaudreault, l'attaché de presse du ministre des Transports du Québec.

Pour Victor, ce flou réglementaire n'est pas nécessairement une mauvaise chose. Il considère que son système est totalement sécuritaire et il craint qu'une réponse trop répressive des gouvernements ne vienne freiner l'innovation.

Même niveau d'autonomie qu'une Tesla

Le système qu'il a installé sur sa Volt est un pilote automatique de niveau deux, c'est-à-dire qu'un humain doit rester concentré sur la route et être assis derrière le volant, prêt à reprendre les commandes en tout temps. Il s'agit du même niveau que celui de la Tesla. Le système lui demande de reprendre les commandes toutes les six minutes, ou à tout le moins de réinitialiser le compteur.

Un logiciel installé sur un téléphone cellulaire spécial (Oneplus 3) utilise les détecteurs de la voiture (vitesse, direction) pour calculer la trajectoire optimale et transmettre des commandes requises aux réseaux de contrôle du véhicule (réseaux CAN) par l'entremise d'une carte électronique qui sert en quelque sorte de traducteur.

Victor a dû construire son propre module de contrôle en impression en trois dimensions à partir de plans mis en ligne par Comma.ai. Posée sur le pare-brise, cette boîte « Neo » utilise la caméra du téléphone pour suivre la route et en détecter les lignes. Ces informations sont alors transmises à l'entreprise pour raffiner continuellement le modèle d'intelligence artificielle qui sert à la navigation de la voiture.

Le Québécois a passé des heures et des heures à tenter de décoder le langage de sa voiture et à programmer la carte électronique pour arrimer le tout au système de l'entreprise californienne. Le tout lui a coûté à peine plus de 1000 $.

George Hotz, lui, estime que d'ici un an, il aura dépassé Google pour détenir la deuxième base de données en importance sur la conduite, après Tesla. C'est cette base de données qui, selon Victor, a permis à sa Volt de conduire de mieux en mieux depuis février.

Ce sont les mêmes données qui font dire à George Hotz qu'il pourra mettre sur le marché un dispositif de niveau trois, donc encore plus autonome, d'ici deux ou trois ans. Les six niveaux d'automatisation établis par l'organisme SAE International sont de zéro (aucune automatisation) à cinq (aucun volant dans la voiture). Le conducteur pourrait se permettre de lire un livre au niveau trois (mais interviendrait en cas de besoin). Aucun conducteur ne serait requis au niveau quatre.

Ainsi, jusqu'à aujourd'hui, les systèmes informatiques d'une vingtaine de types de véhicules ont pu être modifiés pour utiliser la technologie de Comma.ai, dont des Honda Civic, des Lexus et des Acura. Elle ne peut être installée que sur des voitures construites après 2011.

INNOVATION CANADIENNE

Une entreprise de Toronto, X-MatiK, met au point actuellement un mécanisme qui n'est pas basé sur un logiciel, mais plutôt sur un système mécanique installé sur le volant et les pédales. « Ça pourrait fonctionner sur une Tercel 92 ! », lance Nima Ashtari, président et fondateur de l'entreprise.

M. Ashtari convient que sa philosophie est différente de celle de George Hotz, puisqu'il veut s'assurer d'obtenir toutes les approbations réglementaires avant de mettre son produit en vente. Mais il rêve lui aussi de perspectives grandioses, s'imaginant fournir de l'équipement pour des voitures usagées du monde entier. « Je crois que le marché est tellement gigantesque et peu desservi que même s'il y avait 10 autres compétiteurs, ça ne m'inquiéterait pas, ça me réjouirait même, parce qu'ils aideraient à le développer. »




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