Le Japon, archipel de résistance à l'envahisseur Uber

Partout au monde, Uber met à mal le... (photo : AFP)

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Partout au monde, Uber met à mal le modèle d'affaires des compagnies et chauffeurs de taxis, mais pas au Japon, où les clients font confiance aux compagnies bien établies et préfèrent le service haut de gamme des taxis japonais. Ci-haut, un chauffeur de taxi attend une course à Tokyo.

photo : AFP

Agence France-Presse

Au pays du Soleil levant, le géant mondial des VTC s'est jusqu'à présent cassé les dents face au puissant monopole des taxis.

Les villes japonaises tentaculaires ne manquent pourtant pas d'attraits pour Uber: le marché national des taxis représentait en 2015 un chiffre d'affaires de 1735 milliards de yens, soit 13 milliards d'euros, selon des données du ministère des Transports.

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Cette photo prise le 12 décembre montre un chauffeur de taxi prendre un appel sur son téléphone cellulaire. Photo: AFP

Mais sans licence de taxi, opérer un service commercial analogue est strictement interdit au Japon. Et dans les grandes villes, rien n'est plus facile que de héler un taxi: ils sont près de 50 000 à sillonner Tokyo, dans d'emblématiques berlines colorées de style rétro américain, à la carrosserie impeccablement lustrée.

Uber a ainsi tenté d'entrer par une autre porte. En 2015, la start-up avait lancé un service pilote de covoiturage à Fukuoka (sud-ouest), présentée comme une étude sur les habitudes et besoins de mobilité des résidents.

Peine perdue: les autorités ont rapidement stoppé l'expérience, estimant qu'elle pouvait être considérée comme une activité de chauffeurs de taxi sans licence et soulevant des questions de sécurité.

«Tellement malpolis»

Les Japonais «n'aiment pas prendre de risques (...) et sont exigeants sur la qualité du service. Aussi, quand Uber a sauvagement tenté d'entrer sur le marché, personne ne voulait d'eux», affirme à l'AFP Ichiro Kawanabe, patron de Nihon Kotsu, la principale compagnie de taxis de Tokyo fondée par son grand-père en 1928.

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Une femme monte dans un taxi à Tokyo. Uber piétine au Japon. Photo: AFP

«En cas d'accident, Uber n'en prend pas la responsabilité, invoquant être seulement le fournisseur de la plateforme. C'est inacceptable au Japon», ajoute M. Kawanabe, qui préside aussi depuis peu la fédération japonaise des taxis.

Désormais, «notre priorité au Japon est de s'associer avec des compagnies de taxi pour que les chauffeurs avec licence utilisent notre application pour se connecter avec les clients», selon un porte-parole d'Uber interrogé par l'AFP.

Par ailleurs, Uber développe au Japon son offre de livraison de repas et teste aussi depuis l'an dernier un service de transport sur appel dans deux villages, toléré cette fois-ci par les autorités car palliant l'absence de transports publics et de taxis.

«Uber essaie de changer», mais gagner la confiance des taxis nippons «prendra du temps», estime M. Kawanabe. Les gens d'Uber «ont été tellement malpolis, à tous les niveaux», peste encore ce dirigeant de 47 ans, élégant et charismatique, surnommé au Japon «le prince des taxis».

«Du point de vue des compagnies de taxi japonaises, on ne peut que les appeler des diables», tandis qu'eux «se prennent pour des dieux».

Bataille d'applications

M. Kawanabe accorde toutefois un mérite à Uber: avoir enfin fait prendre conscience à son secteur qu'il devait urgemment se moderniser.

Ainsi à Tokyo, moins de 10 % des courses sont réservées et payées via des applications, et à peine «30 à 40 %» des taxis du pays sont connectés, estime-t-il: «Beaucoup n'ont même pas de télépnopnes cellulaires !».

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Les compagnies de taxis du Japon développent leurs propres applications pour contrer Uber. Photo: AFP

Ce conservatisme et des tarifs élevés par rapport aux transports publics japonais (par ailleurs excellents) ont contribué à une chute d'un tiers du nombre de passagers des taxis entre 2005 et 2015, selon le ministère des Transports.

Les compagnies du secteur ont commencé à réagir, en baissant par exemple cette année leurs tarifs pour les courts trajets à Tokyo. «Cela m'a pris deux ans pour les convaincre», selon M. Kawanabe, «et il reste tellement à faire».

Sous son aile, JapanTaxi, une filiale de Nihon Kotsu, s'est transformée en une start-up développant ses propres applications et appareils connectés pour taxis. Elle compte notamment lancer l'an prochain une application de trajets partagés, pour réduire le prix par passager.

Mais la concurrence des applications s'annonce rude. Après Uber, le chinois Didi Chuxing, dont Softbank est déjà actionnaire, prévoit notamment de se lancer l'an prochain à Tokyo, en s'associant avec une importante compagnie de taxi locale, grande rivale de Nihon Kotsu.

Enfin, l'apparence des taxis japonais devrait aussi changer dans les prochaines années: Toyota vient de lancer un nouveau modèle inspiré des «black cabs» londoniens, plus spacieux, accessible en fauteuil roulant et, culture japonaise oblige, doté de sièges... chauffants.




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