Le piratage informatique est une affaire dont l’impact se fait essentiellement sentir de façon purement dématérialisée pour le moment. Mais quand la voiture autonome et connectée circulera sur les routes en plus grand nombre, les risques que des cyberpirates puissent menacer le monde physique et même la vie des gens seront bien réels, avertissent des chercheurs qui se sont penchés sur la question.

Alain McKenna Alain McKenna
Collaboration spéciale

« Contrairement aux failles informatiques dont on entend parler ces jours-ci, les autos piratées vont avoir des conséquences physiques concrètes », avertit Peter Yunker, professeur adjoint à l’Université technologique de Géorgie (Georgia Tech). « Le problème est qu’en voiture, un seul ordinateur central gère tous les systèmes. Il n’existe pas nécessairement d’unités séparées pour la radio et pour les assistances à la conduite », ajoute le coauteur d’une étude portant précisément sur cet enjeu.

PHOTO GEORGIA TECH

Peter Yunker, professeur adjoint à Georgia Tech.

Celui-ci illustre le problème en imaginant une situation où un accident grave survient sur une autoroute congestionnée, et où la plupart des véhicules sont désactivés à distance, par le biais des réseaux sans fil, par un pirate informatique. Comment l’ambulance pourra-t-elle se rendre sur les lieux de l’accident ? C’est un cas extrême, mais pas si éloigné que ça de la réalité, conclut le chercheur. « Il suffirait d’immobiliser 20 % des véhicules sur la route à l’heure de pointe pour complètement neutraliser le réseau routier », dit-il, une proportion qui sera facilement atteinte par le nombre de véhicules reliés à l’internet par les réseaux mobiles d’ici quelques années, selon lui.