Après 31 ans à la remorque de Detroit, Montréal redevient le premier salon automobile nord-américain de l’année. En effet, vivement concurrencé par le salon automobile de Los Angeles et le Consumer Electronics Show (CES) de Las Vegas, le North American International Auto Show, à Detroit, change de saison et aura lieu désormais en juin plutôt qu’en janvier. Une aubaine pour le Salon de l’auto de Montréal ? L’organisation montréalaise pense que oui.

Éric LeFrançois Éric LeFrançois
Collaboration spéciale

Non seulement le Salon de l’auto de Montréal n’aura plus à disputer les dernières nouveautés à son homologue de la capitale de l’automobile américaine, mais ce changement au calendrier pourrait également lui donner accès à un plus grand nombre de prototypes. Les promoteurs de l’événement montréalais y croient et proposent depuis quelques mois déjà de déduire le montant de l’espace occupé par un prototype. Une économie de quelque 3000 $ pour l’exposant participant. « Une belle initiative », commentent poliment des constructeurs automobiles interrogés par La Presse+, même si celle-ci ne se révèle pas financièrement intéressante. 

Le coût associé au transport d’un prototype qui se trouve déjà sur le continent nord-américain atteint en moyenne 15 000 $. Si celui-ci vient d’Europe ou encore d’Asie, ce coût peut aisément dépasser 100 000 $, puisqu’il n’y a pas que le transport à considérer.

Certains prototypes n’arrivent jamais seuls dans un salon. Surtout les plus récents. Certains constructeurs exigent en effet une sécurité accrue (du promoteur ou d’une agence externe) et d’autres, la présence d’un ingénieur ou d’un technicien. L’addition grimpe vite.

Pour l’heure, les constructeurs se montrent plutôt évasifs sur la possibilité de présenter un prototype durant l’événement qui se déroulera du 17 au 26 janvier au Palais des congrès de Montréal. La direction canadienne de Kia, pour une, étudie toujours cette proposition avec ses homologues américains. Pour Michael Kopke, directeur de la mise en marché de Kia Canada, « la possibilité de mettre la main sur un prototype qui proviendrait par exemple du salon de Los Angeles [celui-ci se déroule cette année du 22 novembre au 1er décembre] pourrait représenter une opportunité pour satisfaire aux demandes du Salon de l’auto de Montréal, mais rien n’est encore joué ».