Deux sénateurs américains doivent présenter un projet de loi obligeant les constructeurs à installer dans l’habitacle un dispositif qui empêcherait les conducteurs ivres de faire démarrer l’auto. 

LA PRESSE

C’est ce que rapporte l’agence de presse Reuters.

L’apparition de tels systèmes dans les voitures devrait se faire d’ici le milieu de la prochaine décennie. Le projet ne fixe pas de date précise, donnant une période d’environ quatre ans après l’adoption de la loi, pour que les autorités routières fédérales préparent le terrain avec les constructeurs automobiles, les fournisseurs, les universités et d’autres parties prenantes. 

Le projet de loi présenté par les sénateurs Tom Udall, un démocrate, et Rick Scott. un républicain, requiert que la technologie soit installée «dès que pratiquement possible». Un projet de loi actuellement à l'étude dans la chambre des représentants (l'autre composante du Congrès américain) vise 2024.

La loi américaine ne s’appliquerait pas au Canada. Mais dans les faits, les marchés automobiles canadiens et américains sont très intégrés et le Canada harmonise le plus souvent sa réglementation automobile avec celle des États-Unis.  

Plus sophistiqués que les antidémarreurs éthylométriques

Il existe déjà des antidémarreurs éthylométriques qui obligent certains conducteurs (condamnés pour ivresse au volant) à souffler dans un embout avant de pouvoir démarrer leurs voitures. Les technologies envisagées ici sont peu ou pas invasives.

Reuters explique que les constructeurs ont déjà plusieurs options technologiques pour se conformer à une telle loi : il existe déjà des systèmes permettant de mesurer le niveau d’alcoolémie du conducteur par le contact de la peau sur le volant ou sur le bouton de démarrage; des capteurs passifs permettant d’analyser instantanément l’haleine pourraient aussi être utilisése, a dit le sénateur Udall, cité par Reuters. Des caméras peuvent aussi être liées à un logiciel analysant les mouvements des yeux. Des systèmes mixtes alliant capteurs et caméras peuvent aussi être appliqués.

Volvo a déjà annoncé qu’il va commencer à installer un tel dispositif dans ses différents modèles au début des années 2020. Le logiciel lié à des caméras analyse les mouvements oculaires. La voiture analyse aussi les mouvements du volant, à la recherche de corrections plus brusques que d'habitude, qui sont un signe de facultés affaiblies. En combinant ces deux types de données, les futurs véhicules Volvo seront capables de détecter l’ivresse et la distraction et d’intervenir pour prévenir les accidents, affirme le constructeur sino-suédois. Cela pourrait impliquer de réduire la vitesse, d’appeler le service d’assistance Volvo sur appel, ou d’immobiliser doucement la voiture sur le bord de la route.

Reuters cite des statistiques de la National Highway Traffic Safety Administration, prédisant que 7000 décès routiers pourraient être évités chaque année.