(Toronto) Les ventes de véhicules électriques en Ontario ont chuté depuis que le gouvernement progressiste-conservateur du premier ministre Doug Ford a annulé un incitatif financier.

Allison Jones
La Presse canadienne

Au cours des six premiers mois de cette année, les ventes en Ontario ont dégringolé de plus de 55 % par rapport à la même période en 2018, selon les données de Mobilité électrique Canada. Au deuxième trimestre de cette année, 2933 véhicules électriques ont été vendus dans la province, une baisse par rapport à 7110 à la même période l’an dernier.

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Selon les scientifiques, il faut cesser de brûler des combustibles fossiles avant 2050 si on veut que la température moyenne ne monte pas plus de 1,5 degrés durant le 21e siècle.

L’Ontario est la seule province où les ventes de véhicules électriques n’ont pas augmenté.

Le Québec et la Colombie-Britannique en tête

Le Québec et la Colombie-Britannique, qui ont leurs propres incitatifs provinciaux, sont depuis longtemps en tête des ventes totales au pays. L’Ontario s’était portée à égalité avec ses deux provinces jusqu’à ce qu’elle annule son incitatif financier.

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Le Québec est en tête dans l'adoption de la voiture électrique.

Sous le gouvernement libéral précédent, l’Ontario offrait jusqu’à 14 000 $ aux acheteurs d’un véhicule électrique. Cette mesure a été annulée par le nouveau premier ministre Doug Ford après sa victoire électorale en juin 2018, disait qu’elle ne profitait qu’aux personnes ayant les moyens de s’acheter ces véhicules.

Peu de temps après cette décision, les ventes de véhicule électrique ont fortement chuté en Ontario et, du même coup, au Canada.

Les ventes nationales ont repris de la vigueur au printemps lorsque le gouvernement fédéral a offert un rabais de 5000 $ pour les acheteurs. Toutefois, ces ventes ne représentent que 3,5 % de l’ensemble des ventes de véhicule au pays. L’objectif du gouvernement fédéral vise à atteindre 10 % d’ici 2025.

Objectif : 30 % des véhicules neufs électriques en 2030

« Il sera difficile pour le gouvernement fédéral d’atteindre cet objectif… puis encore plus d’ici 2030 [quand Ottawa espère que ce nombre atteindra 30 % ], constate Al Cormier de Mobilité électrique Canada. Si l’Ontario était de nouveau dans le coup, cela rendrait le tout beaucoup plus facile. »

En Colombie-Britannique, les véhicules électriques représentent 10 % de l’ensemble des ventes, comparativement à 7 %. La part des véhicules électriques dans les ventes était d’environ 3 % en Ontario avant de chuter sous la barre de 1 $ après l’annulation du remboursement gouvernemental. Après l’entrée en vigueur des mesures fédérales, elle est remontée jusqu’à moins de 2 %.

Selon les experts, ces remises financières sont essentielles, car le coût initial d’un véhicule électrique peut être de 10 000 $ à 30 000 $ de plus qu’une véhicule à essence semblable. Les remises enlèvent une partie de ce choc de prix initial, souligne Cara Clairman, la PDG e Plug’n Drive, un organisme sans but lucratif voué aux véhicules électriques.

« Le coût total d’un véhicule électrique, si on compte l’essence et l’entretien, est inférieur à celui de la plupart des voitures à essence », fait-elle valoir.

Des pertes de 10 000 $ par véhicule pour les constructeurs

Le président de l’Association canadienne des constructeurs de véhicule, Mark Nantais, dit que l’industrie automobile subit à l’heure actuelle des pertes de plus de 10 000 $ par véhicule pour les modèles électriques. Le coût des moyens technologiques est encore beaucoup plus élevé pour les véhicules électriques que pour les véhicules à essence, mais il n’en sera pas toujours ainsi, ajoute-t-il.

« On pourrait atteindre la parité des coûts d’ici la fin de la prochaine décennie », laisse-t-il espérer.

Le cabinet de la ministre des Transports, Caroline Mulroney, a refusé de se rendre disponible pour une entrevue.