Entre une guerre commerciale avec la Chine et un difficile et long virage vers l’électrique, il s’en est passé des choses en 2019. Et s’il fallait résumer l’année automobile en cinq modèles, ce serait ceux-ci. Pour le meilleur et pour le pire…

Alain McKenna Alain McKenna
Collaboration spéciale

Audi e-tron

PHOTO FOURNIE PAR AUDI

L’e-tron, d'Audi

On en parlait depuis des années, et l’anticipation était à son comble. Au 1er décembre, Audi avait vendu quelque 457 VUS tout électriques au Canada, en quelques mois. C’est plus que l’i-Pace de Jaguar, mais sur une base mensuelle, c’est deux fois moins que les ventes du Model X de Tesla. L’e-tron, qui est essentiellement un Q5 revisité, ne semble pas parti pour rivaliser à armes égales avec son concurrent californien. Résultat : ça ne sent pas bon. À tel point que Mercedes-Benz a décidé de reporter d’un an la mise en marché de son propre VUS électrique, l’EQC, soit en 2021 plutôt qu’en 2020.

Ford F-150

PHOTO STEVE PETROVICH/FORD MOTOR CO., ASSOCIATED PRESS

Le F-150 de Ford

Les quatre camionnettes les plus populaires sont signées Ford, Dodge, GMC et Chevrolet. Du lot, seul le F-150 n’était pas candidat au titre de camionnette nord-américaine de l’année (le Ram 1500 l’a emporté). C’est quand même le F-150 qui se vend le plus au Canada, et pas qu’un peu : à une semaine de la fin de l’année, il se dirige vers le premier rang des ventes, toutes catégories confondues, pour la 11e année de suite. Qu’est-ce qui explique ce succès ? Une demande stable du côté commercial, et un format qui attire bien des familles, à l’extérieur des grands centres urbains, cela va sans dire. Le portrait devrait rester sensiblement inchangé en 2020, mais on a hâte de voir si l’arrivée d’un Cybertruck tout électrique signé Tesla, en 2021, et même une éventuelle camionnette Ford tout électrique vont changer la donne…

Genesis G70

PHOTO FOURNIE PAR GENESIS

La Genesis G70 2019

Genesis est la marque de voitures de luxe que Hyundai tente d’implanter dans des marchés automobiles triés sur le volet, et la G70, introduite comme un nouveau modèle 2019, se veut la sportive du groupe. Ses ventes sont encore loin de celles d’une BMW Série 3 ou d’une Audi A4, mais en les jumelant au prix de Véhicule de l’année reçu l’hiver dernier, ça convainc le groupe coréen de redoubler ses efforts. Une G70 animée par le dynamique 2,5 litres turbo de la Sonata N-Line (sa version la plus puissante) serait dans les plans, peut-être pour 2020, mais plus probablement pour 2021. Un VUS viendra également gonfler le catalogue somme toute un peu mince dans les prochains mois.

Mazda CX-5 Skyactiv-D

PHOTO FOURNIE PAR MAZDA

Le Mazda CX-5 Signature 2019

Mazda a fait languir les inconditionnels du diesel tellement longtemps que l’arrivée tardive, cet automne, de la technologie Skyactiv-D (lire : d’une cylindrée turbodiesel) sous le capot du CX-5 a plus des airs de pétard mouillé que de la culmination de plusieurs années de raffinement d’une technologie prometteuse. Car malheureusement, pendant que Mazda s’embourbe dans ce carburant fossile, l’industrie et le marché sont rendus ailleurs. Pendant ce temps, le CX-5 Signature Skyactiv-D coûte plus cher, à 45 950 $, et affiche une consommation moyenne (7,9 l/100 km) sur autoroute identique à celle de versions à essence du petit VUS.

Toyota Rav4

PHOTO FOURNIE PAR TOYOTA

Le Toyota Rav4 hybride rechargeable 2021

À l’exception des camionnettes de Ford et de Ram (Chrysler), le véhicule le plus vendu au pays au moment d’écrire ces lignes est le plus canadien des VUS sur nos routes, puisque le Rav4 vendu en Amérique du Nord est principalement assemblé à Woodstock, en Ontario. Signe des temps, le VUS de format mi-compact, mi-intermédiaire devance donc les Honda Civic et CR-V, ainsi que la Toyota Corolla. C’est de bon augure pour la déclinaison Prime à moteur hybride branchable attendue l’an prochain, qui s’annonce plus musclée, à 302 chevaux, et combien plus frugale, avec une consommation moyenne établie à 2,8 L/100 km par le constructeur japonais.