(Paris) Le magnat de l’automobile déchu Carlos Ghosn a comparé la justice japonaise à celles de la Corée du Nord, de la Chine et de la Russie soviétique, dans un entretien avec France 24 diffusé jeudi soir.

Agence France-Presse

« Si vous ne pouvez pas vous défendre, vous allez être condamné dans tous les cas », a-t-il déclaré, au sujet de la procédure menée contre lui au Japon où il est accusé de malversations financières.

Si vous ne pouvez pas vous défendre, vous allez être condamné dans tous les cas.

Carlos Ghosn

« Vous avez des gens qui ont envie que vous ne vous en sortiez pas […]. Vous savez, si vous étiez en Corée du Nord, ou si vous êtes en Chine, ou si vous étiez dans la Russie soviétique… », a poursuivi M. Ghosn.

« C’est comparable ? » demande alors le journaliste qui mène l’interview.

« Ah, tout à fait. Dès qu’il y a un déni de justice, c’est comparable. Quand il y a un déni de justice, c’est un déni de justice », a-t-il répondu.

Le magnat de l'automobile déchu, qui se dit victime d’un complot au Japon, explique par ailleurs qu'il compte sur la presse pour enquêter sur les responsabilités éventuelles au sein du gouvernement japonais.

M. Ghosn, qui clame son innocence, fait l’objet de quatre inculpations au Japon : deux pour des revenus différés non déclarés aux autorités boursières par Nissan (qui est aussi poursuivi sur ce volet), et deux autres pour abus de confiance aggravé.

Interdit de quitter le Liban

La justice libanaise a interdit jeudi à l’ancien patron de l’alliance Renault-Nissan-Mitsubishi de quitter le pays à la suite d’une demande d’arrestation d’Interpol, le Japon réclamant son extradition.

Multipliant les entretiens avec des médias français et libanais, l’ancien PDG de Renault-Nissan a qualifié jeudi de « ridicules » des déclarations de la ministre japonaise de la Justice, qui souhaite sa comparution au Japon, pays où il estime ne pas pouvoir défendre ses droits.

Au lendemain d’une spectaculaire conférence de presse à Beyrouth, première apparition publique depuis qu’il a fui Tokyo fin décembre, l’homme d’affaires de 65 ans s’est en revanche dit prêt à « coopérer » avec la justice libanaise.

Interpellé en novembre 2018, celui qui fut le chef d’entreprise le mieux payé du Japon avait été contraint d’abandonner tous ses mandats à la tête de Renault, Nissan et Mitsubishi. Il avait été libéré sous caution en avril 2019, après 130 jours d’incarcération.