(Paris) Le constructeur automobile français PSA, qui comme le reste du secteur voit ses usines à l’arrêt depuis plusieurs jours face au coronavirus, s’est dit vendredi en mesure de les faire repartir progressivement après avoir pris une série de mesures sanitaires.

Agence France-Presse

« Un calendrier de reprise progressive et sécurisée est à l’étude », a annoncé le groupe dans un communiqué, assurant avoir réuni les « conditions préalables à une reprise des activités » dans ses usines, situées en Europe.

PHOTO D’ARCHIVES SÉBASTIEN BOZON, AFP

L’usine Peugeot-Citroën du constructeur PSA à Mulhouse, dans l’est de la France, qui peut produire 400 000 véhicules par année. Ci-haut, la chaîne de montage en 2017.

Comme d’autres géants de l’automobile –Renault, Volkswagen, Fiat et Toyota– PSA avait suspendu à la mi-mars l’activité de ses usines européennes à la suite des mesures de confinement contre la COVID-19.

Le constructeur dit avoir élaboré depuis, en lien avec ses syndicats, une série de mesures d’ordre sanitaire qui permettent à ses employés de reprendre le travail sans risque pour leur santé.

Comment faire tourner une usine durant une pandémie

« À titre d’exemple, ce protocole prévoit la prise de température, le port du masque sur site avec dotation individuelle quotidienne, mais aussi le respect des distances entre personnes dans les salles de réunion, à chaque poste ou dans les zones de pause avec marquage au sol », énumère le groupe.

Il évoque aussi « le maintien des portes ouvertes –sauf portes coupe-feu– afin d’éviter le contact avec les poignées, le nettoyage et la désinfection des outils et surfaces de travail toutes les 60 minutes, un temps d’attente de trois heures lors de tout échange de pièces » main à la main.

Le groupe ne détaille pas encore le calendrier de reprise du travail dans ses usines, chaque site étant soumis à un audit destiné à garantir que les mesures sont suffisantes.

« Nous ne ferons aucun compromis sur la santé de nos salariés, afin que le redémarrage industriel nécessaire à la pérennité de l’entreprise puisse se faire dans des conditions optimales », promet Carlos Tavares, président du directoire de PSA, cité dans le communiqué.

Selon Jean-Pierre Mercier, délégué syndical central à de la Confédération générale du travail de PSA, « l’usine de Valenciennes, dans le nord de la France, qui fabrique des boîtes de vitesse rouvrira dès le 30 mars en espérant trouver 200 volontaires». Il ajoute que «l’usine de Douvrin, dans le Pas-de-Calais, qui fabrique des moteurs rouvrira le 3 avril avec 170 volontaires ».

Ce programme « implique la réouverture de plusieurs dizaines d’entreprises sous-traitantes » et concerne « donc des centaines de salariés », souligne M. Mercier dans un communiqué.

Mécontentement syndical

« En pleine pandémie, demander à des centaines de salariés de mettre fin à leur confinement est irresponsable et criminel », dénonce la CGT, qui « demande à la direction de revenir sur sa décision ».

Localement, le syndicat CGT de l’usine de Douvrin a jugé dans un communiqué que « la production de moteurs ou de boîte de vitesses n’avait rien d’essentiel pour combattre le coronavirus ».

De son côté, Renault a annoncé vendredi avoir fait passer la plupart de ses employés en chômage partiel en Île-de-France et entamé, plus largement, des négociations syndicales en France.

Elles visent notamment à trouver un système permettant de « maintenir la rémunération nette de tous les salariés », indique le groupe dans un communiqué.