(Paris) Le constructeur automobile français Renault envisagerait de fermer quatre sites en France, dont Flins qui assemble la citadine électrique Zoe et la Nissan Micra, dans le cadre d’un vaste plan d’économie qui doit être annoncé la semaine prochaine.

Agence France-Presse

C’est ce que rapporte le Canard Enchainé, l’hebdomadaire satirique français connu pour ses vrais scoops.

Le groupe au losange doit dévoiler le 29 mai les contours d’un vaste plan d’économie de 2 milliards d’euros (3 milliards de dollars canadiens) annoncé en février, selon des sources proches.

« Quatre usines seraient fermées en France : Choisy-le-Roi, Dieppe et les Fonderies de Bretagne, pour commencer. Le gros morceau –Flins (….)– viendra plus tard », affirme l’hebdomadaire, sans citer de source.

La plus importante usine Renault

L’usine Renault de Flins –une municipalité à 40 km de Paris– est la plus importante et plus vieille usine de carrosserie du Groupe Renault. Le site s’étend sur 237 hectares dont 67 sont occupés par des bâtiments couverts. Elle a déjà produit jusqu’à 400 000 véhicules par année, mais la production a baissé à 160 000 sous-compactes Zoé (électrique) et Nissan Micra en 2019. Elle compte actuellement 2600 salariés. Le site produisait aussi jusqu’à l’an dernier l’ancienne version de la Renault Clio, désormais entièrement délocalisée en Turquie.

Interrogée par l’AFP, la direction de Renault n’a pas souhaité faire de commentaire. Pas de commentaire non plus au ministère de l’Économie.

L’État français, premier actionnaire de Renault avec 15 % du capital, prévoit de garantir un prêt bancaire d’environ 5 milliards d’euros (7,6 milliards de dollars canadiens) pour le constructeur. Mais cette aide n’impliquerait pas de renoncer à des suppressions d’emplois.

« Il y a des discussions. Rien n’est figé », a confié à l’AFP une source proche du dossier, sous couvert d’anonymat.

Dès février, la direction avait évoqué la possibilité de fermer des sites en France et à l’étranger lors de la présentation des résultats annuels. « Nous n’avons aucun tabou et nous n’excluons rien », avait déclaré la directrice générale par intérim, Clotilde Delbos.

Contactés par l’AFP, les syndicats CFDT et CGT ont indiqué n’avoir « pas d’informations précises » sur le plan d’économie. Fabien Gâche, délégué syndical central CGT, a précisé que son syndicat devait être reçu mardi prochain par la direction.  

Trois autres usines

Selon le Canard Enchaîné, trois autres usines sont visées par la restructuration.

L’usine de Choisy-le-Roi (Val-de-Marne) emploie 263 personnes dans la réparation de moteurs et boîtes de vitesse utilisés comme pièces de réemploi.

Celle de Dieppe (Seine-Maritime) compte 386 salariés et assemble le modèle sportif Alpine A110, un coupé sportif aux ambitions haut de gamme très peu vendu. La cadence de production avait été réduite à 7 véhicules par jour en début d’année.

Enfin, la fonderie de Bretagne à Caudan (Morbihan), produit des pièces en fonte pour moteurs, châssis et boîtes de vitesse, avec 385 salariés.

En difficulté avant même la crise du coronavirus qui a provoqué un effondrement du marché automobile, Renault avait enregistré l’an dernier ses premières pertes en dix ans. Le constructeur a vu début avril sa notation financière abaissée au rang d’investissement spéculatif par Standard and Poor’s.