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Banc d'essai Hyundai Accent 2018 : ne l'appelez plus la petite

Éric LeFrançois

collaboration spéciale

La Presse

Il faut se faire une raison, la Hyundai Accent n'est plus une petite voiture. À force de grandir, ce modèle apparu pour la première fois en 1994 n'a plus grand-chose à envier à la catégorie supérieure.

Depuis bientôt 25 ans, l'Accent poursuit une carrière plus qu'honorable, permettant - et c'est sa fierté - à des familles canadiennes de rouler dans une voiture moderne à un prix raisonnable. Sans compromettre ses acquis, la cinquième génération attendue en janvier promet plus d'espace, plus de sécurité et plus de confort, mais il y aura un prix (plus élevé) à payer.

Plus longue, plus large, plus lourde

La cinquième génération lancée ces jours-ci s'étale sur près de 4,4 m, un gain de 28 cm par rapport au modèle original. Cette croissance, qui se traduit naturellement par une prise de poids (près de 300 kg par rapport à la version originale, s'entend), profite à la sécurité passive et surtout à l'habitabilité. Augmenté de 18,1 cm, l'empattement (distance entre les essieux) libère de l'espace pour les jambes des passagers assis à l'arrière, mieux lotis qu'autrefois. Les écarts entre le modèle 2017 et 2018 sont bien entendu moins grands. N'empêche que la « nouvelle » est tout de même plus longue (+ 1,5 cm), plus large (+ 2,9 mm) et plus lourde (+ 10 kg) que sa devancière. Plus spacieuse aussi puisque les volumes (habitable et utilitaire) ont également été relevés.

Ainsi remodelée, l'Accent se met en position de répondre aux attentes du public qui demande davantage de sécurité, de volume habitable - moins pour l'utiliser matériellement que pour éprouver une sensation de bien-être - et ne boude pas les citadines qui poussent en longueur comme en hauteur.

Il s'agit aussi d'aller à la rencontre des besoins exprimés partout dans le monde, y compris en Amérique du Nord, où le marché des petites autos redémarre alors que celui des compactes rétrécit.

Plus confortable, plus sûre, mais aussi plus chère

Plus grande, mieux équipée et conçue sur une architecture nouvelle, autant d'arguments qui permettront à Hyundai de la vendre un peu plus cher. Les tarifs publiés (voir fiche technique dans l'onglet suivant) sont ceux du modèle 2017 et Hyundai entend publier ceux du modèle 2018 le mois prochain. La direction canadienne précise qu'elle exigera un supplément « très raisonnable » par rapport à sa devancière.

De face, la nouvelle venue évoque l'Elantra et la comparaison aurait été plus flagrante encore si, de profil, une troisième glace avait été intégrée derrière les portes antérieures pour allonger la silhouette.

En résumé, il n'y a rien de vraiment original ici. L'Accent - comme la trop grande majorité des véhicules d'aujourd'hui - est comme frappée d'un alignement avec le reste de la gamme et s'inscrit dès lors dans une prévisible continuité. Aussi, sans surprise, l'Accent est toujours habillée de deux carrosseries (berline quatre et cinq portes). La quatre-portes fera son entrée le mois prochain chez les concessionnaires, alors que la cinq-portes n'y sera qu'à partir du printemps. Si vous ne pouvez attendre tout ce temps la cinq-portes, l'invitation est lancée de vous rendre chez Kia, qui propose déjà la version cinq portes assez similaire sous le nom de Rio.

Rigoriste, mais pas bon marché pour autant

De toutes les déclinaisons offertes (oubliez la L proposée en version cinq portes, trop minimaliste, tout comme la LE en version quatre portes), la GL semble l'offre la plus intéressante. La GLE ? Celle-ci sera vraisemblablement trop chère et le consommateur est invité à faire une comparaison directe avec l'Elantra avant d'arrêter sa décision.

Rigoriste, mais pas bon marché pour autant, l'habillage intérieur est composé de matériaux de qualité, quoique pas forcément très homogènes, qui ne dépayseront pas les habitués.

Comme toujours, les lignes sont nettes et la disposition des commandes, d'une ergonomie soignée. Les changements viennent des sièges avant, qui ont perceptiblement gagné en moelleux, et d'une quantité appréciable de rangements aménagés à portée de main. Ajoutons à cela que sans forcer sa nature, cette auto peut asseoir confortablement quatre adultes à son bord et que le volume du coffre se compare avantageusement à celui d'un véhicule de taille supérieure.

Un cran au dessus des autres citadines

Plus rigide, le nouveau châssis accueille un train avant amélioré pour gagner en précision et un train arrière qui se replace correctement dans le bon axe lorsqu'agit une force transversale. Les réactions sont saines, parfaitement neutres comme il se doit désormais, et le freinage, suffisamment mordant pour rassurer son monde. Aussi, contrairement à plusieurs « petites » voitures de sa catégorie, l'Accent ne craint pas les voies rapides, où elle affiche une stabilité rassurante, même lorsque le vent souffle sur ses tôles. 

Et contrairement à plusieurs de ses concurrentes de toujours, l'Accent n'impose pas une suspension trop ferme et des sièges durs comme des bancs de parc.

Sous le capot, on retrouve le quatre-cylindres de 1,6 litre atmosphérique à injection directe. En principe, il s'agit du même moteur que l'année dernière (famille Gamma).

Moins de puissance, moins de couple

et Hyundai se garde bien dans ses communications de souligner que sa puissance (- 7 CH) et son couple (- 4 lb-pi) ont été ramenés à la baisse. Pour favoriser la consommation de carburant bien évidemment, puisque le constructeur annonce une économie à la pompe de l'ordre de 7 %. Pourtant, à la suite de cet essai, le gain annoncé paraît plus ténu, puisque nous avons enregistré une moyenne de l'ordre de 8,2 L/100 km.

Cette mécanique convient à la conduite en ville, mais, une fois sur la route, elle se traîne et nous force à la faire grimper dans les tours pour en extraire tout le « jus ». Heureusement, le vilain bruit de machine à coudre de cette mécanique ne se fait plus entendre grâce à une remarquable insonorisation que l'Accent maîtrise parfaitement. D'une désespérante mollesse, cette motorisation ne tire aucun avantage à être jumelée à la boîte manuelle offerte de série. Préférez-lui l'automatique. Celle-ci assure de plus grandes économies à la pompe, une meilleure valeur à la revente et, en prime, se double d'un mode Sport qui crée l'illusion d'être plus vive encore.

L'Accent devient plus accueillante et s'améliore techniquement, mais pour le reste, ses concepteurs ont soigneusement évité toute prise de risque et préféré gommer les aspérités d'un modèle antérieur pour le rendre plus silencieux et plus confortable. Difficile de leur reprocher quoi que ce soit dans ce contexte, considérant le succès commercial remporté par ce modèle qui, depuis 2009, toise de haut la concurrence.

Trois fleurs, trois tomates

On aime 

Comportement sain 

Habitacle confortable 

Niveau sonore 

On aime moins 

Moteur souffreteux 

Consommation raisonnable, sans plus 

Déclinaisons de base à éviter

La facture

Fourchette de prix : 13 999 $ à 19 999 $ (2017)

Transport et préparation : 1605 $ (2017)

Garantie de base : 60 mois/100 000 km

Consommation réelle : 8,2 L/100 km

Visible dans les concessions : janvier

Concurrentes à surveiller : Ford Fiesta, Kia Rio, Toyota Yaris

Pour en savoir plus: www.hyundaicanada.com

Fiche technique

Moteur : L4 DACT 1,6 litre

Puissance : 130 ch. à 6300 trs/min

Couple : 119 lb-pi à 4850 trs/min

Poids : 1215 (automatique) 

Rapport poids/puissance : 9,34 

Mode : traction 

Transmission de série : manuelle 6 rapports 

Transmission optionnelle : automatique 6 rapports 

Diamètre de braquage : 10,1 m

Freins : à disque (av.-arr.) 

Pneus : 185/65R15 

Capacité du réservoir : 45 litres

Essence recommandée : ordinaire




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